EU Aquaculture – Farmed in the EU Regions 🗓


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Le but de ce colloque était de rassembler les représentants régionaux européens pour le secteur aquacole et de leur présenter une nouvelle approche de travail à une nouvelle échelle : l’échelle régionale. A cette fin, des nombreux exemples ont été présentés dans 4 parties distinctes.

 


INTRODUCTION

Après un accueil cordial au sein du Comité des Régions (CdR), nous (représentants régionaux européens pour le secteur aquacole) avons eu droit à une introduction de la part de Mr Jiři Buriánek (Secrétaire Général du CdR) qui a souligné la nécessité de simplifier les conditions d’accès au financement FEAMP.

Nous avons ensuite eu un mot de Mr Karmenu Vella (Commissaire européen pour l’environnement) qui nous a expliqué pourquoi le CdR a été mis en place. Partant du constant que la consultation européenne est souvent nationale, l’Europe a compris que les réalités pouvaient être différentes au niveau régional. En effet, l’approche régionale est mise en avant puisque cette échelle est suffisamment large pour avoir une approche stratégique et suffisamment petite pour être proche du terrain. C’est dans ce souci de refléter ces spécificités et ces besoins régionaux que le CdR a été créé.

 

  « L’approche régionale est mise en avant puisque cette échelle est suffisamment large pour avoir une approche stratégique et suffisamment petite pour être proche du terrain. »

 

Il est aussi revenu sur le fait que le poisson n’est pas simplement un aliment. En effet, celui-ci entre aussi dans l’industrie des cosmétiques, des additifs alimentaires et bien d’autres encore. C’est pourquoi sa production par l’aquaculture est nécessaire et doit être durable. Il a ensuite fait un point sur les chiffres et a rappelé que la production aquacole européenne avait progressé de 4% (en volume) entre 2014 et 2015 et de 8% (en valeur) sur la même période. Il nous a, par après, présenté quelques exemples encourageant provenant de plusieurs pays dont certains qui, par exemple, permettent la demande de licences d’exploitation directement via internet. Il a finalement terminé son exposé en rappelant que la campagne #FARMEDintheEU était prolongée et que le FEAMP représentait 1,2 milliard d’euros pour la période 2014-2020, uniquement pour la partie aquaculture.


EXEMPLES DE SUCCÈS EUROPÉENS

Nous sommes ensuite entré dans le cœur du sujet en abordant 6 exemples de projets menés à bien par des fonds FEAMP (et FEP avant eux) de soutien à l’aquaculture.

Le premier projet portait sur l’innovation dans le secteur des moules de Galice. Le deuxième, qui sera développé ci-dessous traitait du développement d’une qualité différenciée pour de la truite en Italie. Le troisième traitait de l’industrie ostréicole bretonne qui a développé des incitants et une législation dans le but de favoriser l’activité : regroupement des entreprises dans des zones dédiées, développement de polyculture huitres-algues, développement d’un Réseau halieutique comprenant des scientifiques et des professionnels ainsi que le développement d’un SAFER destiné à éviter la vente immobilière du secteur vers le privé et pouvant aussi casser des ventes de cette nature. Enfin, les exemples du saumon écossais, du bar grec et de la carpe hongroise ont été développés.

L’exemple italien étant celui qui est le plus pertinent pour le secteur aquacole wallon, il mérite d’être présenté plus en détail. Il s’agit d’un projet porté par la Région autonome du Frioul-Vénétie Julienne dans le Nord-Est de l’Italie. Cette région est  caractérisée par de nombreuses fermes salmonicoles extensives spécialisées dans la truite arc-en-ciel. La région comporte 52 fermes et produit 9850 tonnes par an, en majorité sur de l’eau de source. 5% du volume est destiné au repeuplement, 15% à la pêche sportive et les 80% restants au marché de consommation dont la plus grosse moitié en Italie. La région a développé une marque dont l’acronyme est AQUA (pour Agriculture, Qualité et Environnement en italien) accompagnée d’un cahier des charges. 34 fermes sont certifiées ainsi que 9 chaines de commercialisation. Le cahier des charges comprend notamment les points suivants :

    • Obligation de garder des concentrations en oxygène supérieures à 5 mg/l
    • Une densité maximum de 35 kg/m³ en grossissement
    • 3 l/s par tonne de poisson en grossissement et pré-grossissement
    • Des aliments provenant d’usines sélectionnées et approuvées
    • Elevage de minimum 2/3 du cycle complet dans la région (ou + de 70% du poids)
    • Un abattage et une transformation dans un rayon de maximum 90 km
    • Une période de jeûne de minimum 48 h avant le transport
    • Une densité maximum de 200 kg/m³ pour le transport
    • Un délai maximum de 8 h entre la pêche et l’arrivée sur le lieu de transformation

La commercialisation via ce label semble être une réussite en Italie et surtout au sein-même de la région avec une bonne progression des ventes.


BESOINS RÉGIONAUX AQUACOLES

Cette troisième partie était basée principalement sur la présentation de l’Aquaculture Advisory Council (AAC) et sur les réseaux FARNET.

L’AAC, basé à Bruxelles, est une organisation consultative composée de professionnels de l’industrie du poisson ainsi que d’autres parties prenantes ayant des intérêts dans l’aquaculture. Son rôle est de formuler des avis et des recommandations aux institutions européennes et aux états membres sur les questions relatives à l’aquaculture. Il planche actuellement sur des recommandations en vue du futur plan d’aide devant succéder au FEAMP et qui devrait intégrer un accompagnement pour les jeunes aquaculteurs.

Les réseaux FARMET (Fisheries Areas Network) sont eux, en réalité, le pendant des GAL (Groupe d’action local) présents dans toute l’Europe, à ceci près qu’ils ne concernent que les zones où l’activité principale est la pêche.

Pour conclure cette partie, diverses questions et témoignages ont été échangés sur ces trois premières parties. Un de ces témoignages, le plus intéressant est venu d’un éleveur normand :

 

  « Le FEAMP a changé ma vie ! »

 


FOOD FROM THE OCEAN

Après un copieux lunch exclusivement préparé à base de produits de l’aquaculture européenne, la quatrième partie, dédiée à la présentation de l’avis scientifique Food from the Oceans et à la présentation de deux projets allant dans ce sens a pu commencer.

Cet avis scientifique revient sur la nécessité d’intégrer l’aquaculture et la pêche comme solution pour répondre à l’augmentation de la population dans les années à venir. Cependant, cette solution doit être durable. En effet, il est « facile » d’obtenir plus en provenance des océans mais pas n’importe quoi… Si l’on compare les niveaux trophiques des aliments que nous consommons et qui viennent de l’agriculture terrestre, nous voyons que nous consommons des végétaux et des animaux de niveaux trophiques inférieurs (respectivement 1 et 2). Par contre, en ce qui concerne notre consommation de produits de la pêche (ou d’aquaculture) nous constatons qu’il s’agit des niveaux trophiques les plus élevés (4 et 5). Pour pallier à ce problème, nous devrions mettre l’accent sur les niveaux inférieurs en développant plus l’algoculture et d’autres systèmes de production.

Ensuite, deux présentations allant dans ce sens ont été faites. Il s’agissait de la société portugaise Alga+, spécialisée dans la production d’algues et de l’Université de Rostock (en Allemagne) développant des circuits et des formations en aquaponie et basées sur l’économie circulaire.


LES OUTILS À DISPOSITION

Dans la dernière partie présidée par Mr Felix Leinemann, Chef de département à la DG MARE de la Commission européenne, celui-ci nous a décrit quelques outils existants pour la promotion de l’aquaculture. Il a d’abord commencé par le site web de la Commission européenne relatif à l’aquaculture, puis a présenté les différents documents publicitaires disponibles ainsi que le kit à destination des écoles.

Il est enfin, lui aussi, revenu sur la nécessité pour les producteurs, les scientifiques et l’administration de travailler en concertation, main dans la main !

 

Benoît Thomassen

Chargé de mission aquaculture