[Covid-19] Observatoire des filières agricoles


Le Collège des Producteurs a été chargé par le Ministre wallon de l’agriculture Willy Borsus, de mettre en place un observatoire des effets de la crise sur les filières agro-alimentaires wallonnes.

Observations au 08.05.2020

  1. Les prix des porcs et volailles standards continuent de baisser. Par rapport à la semaine dernière il a encore chuté de -4% en une semaine (-5 cents). La chute des prix des œufs est vertigineuse : – 50% (œufs à couver) à – 83% (œufs en casserie) et le prix du poulet a diminué de 15% en 6 semaines.
  2. Le prix en viande bovine est stable depuis le début du confinement (Chiffres revus par le SPW). Il est toutefois à noter que les producteurs ne comprennent pas i) pourquoi l’accord de libre-échange EU-Mexique a été signé pose question à l’ensemble des acteurs.
  3. Le consommable commence à poser problème dans différents secteurs. Le boyau pour boudin et saucisse et les emballages spécifiques en boucherie, le tétrapack et les étiquettes en lait, le matériel de protection ainsi que les boîtes pour conditionner les œufs (jusqu’à 24 semaines de délais pour les boîtes d’œufs).
  4. L’augmentation de prix de aliments pour bétail varie de + 3-5% à plus de 25% pour le tourteau de soja bio.
  5. Les mesures de soutien de la Commission européenne au secteur laitier ne satisfont pas les producteurs. Ils insistent pour que des aides à la réduction volontaire de la production soient mises en place au niveau européen afin qu’ils ne fassent pas les frais d’une réduction de la production imposée par la filière. Pour être efficace, le système européen devrait permettre une réduction de la production de 3 à 5% pendant 3 à 6 mois.
  6. L’absentéisme est toujours présent avec une légère diminution. Au niveau des abattoirs, il y a encore un manque de personnel aux postes clés. Le déconfinement flou et compliqué attise les tensions sociales (protection, distanciation). Il faudrait également éclaircir les conditions de reprise du travail B to B (technico commerciaux, fabricant d’aliments…) en ferme.
  7. Au niveau horticole, la demande en main d’ouvre a trouvé des solutions pour les petites et moyennes exploitations mais est toujours en recherche pour les plus grandes exploitations avec un besoin d’accès au personnel UE expérimenté comme pratiqué dans les pays limitrophes. Les prix des fraises sont moindres qu’attendu par les producteurs.
  8. Au travers des enquêtes ACW, il est confirmé que les circuits court « ont le vent en poupe durant cette crise ». Les consommateurs privilégient les produits de première nécessité : légumes, fruits, viande, produits laitiers, œufs, … Les augmentations d’achat sont toujours de l’ordre de 10 à 30% des achats avec une augmentation du chiffre d’affaire pour 1/3 des répondants et une diminution pour  50% des répondants.
  9. Au niveau du suivi des prix GMS hors promotion, première semaine avec une tendance générale en légère hausse surtout due à la fin des promotions en pomme de terre à frites chez Colruyt et à l’augmentation des Charlottes chez Delhaize.
  10. Face au caractère périssable des stocks de pomme de terre existant, les producteurs ne peuvent pas comprendre pourquoi les GMS développe la commercialisation de pommes de terre primeur importée alors que des stocks de pomme de terre locales risquent de pourrir.
  11. Face à la situation de sous offre ou d’offre équilibrée de bovins vis-à-vis de la demande, les producteurs ne comprennent pas comment il n’y a pas une augmentation des prix à leur niveau (ils insistent auprès de la distribution sur le fait que la situation actuelle devrait permettre d’atteindre un prix couvrant les coûts de production).

Observations


Observations au 25.04.2020

  • les prix des porcs standards continuent de baisser (-16.5%)
  • grandes cultures
    • le blé panifiable qui était passé au-dessus de la barre de 200 €/t est redescendu à un prix de 196.23 €/t (-3.57%)
    • une attention devra être portée à l’orge brassicole qui pourrait souffrir de la baisse de consommation de bière
  • pomme de terre :
    • les stocks belges restant à 42% de la récolte initiale avec un volume disponible de 1.71 millions de tonnes dont 540k tonnes en marché libre > un dommage évalué à 125 millions d’euros
  • horticulture comestible :
    • fraises : l’offre est supérieure à la demande du marché intérieur
    • les prix au producteur ont fait -50% : fraises 6€ à 3€/kg ; asperges 7€ à 3€ /kg
  • Alimentation bétail : difficulté à trouver du soja bio
  • horticole ornemental :
    • 90% des commerces ont ouvert leurs portes et 10% continuent à travailler comme pendant le confinement.
    • les prix sont bons, le panier moyen semble plus élevé
  • Secteur laitier : Les mesures de soutien de la Commission européenne au secteur laitier ne satisfont pas les producteurs
  • GMS : baisse relative des prix
    • baisse du prix de la pomme de terre chez Colruyt (-4,32%) à Colruyt diminution des prix globale -1,49%
    • Delhaize +0,19%
    • Carrefour de -0,14%

Semaine 3 – 18 avril 2020

Voici l’état des lieux et les préoccupations majeures des producteurs et opérateurs filières pour la période d’analyse du 18 avril.

  • GMS (suivi des prix hors promotion) :
    • baisse de prix importante au niveau des volailles
    • selon Test-Achats : augmentation des prix jusqu’à +6,6% selon les enseignes
  • l’absentéisme inquiète toujours,surtout dans les abattoirs (de 10 à 30%)
  • l’inquiétude grimpe par rapport à la solvabilité des clients, surtout pour les fournisseurs à l’horeca
  • dans les filières horticoles, ce sont les besoins en main d’oeuvre qui préoccupent
  • Grandes cultures :
    • le blé panifiable vient d’atteindre les 200€/T
    • 800 000 T de pommes de terre en stock
  • Les difficultés d’écoulement subsistent dans les secteurs aquacole (-54% chiffre d’affaires), brassicole, lait et fromage de chèvre, fromage de vache (-20%)
  • Elevage
    • les prix producteurs sont fonction des stocks, qui sont importants en volaille standard, en porc et en lait
    • les prix sont stables pour le BBB (toujours forte demande des GMS et boucheries),
    • demande toujours élevée pour l’approvisionnement en boucherie
    • les déséquilibres matières restent préoccupants pour l’ensemble des filières viandes
    • pas de problème pour les filières commerciales de viande ovine


Semaine 2 – 11 avril 2020

Voici les tendances dégagées pour la période d’analyse du 11 avril.

  • L’impact de la crise devient concret sur les prix producteurs, en lait, en volailles et en porcs standards
  • La mobilisation de capacités de stockages fait partie des stratégies pour limiter l’impact
  • L’absentéisme reste une préoccupation importante : de 10% à 50% suivant les secteurs ; les abattoirs sont les plus touchés.
  • La demande reste élevée pour l’approvisionnement des boucheries et circuits courts.
    • Certains produits sont en tension d’approvisionnement (légumes)
    • D’autres ont des difficultés d’écoulement : lait de chèvre et de mouton (+ fromages), truites, bières locales
    • Certains producteurs préfèrent arrêter ou diminuer leurs activités de vente en circuits courts
  • Emblavements de printemps : la rupture de certains contrats en pommes de terre, mais également en lin et en légumes, laissent peu d’alternatives aux agriculteurs concernés.
  • Les équilibres matière restent une préoccupation importante de toutes les filières viandes (-20 % demande charcuterie, morceaux spécifique horeca,….)
  • Stabilité relative des prix en GMS

Semaine 1 – 4 avril 2020

Suite à la crise du covid-19, un observatoire des filières agricoles wallonnes a vu le jour afin d’identifier les enjeux critiques et de permettre une prise de décisions rapide de la part des autorités. Voici la tendance qui peut être dégagée après cette première semaine d’analyse.

Selon le type de culture, de production, de canal de distribution un état des lieux général est difficilement réalisable. Les producteurs concernés par la vente en circuit-court (environ 10% des 12 000 agriculteurs wallons) connaissent un certain succès, mais dont la pérennité doit être suivie au fur et à mesure des jours. Pour les autres, le ralentissement de l’export, la fermeture de l’HORECA, des collectivités  et l’augmentation des prix des aliments pour le bétail et la disponibilité commencent à les impacter directement.

Ces informations sont récoltées en partenariat avec l’ensemble des opérateurs, les représentants du Collège des Producteurs, les associations agricoles, les membres des commissions filières, le Collectif 5C, la Fédération Wallonne Horticole, Accueil Champêtre Wallonie, Bio Wallonie, FIWAP, …


Méthodologie  

L’objectif de ce rapport est de détecter les évolutions principalement au niveau des prix et de l’approvisionnement et d’identifier les préoccupations du secteur.
 
Une note est remise au Ministre chaque semaine à partir du 1er avril. Un rapport synthétique hebdomadaire est également publié.

Les différents acteurs des filières sont consultés par les chargés de missions du Collège des Producteurs.

Au niveau des fermes, les éléments à identifier pour tous vos produits (lait, bêtes maigres, bêtes grasses, produits transformés etc.) sont les suivants :

  • Evolution des prix 
  • Evolution des quantités vendues
  • Problèmes / préoccupations par rapport aux débouchés et circuits de commercialisation
  • Problèmes / préoccupations par rapport à la collecte (normes sanitaires, restriction des quantités produites, …)
  • Préoccupations par rapport au fonctionnement de la ferme (approvisionnement, …).

Pour plus de détail sur les réalités de terrain, n’hésitez pas à nous contacter info.socopro@collegedesproducteurs.be

Actualité liée

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