Le secteur ovin

En 2015, la Wallonie recensait 5 030 élevages hobbyistes (définis comme ayant un cheptel de moins de 30 brebis) et 459 élevages professionnels qui totalisent 40.900 brebis. Parmi eux, seuls 36 éleveurs détenaient 200 brebis et plus. Le plus souvent, il s’agit d’une activité agricole complémentaire ou d’une activité complémentaire à un emploi extérieur. Le cheptel est principalement constitué d’animaux des races Texel et Suffolk et d’animaux issus de croisements. Les races Bleu du Maine, Hampshire, Ile de France et Mouton Vendéen sont également très présentes.

L’élevage ovin wallon professionnel est principalement axé sur la production de viande et l’entretien des réserves naturelles. Seuls 14 éleveurs ont une vocation laitière (1755 brebis). ¼ des producteurs sont en bio.

En 5 ans, le nombre d’éleveurs professionnels a été multiplié par 1,4 passant de 320 en 2010 à 459 éleveurs en 2015. Quant au nombre de brebis, il a été multiplié par 1,6 sur la même période. Cette augmentation du cheptel ovin professionnel est liée à une nouvelle prime couplée ovine (depuis 2015) mais aussi à un intérêt grandissant des jeunes agriculteurs.

La production indigène wallonne n’assure que de l’ordre de 8 % de la consommation de viande ovine de la région. Celle-ci doit importer annuellement environ 7.000 tonnes équivalent carcasse pour satisfaire sa consommation, soit quelques 400.000 agneaux. Seuls 20 % des ovins élevés en Wallonie y sont abattus. En production laitière, la Wallonie est caractérisée par un taux d’auto-approvisionnement estimé à moins de 10 %.

En savoir plus sur les produits du mouton


Le secteur caprin

Comme dans les autres pays de l’Europe du Nord, l’élevage caprin en Belgique et en Wallonie est relativement peu développé. En 2015, la Wallonie comptait 8700 chèvres adultes productrices laitières élevées par 108 Producteurs professionnels, dont 9 élevages laitiers spécialisés (collecte du lait représentant 80 % des volumes de production) et 54 élevages fabriquant et commercialisant des fromages de chèvre fermiers (représentant 20 % des volumes de production).

Le potentiel de production de lait de chèvre en Wallonie est estimé à 7.37 millions litres (représentant 2 litres par habitant/an en comparaison de 9,1 litres en France). La croissance de consommation de lait de chèvre en europe (principalement par les fromages mais aussi du yaourt de chèvre ou du lait UHT) est une réalité.

La Wallonie est caractérisée par un taux d’auto-approvisionnement estimé à 15 %.

Les structures de collecte de lait sont à ce jour peu développées en Wallonie. On dénombre quelques artisans fromagers ou coopératives de transformation (Fermière de Méan, fromagerie du Gros Chêne, fromagerie du Samson…) et une laiterie, Chèvrardennes.

Une trentaine de producteurs de fromages de chèvre fermiers et artisanaux exercent leur talent en Wallonie. En pâte molle ou pâte pressée, frais ou affiné, nature ou aromatisé, bûches, pyramides ou cendrés… des fromages d’une diversité haute en saveurs…

Bien que la viande de chèvre soit la première viande consommée dans le monde, ce n’est pas une viande traditionnellement consommée sous notre latitude. Les éleveurs peinent à valoriser la viande de chèvre/ chevreau.

En savoir plus sur le lait de chèvre

Organisation

Les acteurs des filières ovines et caprines (représentants des différents maillons, acteurs de la recherche et de l’encadrement, secteur public) se retrouvent au sein d’une de la « Commission Filière ovins/caprins ». L’objectif de cette commission sont d’être un lieu d’échange entre les différents acteurs permettant de faciliter le développement de la filière et de manière liée, les revenus des producteurs de cette filière.

Les missions de cette « Commission Filière ovins/caprins » sont notamment de :

  • Proposer des stratégies de développement pour l’ensemble de la filière
  • Etre un outil de développement, de promotion et de proposition de la filière
  • Faciliter les échanges d’informations sur tous les éléments qui intéressent les acteurs de la filière et notamment :
    • les marchés, la commercialisation et les débouchés commerciaux
    • les aspects technico-économiques
    • les aspects légaux
    • les aspects sanitaires et qualité
    • les aspects scientifiques
    • les aspects liés à l’innovation et à la durabilité

La Socopro (Services Opérationnels du Collège des Producteurs) assure l’animation de cette commission. Voir le ROI et la composition de la filière ovins/caprins.

Objectifs

L’ensemble des acteurs impliqués dans la commission s’inscrit dans la perspective du développement d’une filière assurant une durabilité économique, environnementale et sociale au secteur. Les objectifs sur lesquels la Commission filière priorise ses travaux sont les suivants :

  • Une organisation commerciale à développer pour la viande ovine wallonne.

Malgré ses atouts, et des signes de développement encourageants, la filière ovine wallonne doit d’abord se renforcer et se professionnaliser pour faire face à la concurrence et reprendre des parts de marché de la consommation wallonne. L’organisation des acteurs autour d’une stratégie commerciale pour l’agneau wallon nécessite de travailler sur le développement de valeur en lien avec la demande croissante de produits locaux, la fraîcheur et la diversité de l’offre de nos élevages (l’agneau importé se caractérise lui par des prix bas et une offre homogène). Cette organisation commerciale passe par une meilleure concertation des acteurs dans la planification et l’organisation du lien entre l’offre et la demande. Il est également proposé de considérer l’offre en viande d’agneau importée comme une offre complémentaire à notre production locale et non pas uniquement comme une offre concurrentielle (travail sur la complémentarité saisonnière ou de produits).

 

  • Une amélioration de la performance des élevages est également une priorité.

A ce jour, la production locale affiche des prix de revient estimés entre 6,6 et 10,7 €/ kg carcasse agneau (rémunération horaire de l’éleveur incluse) alors que l’agneau importé propose de l’agneau rendu dès ≈ 4 €/ kg (en fonction de la saison,…) ! Les performances peuvent être améliorées par la maximisation de la productivité numérique, la Maîtrise des charges alimentaires et la maximisation de la production à l’herbe

  • Travailler sur l’image de la production locale, une nécessité pour assurer l’avenir de la production.

Face à ces différences donnant l’avantage à l’offre importée, il faut placer le consommateur wallon dans le contexte. Un consommateur qui se dit sensible à l’origine de la viande mais qui ignore le plus souvent le caractère importé de la viande d’agneau qu’il consomme : seuls 37 % des wallons pensent que la viande d’agneau qu’ils achètent est d’origine importée (contre 92 % dans la réalité) ! Il est donc nécessaire de développer une image et une visibilité de l’agneau local, de recourir aux techniques du marketing, d’améliorer la distribution de la viande d’agneau et de développer une production plus concertée avec les bouchers.

  • Des concertations entre les acteurs des filières lait de chèvre et lait de brebis sont importantes pour accompagner la croissance de l’offre et la demande vers un maximum de professionnalisme.
  • Des concertations sont importantes avec les acteurs de valorisation de la laine en vue de lui donner plus de valeur et de ne plus considérer les produits de la tonte comme non rémunérateur.

L’objectif du site Filagri/aviculture est de devenir une source d’information sur et pour le secteur ovins – caprins. Grâce au bouton « Retour au portail », vous pourrez également consulter les informations des 10 autres filières agricoles qui vous intéressent.