[Filières Bio] Vers 100% de variétés de pommes de terre robustes bio pour 2021 en Belgique !


Vers 100% de variétés de pommes de terre robustes bio pour 2021 en Belgique !

 

       A l’occasion du salon Interpom- Primeurs se déroulant à Courtai du 25 au 27 novembre, le secteur de la pomme de terre bio a officialisé l’élan collectif de développement de variétés robustes bio à travers la signature d’une convention. Les signataires (maisons de plants, producteurs de plants, producteurs de pommes de terre, négociants, grande distribution, recherche, encadrement…) s’engagent à développer ces variétés afin d’aboutir à 100 % de variétés robustes bio en Belgique d’ici 2021. 

Cette initiative, portée par Biowallonie, la FIWAP et l’UNAB a rassemblé une quarantaine d’acteurs wallons, flamands, néerlandais et français et a été soutenue par le ministre wallon de l’agriculture René Collin.

 Le Collège des Producteurs est également signataire de cette convention pour appuyer la demande des producteurs bio wallons de rendre disponibles des variétés peu sensibles ou tolérantes au mildiou tout en sécurisant leurs productions et en limitant les traitements anti-fongiques.

 

Des engagements ambitieux et concrets de toute la filière

Près d’une soixantaine de signataires se sont engagés, tous à leur niveau, à encourager les systèmes robustes en pommes de terre bio en augmentant la production de plants, la surface cultivée et les quantités vendues de ces variétés, et ce en minimisant au maximum les risques de contournement de résistance et l’utilisation du cuivre. Des bilans seront effectués annuellement pour maintenir le cap d’ici 2021.

 

L’inspiration d’une initiative néerlandaise

Mr Alex Van Hootegem, producteur néerlandais de pommes de terre bio a témoigné du cheminement de ce développement aux Pays Bas, initiative étant à l’origine de cette convention belge. En effet, suite à un épisode de mildiou important et face à une interdiction de l’usage des fongicides au cuivre aux Pays Bas, un groupe d’acteurs néerlandais a initié cette dynamique. Une convention a alors vue le jour en août 2017, coordonnée par Bionext, et ayant également pour objectif une utilisation de 100% de variétés robustes bio aux Pays Bas d’ici  2020.

De la même manière, une convention similaire a ensuite été signée cet été en Flandres, coordonnée par BioForum Vlaanderen.

C’est maintenant au tour de la Wallonie de fédérer ses acteurs et ainsi de sécuriser la filière pommes de terre bio.

 

Un maillon clef d’un secteur en fort développement

Aux vues du développement actuel de l’agriculture biologique en Wallonie avec actuellement près de 1 ferme sur 8, 1 hectare sur 10 en Bio et un marché représentant 3,4 ;  l’enjeu est de taille.

Le ministre René Collin a par ailleurs rappelé les moyens alloués au secteur dans le cadre du Plan Stratégique de Développement de l’Agriculture Biologique et revalorisés à la hausse en 2017 compte tenu du développement important du secteur.  Une enveloppe de 3,2 millions d’euros a en effet été attribuée en partie pour soutenir l’encadrement via Biowallonie et la recherche via le CRA-W. Il a également souligné l’intérêt de cette initiative concrète pour l’ensemble du secteur agricole grâce à des répercussions possibles et souhaitables dans le secteur de la pomme de terre conventionnelle.

 

Des recherches prometteuses au CRA-W et chez les sélectionneurs mais des besoins en recherche Bio

En 2017, seules 5% des variétés commerciales de pommes de terre étaient classées comme peu sensibles au mildiou. Les essais de sélection variétale sont donc à la base du développement de ce secteur, et notamment ceux menés au CRA-W par l’équipe d’Alice Soete qui a présenté sa démarche aux signataires de la convention. D’un point de vue agronomique, les critères de sélection portent sur la résistance directe au Phytophtora infestans mais également sur la précocité de la plante avant l’apparition du pathogène et sur l’aptitude de la variété à garantir un rendement et une qualité suffisants, y compris dans des conditions peu favorables (sécheresse, chaleur, faible fertilisation…). S’en suivent complémentairement des tests de valeur culinaire et technologique afin d’assurer l’adéquation avec les besoins de la filière ; puis des années de multiplication et de sélection….. Edouard Vermesch, de Desmazières/Agrico France producteurs de plants, a également insisté sur l’importance des résistances localisées sur plusieurs gènes, résistances plus durables face aux évolutions des souches de mildiou.

Néanmoins, le besoin de recherches variétales menées en Bio se fait fortement ressentir en Wallonie. Un essai sur terres Bio est une attente importante du secteur.

 

L’approche systémique demeure au centre de l’agriculture biologique

L’agriculture biologique et son développement reposent sur une approche globale. La culture de pommes de terre n’en fait pas moins exception. Comme l’a rappelé Loes Mertens de Biowallonie, le choix variétal devra également être couplé à des mesures préventives d’évitement d’infestation (prégermination, culture en bandes, préparation des buttes en hiver et semis d’engrais verts…) puis de gestion de la résistance (suivi d’infestation, destruction des plantes touchés, système d’avertissement…).

Le système peut se retrouver également à l’échelle de la filière. La dynamique collective engendrée par la convention a d’ailleurs été mise en avant et félicitée par Dominique Jacques, Président de l’UNAB.

 

Le communiqué de presse de l’équipe de Biowallonie, la FIWAP et l’UNAB est disponible ici.

 


(Pommes de terre) Louisa, une nouvelle variété belge pour la filière chips