Retour sur l’Assemblée secteur Bio du Collège des Producteurs du 05/05/21


Le PV officiel et les supports de présentation seront prochainement disponibles sur cette page.

Les valeurs du bio dans un contexte de croissance accélérée du secteur et outils de gestion pratiques d’un sol vivant.

Le 5 mai dernier s’est tenu la 15ème assemblée sectorielle bio. Les représentants du secteur bio au Collège des Producteurs ont souhaité aborder deux thématiques reflétant l’essence même de la bio : les valeurs à l’origine du mouvement et la gestion d’un sol vivant.

En effet, que ce soit dans leurs pratiques, dans les réunions auxquelles ils participent ou dans les échanges qu’ils ont avec leurs confrères, Charles-Albert, André, Philippe et Daniel font le même constat : la mise en œuvre dans la pratique des valeurs défendues par le secteur bio est une source de tension de plus en plus importante à mesure que le secteur grandit et que des acteurs de plus en plus grands y prennent place.

Vos producteurs-représentants élus au Collège des Producteurs

Les valeurs à l’origine du mouvement bio, par Nature & Progrès

March FICHERS

Lors de l’assemblée sectorielle, Marc Fichers, Secrétaire Général de Nature et Progrès, a rappelé les motivations des pionniers de l’agriculture biologique : proposer un modèle qui s’appuie sur le fonctionnement de la vie du sol et des cycles naturels, productif, et se passant des engrais et pesticides chimiques de synthèse.

Il a également rappelé que le mouvement bio, dès son origine, est un mouvement porté par les producteurs et les consommateurs ; et que les aspects techniques et l’approche éco-logique vont de pair avec une économie locale, juste et à taille humaine.

Marc souligne que des tensions, il y en toujours eux. Elles sont à la base de l’évolution des pratiques et des idées. Elles sont aussi la source intarissable d’échanges, de partages de connaissances et d’améliorations, et ce, jusqu’à aujourd’hui, où ces débats ont lieux dans différents endroits : des cours de fermes aux assemblées de la commission européenne et dans de nombreuses institutions et organisations.

Au niveau wallon, il y a le Groupe de Travail Législation animé par la Socopro et le Comité de Concertation de l’Agriculture Biologique, qui depuis 30 ans, réunit autour d’une même table les acteurs du secteur pour que la bio évolue en phase avec les attentes de la société tout conservant, au fond d’elle, le ferment de son identité.

Muriel HUYBRECHTS, Chargée de mission au Collège des Producteurs – Pôle Législtation, Agriculture bio , animation du GT législation

Le Groupe de Travail Législation réunit les acteurs du secteur autour d’une même table pour discuter des valeurs et des pratiques bios.

Suite à la présentation, les participants se sont retrouvés par petits groupes pour échanger leurs idées. Ont émergé de ces réflexions 3 préoccupations du secteur, qui illustrent cette tension qu’il peut y avoir entre valeurs et pratiques : l’usage du plastique (paillage, enrubannage, emballages pour la commercialisation) ; l’usage de biopesticides ; et la transparence dans les filières et dans la commercialisation (d’où vient ce produit et comment a-t-il été produit ?).

Préoccupations et thématiques illustrant la tension entre valeurs et pratiques en bio, qui sont ressorties des sous-groupes de discussion lors de l’assemblée

Gestion pratique d’un sol vivant

Après ce voyage dans le monde des idées, le deuxième exposé nous ramène sur terre pour nous parler du sol, cet organisme vivant que chaque agriculteur doit apprendre à connaitre et à apprivoiser.

Francis Bucaille, Agriculteur, Consultant en Agronomie et co-fondateur de la Société Gaîago

Dans un premier temps, Francis Bucaille attire notre attention sur la verticalité des sols et la nécessité de vérifier son bon fonctionnement, à l’aide par exemple de tuyaux plastiques de 15 cm de diamètre enfoncés légèrement dans le sol dans lesquels nous mettons 1/3l d’eau puis observons le temps qu’il faut à l’eau pour percoler. Un sol avec une verticalité déficiente ne produira jamais de bons résultats, peu importe la quantité de fertilisants, de matière organique et de minéraux que l’on va apporter.

Tubes plastiques pour vérifier le bon fonctionnement vertical de son sol. Source : Francis Bucaille, présentation lors de l’Assemblée Sectorielle Bio du 5 mai 2021

Francis nous parle ensuite des minéraux et plus particulièrement des ions calcium et magnésium, qui, bien proportionnés (68% / 12%), assurent un équilibre eau / air optimal et nécessaire au bon fonctionnement du sol. Il nous parle ensuite d’autres éléments importants et parfois négligés : le sodium, le phosphore, le cobalt et le molybdène, le fer et le manganèse.

Le calcium et le magnésium dans le sol et les solutions possibles pour rééquilibrer son sol. Source : Francis Bucaille, présentation lors de l’assemblée sectorielle bio du 5 mai 2021

Il insiste sur le rôle primordial des champignons et sur l’importance de leur assurer un environnement propice à leur développement par un travail du sol modéré et un bon équilibre minéral assurant que l’air et l’eau sont présents en suffisance pour leur croissance et leur développement. Ce sont les champignons qui, en dégradant la lignine, stockent du carbone dans le sol. Les bactéries sont très peu capables de cela.

Suite à cette présentation différentes questions ont été posées sur le labour / non labour et la fixation du carbone dans le sol, puis sur la problématique de l’excès de magnésium dans les sols wallons.

Pour Francis, le labour est néfaste quand il est excessif (ex : labour à 40 cm) et que la matière organique se retrouve plaquée dans le fond du labour. Il préconise un labour à 15-18cm en enlevant les rasettes pour permettre à l’air de circuler et aux champignons de dégrader la matière organique. Concernant le stockage du carbone dans le sol, il attire l’attention sur le rôle des champignons et l’importance d’avoir de bonnes conditions (eau/air) pour leur développement dans le sol.

Concernant l’excès de magnésium par rapport au calcium dans les sols wallons (dû à une utilisation massive de dolomie) il informe de l’existence d’une solution permettant d’amener du calcium sans amener du magnésium (le Sulfabote). Des recherches complémentaires nous apprennent que le gypse peut être utilisé à cette fin en agriculture biologique.

Plus d’info?

Vous trouverez les informations complètes sur les présentations et les échanges dans le compte rendu officiel de l’Assemblée Sectorielle Bio qui sera prochainement publié sur notre site.

Vous pouvez aussi contacter Thomas Schmit, Chargé de Mission Agriculture Biologique, par téléphone au 0486/715296 ou par mail à thomas.schmit@collegedesproducteurs.be