Visite de terrain de pisciculteurs et officiels nord-coréens en Wallonie


La dernière semaine de mars a vu défiler dans notre région une délégation nord-coréenne composée de pisciculteurs et de représentants officiels du secteur aquacole de ce pays. Ce voyage d’étude, organisé par le Laboratoire d’Economie et Développement rural de l’Université de Gembloux Agro-bio Tech et l’ONG Triangle Génération Humanitaire, avait pour but de faire découvrir des nouvelles techniques et procédés pour, d’une part, augmenter la productivité des élevages nord-coréens (soumis à l’embargo international, y compris pour les aliments destinés aux poissons) et, d’autre part, aider à conserver leurs poissons plus longtemps.

Ce périple a d’abord permis de faire découvrir les techniques de production d’insectes dans le but des les incorporer dans l’alimentation de leurs poissons (truites et carpes).

Dans un second temps, ils sont allés visiter un des plus grands circuits fermés d’europe, Belgian Quality Fish à Dottignies. Bien que produisant des esturgeons pour le caviar, cette installation a d’abord été conçue pour l’élevage de tilapias. Les techniques développées sur place ainsi que la visite du site ont été grandement appréciées par la délégation. Cette visite a aussi été l’occasion de dresser un rapide topo de la filière aquacole wallonne.

Le voyage s’est ensuite poursuivi du côté d’Olloy-sur-Viroin pour la visite de la société Escavir, une des rares produisant encore de l’escavèche. Cette préparation, héritage laissé par l’occupation espagnole aux 16 et 17ème siècles, permet de conserver du poisson dans une marinade à base de divers vinaigres et oignons pendant plusieurs mois.

Le lendemain, la délégation a pris la direction de Bertogne pour visiter la pisciculture Clément JM. Cette petite pisciculture, extrêmement bien tenue et conçue, est un exemple en Wallonie. En effet, elle produit des truites fario et arc-en-ciel de l’oeuf à l’assiette en maîtrisant toutes les étapes du processus. Bien que sa production soit de faible ampleur, sa productivité dépasse de loin celle des élevages nord-coréens. Cette visite a, elle aussi, été très fortement appréciée par la délégation, étonnée de la taille de la production effectuée par un seul homme sur l’exploitation.

Enfin, la délégation s’est rendue à Kruishoutem pour la visite de la société Aqua4C, productrice d’une espèce originale, l’Omegabar (ou perche de Jade), uniquement nourrie de manière végétale.

Ce voyage d’étude aura permis à ses participants de découvrir de nouvelles techniques qui, espérons-le, aidera les aquaculteurs nord-coréens à intensifier leurs productions et ainsi mieux contribuer à enrayer la crise alimentaire qui affecte actuellement leur pays.