[Publication] Observatoire des filières agricoles: nouvelle publication mensuelle


Les éléments présentés dans le document sont établis sur base i) d’échanges avec des membres du Collège des Producteurs et des Commissions Filières et ii) de points d’attention spécifiques au bio établis en partenariat avec Biowallonie.

Il s’agit d’un travail non exhaustif faisant ressortir les éléments essentiels des préoccupations et perceptions des acteurs.

En savoir plus sur l’historique et la méthodologie de l’Observatoire des filières

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Sources: un ensemble d’opérateurs se mobilisent pour donner une visibilité représentative de leur secteur. Ils sont les partenaires privilégiés du Collège des Producteurs au travers l’animation de nos Commissions Filières.

Synthèse des points d’attention – Mai 2022

Pour le secteur des grandes cultures : 

  • Diminution des cours du blé et maïs (marché à terme) suite à l’annonce d’une possible mise en place d’un corridor d’exportations de céréales ukrainiennes (-3 %). Tendance identique pour les oléagineux, colza à 782,75 €/T le 7 juin (– 7% sur un mois).
  • Engrais : les cours des engrais azotés sont en baisse depuis avril (reprise de la production en Europe et diminution de la demande mondiale). Les cours des engrais phosphatés (DAP à 1145€/T le 3 juin) et engrais composés restent particulièrement élevés.
  • Production en Ukraine (source : Les Marchés) :
  • Recul de la production de blé de 42% en 2022, mais stocks de blé estimés élevés.
  • Maïs : production 2022 estimée à 26,1 millions de tonnes (37,6 millions en 2021) = baisse de 31%. Exports estimés à 15 millions de tonnes. Les stocks pourraient atteindre un record suite à la diminution des exportations (25 millions de tonnes).
  • Colza : estimation d’une production à 1,5 millions de tonnes (2,9 millions en 2021) = baisse de 48%.
  • Tournesol : estimation à 9 millions de tonnes (16,9 millions en 2021) =baisse de 48%.

Pour les secteurs avicoles et porcins :

  • Secteur avicole : les prix des aliments ont augmenté de plus de 40% en 1 an (indice ITAVI), sans compter les autres coûts (transport, énergie, emballages, poulettes). La fragilisation des filières est réelle, surtout en Bio et cahiers des charges sous régime de qualité (qui connaissent parallèlement un fléchissement de la demande) ; l’impact est encore plus marqué pour les œufs Bio qui ne parviennent pas à obtenir une revalorisation suffisante du prix.
  • Poulet standard :
    • La Belgique a retrouvé son statut OIE indemne d’Influenza Aviaire.
    • Forte demande du marché (suite aux épisodes I.A., arrêt des exports d’Ukraine, recherche de plus petits prix par les consommateurs), mais les abattoirs sont sous tension car en capacité maximale d’abattage + prix du marché belge très élevé commençant à entraîner une baisse de la demande de produits belges et la concurrence des autres pays dont les prix sont inférieurs.
  • Canards à foie gras : très forte tension au niveau de l’approvisionnement de canetons pour la production de foie gras wallon suite à la grippe aviaire en France (annonce d’une baisse de 40% des volumes de production européens en 2022)
  • stabilisation du prix depuis 5 semaines, 1,41 €/kg vif prix BPG.
  • les opérateurs ont relevé les prix pour aider les producteurs mais pas suffisamment au regard des coûts de production actuels.
  •  : toujours en hausse pour certaines catégories d’animaux, ralentissement pour les céréales (niveau très élevé). Déficit de cout de production estimé de 60 eur/porc standard et 35 eur/porc QD
  •  : Mise en place d’embargos temporaires sur matières premières « aliment animaux ».
  •  : la menace sur l’Europe s’intensifie avec l’apparition de nouveaux foyers. Marché EU du porc vivant secoué par la PPA et la Covid-19.

Pour le secteur bovins viande :

  • A l’exception de la viande hachée, la demande stagne voire baisse chez les opérateurs ces dernières semaines.
  • Prix en vif : bétail culard reste haut, réformes laitières en légère baisse. Veaux laitiers en hausse (120 €) ainsi que remontée des veaux culards.
  • Prix carcasse : Légèrement à la hausse pour les mâles, marché tendu pour les vaches (disponibilité moindre). Le prix se rétracte pour les vaches laitières de réforme après une forte augmentation. Légèrement en baisse pour les veaux (6,81€ / kg) carcasse mais à la hausse pour les jeunes veaux laitiers.
  • Vu l’importance des coûts d’engraissement, dégradation de la rentabilité pour les éleveurs qui, pour certains, décident de ne plus remplir complètement les étables d’engraissement ou de s’orienter vers un bétail moins cher à l’achat en maigre.
  • Poursuite de la hausse des coûts de production des transformateurs et grossistes et réduction de leurs marges
  • Les acteurs questionnent l’approvisionnement en suffisance de mâles culards dans les prochaines semaines.
  • Les prix du haché sont tirés vers le haut par une très forte demande. Cela entraîne une pression plus forte sur l’équilibre carcasse.

Pour le secteur bovins lait :

  • Vu la conjoncture actuelle, tous les acteurs relèvent qu’il est très difficile de faire des prévisions, même à quelques semaines. Cependant la situation reste caractérisée par des appréhensions.
  • Chez les producteurs laitiers : malgré un prix qui se maintient à 50€/100 litres de lait et qui, selon plusieurs études, compense la hausse des coûts de production, les producteurs laitiers wallons restent très prudents par rapport à une augmentation de leur production qui nécessiterait l’achat d’intrants (aliments et engrais). Les producteurs sont inquiets par rapport à l’évolution des prix et la disponibilité de certains intrants.

Par ailleurs, la mauvaise reprise de la saison de pâturage dans beaucoup de zones à cause de la sécheresse du printemps, couplée à des ensilages de qualité souvent moyenne (pluies de 2021) et à des difficultés de disponibilités de certains aliments liés à des cahiers de charges (bio, sans OGM), contribuent à une diminution de la production laitière wallonne depuis plusieurs mois (-4,2% en avril 22 par rapport à avril 21). Il serait intéressant de déterminer si la diminution du nombre de fermes laitières n’est pas en train de s’accélérer (abandon de l’atelier laitier, absence de repreneur) et contribuerait également à cette diminution de la production.

  • Chez les transformateurs laitiers : la hausse des prix du lait, de l’énergie, des conditionnements, du transport entraine une hausse significative des coûts de production des industries laitières avec une nécessité de répercussion auprès des consommateurs par la distribution. Cette répercussion semble très variable en fonction du type de produits, du type de contrat, de la taille de l’entreprise et du réseau de distribution.

Pour le secteur caprin et ovin :

CAPRIN lait :

  • Situation économique des exploitations sous tension pour 70% du lait wallon (+- 15 producteurs). Forte hausse du coût de production suite au prix de l’aliment (=50% en moyenne des coûts de production). Dès lors, besoin d’une revalorisation du prix du lait mais qui ne s’observe malheureusement pas ou de diminuer les coûts de production.

OVIN viande :

  • Offre inférieure à la demande avec une augmentation en moyenne de +15% du prix au producteur ; relative pénurie de viande au niveau mondial (demande croissante en Chine, Amérique du Nord et Asie du Sud Est)

Horticulture comestible :

  • Consommation de frais continue à stagner à 15-20 % de moins qu’en 2021 (30 à 50 % pour certains maraichers) en légumes et -20 % pour les pommes. Le mot d’ordre des criées est de réduire les emblavements de 15 %
  • Implantation de légumes fortement impactée en termes de coût de production liés aux engrais sans évolution majeure des prix de vente. Enjeux d’équilibrage entre maillons (prix acheteurs GMS bord champs de 0,25 à 0,30€ pour un prix de vente GMS de 1,5 à 1,55 €)
  • Surstocks de pommes et marché saturé –
  • A suivre pour les légumes pour la transformation : risque de moindres surfaces en légumes (octobre 2022 pour 2023) selon compétition avec céréales plus attractives

Pommes de terre :

  • Belgique : marché très calme car en cours d’évolution (très peu d’acheteurs et prix disparates. Prix Fontana/Challenger : 20,00-25,00 €/tonne
  • Baisse des surfaces plantées aux PaysBas (1,6%) et Pologne (4,6%, attention cependant aux chiffres) et très légère hausse en Allemagne (0,15%)

Horticulture ornementale :

  • La période de mi-avril jusqu’à mi-juin est la plus importante de l’année pour les horticulteurs ornementaux wallons. Le volume des plantes vendues a diminué, en particulier pour les grossistes.
  • Plants potagers : légères diminutions des ventes par rapport à 2021.
  • La vente de petits fruits comme les framboisiers ou fraisiers est catastrophique. Les bonnes ventes de 2021 et 2022 pourraient avoir tassé la demande.
  • L’orage et la grêle du 19 mai ont causé des dégâts d’intensité variable aux niveaux des serres et des pépinières, surtout dans le Hainaut. Les pépiniéristes se trouvent particulièrement démunis.

Cela risque de marquer encore plus fortement la pénurie d’arbres fruitiers en automne.

  • En sapins de Noël, les producteurs ont des difficultés à intégrer l’augmentation du prix des intrants dans les négociations de prix avec les acheteurs. Fortes attaques de pucerons au niveau des cultures.

Pour le secteur Bio :

  • Les acteurs du secteur bio contactés ce mois de juin font état d’une demande en légère hausse en mai après plusieurs mois de consommation en baisse. La consommation bio est plus en plus instable. La conjoncture actuelle est une opportunité pour le secteur de communiquer sur sa résilience et son autonomie par rapport aux marchés mondiaux. Les prix des produits bio ont moins progressé que le prix du conventionnel. Les prix à la consommation bio et conventionnel se rapprochent. Tous les acteurs souhaitent et demandent une forte information et communication sur le bio.
  • Peu de demande de conversion bio depuis janvier 2022. Les organismes de contrôle parlent même cette année (pour la première fois depuis 10 ans) de producteurs qui réfléchissent à se déconvertir du bio. C’est le même constat en Allemagne.
  • En légumes, la saison se poursuit et les pluies de ce début du mois sont arrivées au bon moment. Les céréales et les prairies ont aussi profité de cet apport d’eau.
  • La demande en viande bovine semble se maintenir ou diminuer un peu en circuit court (colis). En volaille, les prix continuent d’augmenter et la demande pour certains se stabilise mais de manière générale diminue.
  • L’impact de l’augmentation du coût de l’énergie n’est pas toujours directement perceptible et devra être mesuré l’année prochaine, en regard des prix du marché à ce moment-là.

Synthèse des points d’attention – Avril 2022

De manière globale, la guerre en Ukraine génère des perturbations dans la plupart des secteurs. Les points d’attention transversaux suivants sont mis en évidence :

  • La Banque mondiale prévoit dans son dernier rapport « Commodity Markets Outlook » que les prix vont se maintenir à des niveaux historiquement élevés jusqu’à la fin de 2024. Globalement, il s’agit du plus grand choc sur les produits de base depuis les années 1970. La Banque mondiale estime que les prix de l’énergie vont probablement grimper de plus de 50% en 2022 avant de baisser en 2023 et 2024. Les prix des produits agricoles et des métaux devraient pour leur part augmenter de 20% en 2022, puis diminuer au cours des années suivantes.
    • Dans le cadre l’Assemblée Générale de la FWA, Mariia Dudikh, la directrice du Forum National Agraire Ukrainien (UNAF) a précisé : i) que, malgré les difficultés dues au conflit et aux conditions climatiques, 70% du territoire agricole ukrainien devrait pouvoir être semé, ii) les agriculteurs rencontrent de gros problèmes logistiques notamment pour s’approvisionner en carburant, en engrais et en semences, iii) une partie des cultures de maïs sont remplacées par du tournesol ou du soja (cultures plus rémunératrices pour un volume à l’hectare moindre) et iv) qu’avant le conflit, 95 % des exportations ukrainiennes transitaient par des ports ;  avec le siège de Marioupol (2ème port ukrainien), les biens à transportés sont redirigés vers la Roumanie via le transport ferroviaire (source: Pleinchamp n°17 du 28 avril 2022).
  • En continuité avec la situation identifiée dans la NT30, il est rappelé que la flambée du prix des matières premières pour l’alimentation animale continue son ascension et des risques de rupture d’approvisionnement sont mis en avant, notamment pour les filières bio et qualité différenciée. La situation continue à engendrer des risques de rupture d’approvisionnement en céréales, plus encore pour le maïs, Les stratégies spéculatives des opérateurs à l’échelle européenne et mondiales liées à ces situations font craindre des faillites en cascades (d’abord faillites au niveau négoces et courtiers, … puis fabricants d’aliments).
  • En regard des matières premières Bio, des risques de ruptures d’approvisionnement en maïs bio venant de l’Europe de l’est, dont les pays du nord de l’Europe sont très demandeurs, tirent le prix des céréales bio à la hausse. De plus, le marché des céréales conventionnelles restant à des prix hauts comme jamais atteints, cela pousse inévitablement dans le même sens (de la céréale bio peut être au même prix que de la conventionnelle). Pour les matières premières protéiques, après de longs mois d’augmentation, le tourteau de soja bio semble se stabiliser à son prix le plus haut. Le problème actuel concerne le tourteau de tournesol qui provient majoritairement d’Ukraine et dont la chaîne d’approvisionnement est complètement à l’arrêt.
    • Les producteurs de porcs et volailles sont les plus directement touchés par ces explosions de coûts et plus encore par des indisponibilités de produits en Bio. La production de lait de chèvre est également touchée par une croissance importante des coûts de production.
  • En continuité avec la situation identifiée dans la NT30, le prix des bovins et de la viande bovine grimpe depuis l’été 2021 partout dans l’UE suite à une diminution du cheptel qui tire les prix vers le haut. Des tendances à la hausse existent aussi en porc et volaille (notamment suite à la diminution d’offre lié à la grippe aviaire en France) ; néanmoins, ces augmentations ne couvrent pas nécessairement la croissance des coûts de production qui est par exemple évaluée entre 1 à 2 eur/kg de viande en bovins.
    • Un acte délégué en préparation par la Commission européenne pour autoriser des dérogations sur l’usage de 5% de matières protéiques non-bio pour l’alimentation des volailles et porcs bio en vue de gérer des problèmes d’approvisionnement de matière protéiques bio venant d’Ukraine (cette mesure était inscrite dans l’ancien règlement bio, mais uniquement pour le stade jeunes animaux aujourd’hui ouvert par cet acte délégué au stade adulte). Effet rétroactif au 24 février (début de la guerre). Chaque Etat-membre décide d’activer ce système dérogatoire ou pas. Un système informatique sera mis en place afin d’assurer un échange d’information entre Etats-membres sur les dérogations octroyées. Il y a une période de maximum 12 mois qui est fixée pour ce système dérogatoire. Cette dérogation est déjà mise en place aux Pays-Bas et en Allemagne (en anticipation de la législation européenne) et est en discussion en Flandre et en Wallonie. Cette dérogation aura pour conséquence de freiner la hausse du prix des aliments mais ne pourra malheureusement pas compenser l’entièreté des hausses encore attendues
  • Engrais : les cours des principaux engrais azotés, phosphatés et potassiques sont en baisse depuis début avril en raison de la reprise de la production en Europe et d’une diminution de la demande mondiale. La flambée des cours des engrais génère un surcoût de production de 300 à 500 eur/ha (50 eur/t de blé) ; les producteurs ont majoritairement décidés d’investir dans les engrais en espérant que les cours des céréales n’allaient pas chuter à la récolte.
  • Sur l’ensemble les chaînes de transformation, la hausse des matières premières, des coûts énergétiques (frigo et transport/logistique) ainsi que celle d’autres intrants comme les emballages génère une augmentation des coûts qui reste évaluée entre 20 à 30 % (grande variabilité selon les secteurs).
  • Au niveau des opérateurs de distribution, la croissance des coûts énergétiques et de transport/logistique cumulés à l’impact de l’inflation sur le pouvoir d’achat fait craindre à certains acteurs des risques de faillites de distributeurs indépendants/plus petits ainsi qu’une inadéquation fatale entre les stratégies de prix bas orientées consommateurs et les réalités d’augmentation de coûts à tous les maillons. Beaucoup d’acteurs témoignent de tendances des consommateurs à se détourner de certains produits suite à l’inflation (circuits courts, bio, report de consommation des beaux morceaux vers du haché,…).
  • Concertation de la chaîne alimentaire : L’invasion russe et en particulier les craintes de sanctions et de ruptures d’approvisionnement ont fait grimper les prix de l’énergie et des matières premières dans l’Union européenne. Cette situation continuera d’impacter les coûts de production de l’ensemble de la chaîne agro-alimentaire et l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. Les producteurs et transformateurs font face à de plus en plus de notifications concernant l’indisponibilité d’ingrédients et de matériaux d’emballage. Les produits doivent dès lors être reformulés au moyen de matières premières et d’ingrédients alternatifs ou leur production est tout simplement suspendue temporairement.

Face à cette situation, les organisations de la concertation de la chaîne, demandent que tous les acteurs de la chaîne alimentaire accordent une attention particulière à cette problématique et l’abordent avec bon sens, afin que l’impact soit réparti équitablement tout au long de la chaîne. La question de la prise en charge d’une partie de la hausse des coûts par le consommateur divise et différentes possibilités d’intervention en amont des pouvoirs publics sont sollicitées afin d’éviter que la situation ne soit fatale à très court terme pour certains maillons au sein de la chaine (sont notamment évoqués les coûts des matières premières et les coûts énergétiques ainsi qu’un stand-still en matière de charges et d’obligations). La souplesse et le pragmatisme sont aussi sollicités en matière d’étiquetage des produits alimentaires ( https://economie.fgov.be/fr/themes/entreprises/situation-en-ukraine/etiquetage-des-denrees)

Synthèse des points d’attention – Février 2022

De manière globale, les points d’attention transversaux suivants sont mis en évidence :

  • Le prix des aliments pour animaux continue son ascension, suite à l’augmentation du prix des matières premières : sur un an, + 15-20%/froment et escourgeon, + 11%/maïs, +52% colza.  Un supplément de 25% du coût des aliments engraissement bovin est cité sur un an. Cette hausse est encore plus impactante sur les coûts des productions porcines et avicoles, très dépendantes des aliments composés (plus de 65% des coûts de production sont dus à l’alimentation). En Bio, les problèmes sont exacerbés notamment par les couvertures en soja prises à présent par les fabricants d’aliments qui entraîneront encore des hausses de prix jusqu’au mois de juin.
  • L’augmentation des coûts de production est également tributaires de la hausse d’autres intrants: énergie, transports, emballages, engrais, … Par exemple, une étude menée par le Centre Pilote horticulture ornementale et le Collège des Producteurs a démontré que pour donner les garanties de pérennisation des entreprises/pépiniéristes, une augmentation des prix de vente de 15% serait nécessaire.
  • Le conflit entre la Russie et l’Ukraine ajoute des pressions à la situation des filières agricoles :
    • Tension sur les marchés des matières premières agricoles. La Russie et l’Ukraine représentent 30% des exportations mondiales de blé, 15% de maïs, 29% d’orge et 79% d’huile de tournesol.
    • Risque d’exacerber les tensions sur le prix de l’énergie. La Russie constitue le deuxième plus gros producteur de gaz naturel.
    • Renforcement du prix des engrais. La Russie est fournisseur de nitrate d’ammonium, de phosphates et de potasse.
  • Les secteurs relaient des difficultés pour négocier avec la grande distribution la revalorisation des prix de leurs produits, suite à l’augmentation des coûts de production à tous les maillons de la chaîne. Les acteurs économiques empressent la distribution de se mettre autour de la table.

Selon STABEL (Comptes macro-économiques de l’agriculture | Statbel (fgov.be)), la valeur ajoutée nette agricole recule de 6,9% en 2021 par rapport à 2020, du fait de l’augmentation du prix des intrants : augmentation des coûts de l’énergie, des aliments pour animaux et des engrais. L’augmentation des coûts est chiffrée à 15,1%. L’effet de la hausse du prix des aliments composés pour animaux est de +15,3%, tandis qu’une amélioration de la valeur de la production des cultures est observée (+15,6%).

Pour le secteur des grandes cultures : 

  • Tensions fortes sur les filières agricoles suite au conflit Russie et Ukraine (prix)
  • Augmentation du prix froment et escourgeon sur un an : +15-20% ; entre 230 et 250 €/tonne (cotations Fegra). Tendance identique pour le blé meunier (marché à terme) : 260-290 €/tonne.
  • Baisse du prix de l’orge de brasserie = -10%/mois précédent (332 €/tonne- cotations Fob Creil).
  • Prix particulièrement bas de l’épeautre conventionnel non décortiqué (150-190 €/tonne). Raison invoquée : stocks allemands très importants et qualité moindre des épeautres belges.
  • Cours de colza particulièrement élevés même si diminution en janvier : + 52% en un an ; 703 €/tonne (marché à terme).

Pour les secteurs avicoles et porcins :

  • Secteur avicole :
  • Poulet standard : offre temporairement inférieure à la demande du marché suite au grand nombre d’éleveurs et pays touchés par la grippe aviaire. Conséquence : prix du marché des poulets vivants très hauts (1,13 sur Deinze et 1,09 sur ABC en semaine 7) contribuant à ramener de la rentabilité dans les fermes. Difficulté pour les abattoirs de répercuter cette augmentation à leurs clients.
  • Œufs :
    • Pression sur le prix d’une entreprise acquérant de plus en plus un monopole sur le marché des œufs.
    • Pas de mouvement significatif des distributeurs et centres d’emballage pour augmenter le prix des œufs aux éleveurs, alors que besoin pressent exprimé par les éleveurs pour faire face à l’augmentation de leurs coûts de production. Une hausse des coûts en œuf Bio de 2,16 €/100 o. et en œuf plein air de 2,75 €/100 o. avait été annoncée par la Commission filière aviculture-cuniculture en octobre dernier. Ces coûts n’ont fait qu’augmenter depuis.
    • Œufs plein air : crainte des éleveurs d’une diminution du prix de leurs œufs suite à la perte du code 1 dès le 7 mars.
  • Poulets biologiques et sous régime de qualité : baisse constatée de la demande du marché par des consommateurs recherchant de plus petits prix.
  • Projets de nouveaux poulaillers en arrêt (augmentation du coût des matériaux de construction, blocage de permis d’environnement, crainte des éleveurs face à l’augmentation du coût de production).
  • Secteur porcin :
  • Augmentation des coûts des aliments se poursuivant ; plus forte encore en Bio. Coût supplémentaire estimé à 30 €/porc.
  • Difficulté de faire accepter l’augmentation des prix à la grande distribution afin de couvrir les charges. Une concertation de la chaîne est souhaitée.
  • Prix du porc standard : augmentation de 5 cents/kg carcasse. Trop peu par rapport aux coûts de production. Besoin de plus 25-30 €/porc au producteur.
  • Prix des porcs en filières à valeur ajoutée : stable mais besoin de plus/augmentation des coûts de production.
  • Offre excédentaire de viande porcine au niveau européen avec des baisses de production : -10% en Allemagne, – 13% en Pologne. Espagne à contre-courant d’une baisse de production.

Pour le secteur bovins viande :

  • Prix en vif : viandeuses et réformes laitières en hausse ; bétail non culard en hausse plus rapide que bétail culard, comme du maigre par rapport au gras ; veaux de lait en hausse mais pas suffisant (70€).
  • Prix carcasse :
    • Stable pour les mâles voire une baisse légère (demande plus calme), marché tendu par contre pour les vaches (demande plus forte notamment à l’export) ; en forte hausse pour les vaches laitières de réforme.
    • Poursuite de l’augmentation du coût de production des transformateurs et grossistes impactant les marges + difficulté de répercuter cette hausse aux clients (certains se détournent vers de la viande mâle ou d’autres classes ou races). Crainte toujours présente que les consommateurs se détournent de la viande bovine trop chère.

Pour le secteur bovins lait :

  • La production laitière en Belgique en 2021 s’élève à 4.183 millions de litres, soit une diminution de -0,5% par rapport à celle de l’année 2020.
  • La production laitière en Wallonie a diminué de 2% en 2021 par rapport à 2020 et s’élève à 1.275 millions de litres.
  • Le prix moyen de lait aux producteurs belges est toujours à la hausse pour atteindre 46,9 €/100L pour le lait conventionnel et 49,96 €/100L pour le lait bio en décembre 2021.
  • Le cours mondial du beurre s’est stabilisé après une légère baisse et ceux des poudres de lait sont à nouveau en hausse : +5,8% pour la poudre de lait entier et +4,3% pour la poudre de lait écrémé sur les 6 dernières semaines.

Pour le secteur des pommes de terre :

  • Marché industriel belge toujours très soutenu : recherche active par les entreprises et offre moindre. Prix en augmentation pour les variétés Fontana/Challenger, Bintje et Innovator.
  • Marchés fermes également aux Pays-Bas, France et Allemagne.

Pour le secteur de l’horticulture comestible :

  • Poires : interdiction prise par la Biélorussie le 22 janvier d’interdire l’importation de poires UE.Impact néanmoins limité pour certains producteurs et négociants néerlandais et belges.
  • Pommes : situation toujours défavorable avec un commerce très calme et des stocks importants en Europe.
  • Maraîchage : période très difficile pour les producteurs avec des quantités vendues en baisse et des prix en moyenne très bas sans d’augmentation substantielle en vue.

Pour le secteur de l’horticulture ornementale : période calme.

Production de plantes annuelles : le contexte actuel d’inflation et d’augmentation des coûts de production a incité les producteurs à se questionner sur le prix de vente 2022 à fixer.  Dans ce cadre, le Centre Pilote pour l’horticulture ornementale (CEHW) et le Collège des Producteurs ont réalisé une étude de l’évolution du prix de revient entre 2019 et 2022 pour objectiver l’augmentation du coût de production des plantes annuelles et permettre aux horticulteurs de se positionner par rapport au prix.

De manière globale, d’après les résultats, les prix de vente devraient augmenter de 10 % et ce afin de pouvoir réaliser une marge visant à la pérennisation de l’entreprise.

Pour les plantes issues de semis, une augmentation de l’ordre de 15% est préférable.

Pour le secteur Bio et les circuits courts :

  • Les acteurs du secteur bio contactés indiquent une activité de vente en produits bios et circuits court variable en février et qui tend à se stabiliser. Certains produits voient leur prix consommateur augmenter de manière significative. Plusieurs acteurs de la production envisagent d’augmenter leurs prix d’ici peu pour répercuter l’augmentation des coûts de production liés à l’augmentation du coût de l’énergie et / ou de l’alimentation des animaux d’élevage.
  • La demande en viande bovine reste soutenue.
    • En céréales, colza, pdt et carottes : pas de demande.
    • En lait, la demande semble reprendre mais le prix reste moyen par rapport au conventionnel.
    • En poulet, la demande reste faible. En poule pondeuse circuit court, la demande est encore présente. Plusieurs acteurs craignent une surproduction de produits bio et s’interrogent sur l’impact des politiques de développement du secteur.

Selon la mercuriale de Biowallonie du mois de février la majorité des prix des céréales restent stables par rapport aux prix de janvier. Toutefois, au niveau des céréales alimentaires, le prix du froment panifiable est légèrement en hausse (+ 14 €/t) alors que le prix de l’épeautre diminue (- 37 €/t)

Synthèse des points d’attention – Janvier 2022

Pour le secteur des grandes cultures : 

  • Les cours du froment et de l’escourgeon ont diminué par rapport à décembre :
    – 7,5 % pour le froment et – 10% pour l’escourgeon. Ils restent très élevés : + 14 %  pour le froment et + 17 % pour l’escourgeon, par rapport à janvier 2021.
    • La cotation de maïs a augmenté de 13 % par rapport à janvier 2021.
    • Le prix des céréales bio et de l’orge de brasserie reste stable.
    • Les cours du colza grimpent : + 3 % par rapport à décembre 2021 et + 78% en un an.
    • La hausse du prix des engrais chimiques se poursuit.

Pour les secteurs avicoles et porcins :

  • Secteur avicole :
    • Main d’œuvre : Taux d’absentéisme très élevé dans les abattoirs et jamais atteint de cette manière depuis le début du Covid.
    • Poulet standard : Forte montée du prix du marché permettant de ramener de la rentabilité dans les fermes, mais impactant les abattoirs qui ont des difficultés à répercuter cette hausse auprès de leurs clients.
    • Œufs : pas d’observation de revalorisation du prix des œufs, comme attendu (voir NT27). Pour les œufs plein air, l’inquiétude est renforcée par le risque de perte du code 1 dès le mois de mars (confinement grippe aviaire) et en conséquence, la baisse des prix par les centres d’emballage.
    • Poulet biologique : augmentation du coût citée de l’ordre de 20% pour une des filières, faisant craindre une diminution d’achat par les ménages déjà observée.
  • Secteur porcin :
    • Beaucoup d’absentéisme également dans les abattoirs et ateliers de découpe.
    • Surproduction mondiale. Trop d’offre en viande et prix bas impactant le prix payé à l’éleveur, alors que le coût des aliments continue à grimper.  Pour pallier à ce problème, une diminution de 10% de la production se met en place en Belgique et Europe.
    • Les porcelets commencent à manquer, mais le contexte du prix du porc bas pour les semaines à venir ne permet pas d’entrevoir une remontée du prix des porcelets.
    • La PPA est arrivée en Italie, ce qui risque de perturber encore plus le marché européen.
    • Certains transformateurs enregistrent une diminution de leur chiffre d’affaire de 40%, suite à la diminution des commandes des restaurants, en raison des conséquences de l’obligation du CST.
  • Pour le secteur bovins viande :
  • Le prix vif des vaches viandeuses et réformes laitières augmente, car il y a moins de disponibilités.
  • Le prix carcasse des mâles de moins bonne conformation augmente depuis le printemps 2021, suite à un effet de rattrapage du prix des BBB en forte augmentation.
  • Le prix vif des veaux a bien augmenté en 2021, à l’inverse des veaux laitiers.
  • Un besoin de revalorisation des prix de la viande pour les transformateurs continue à se faire ressentir.
  • On observe une augmentation des abattages entre nov./déc. 2021 et nov./déc. 2020, surtout via les taurillons conformés.
  • En décembre, les prix de la viande bovine ont augmenté suite à l’augmentation de la demande. Dans les mois qui viennent, ces prix pourraient jouer en sa défaveur, car les consommateurs, dont le pouvoir d’achat diminue, pourraient se tourner vers des viandes moins chères.
  • Une projection européenne sur 10 ans (2021-2031) établit une baisse de 8% de la production et de 7 % de la consommation. Par contre, la viande de laboratoire ne serait pas compétitrice des viandes traditionnelles et les alternatives végétales seraient quant à elles amenées se développer.
  • L’augmentation des coûts de production continuant à augmenter, la rentabilité des engraisseurs se dégrade.

Pour le secteur bovins lait :

  • La production laitière en Belgique en novembre 2021 s’élève à 324 millions de litres, soit une diminution de -2,3% par rapport à celle de novembre 2020.
  • La production laitière en Wallonie est en baisse constante : -7,3% en novembre 2021 par rapport à novembre 2020 (-2,3% pour la Belgique) et -1,7% sur les 11 premiers mois de 2021 par rapport à la même période en 2020.
  • Le prix moyen du lait aux producteurs belges est toujours à la hausse pour atteindre 42,1 €/100L pour le lait conventionnel et 49,4 €/100L pour le lait bio en novembre 2021. Cependant, la Commission européenne prévoit un ralentissement de cette hausse dans les prochains mois lié à la diminution de la demande chinoise et de certains pays dont la demande est fort dépendante du prix.
  • Les cours mondiaux du beurre et des poudres de lait sont à nouveau en hausse : +15% pour le beurre et +7% pour la poudre de lait écrémé sur les 6 dernières semaines (décembre 2021 – janvier 2022).

Pour le secteur des pommes de terre :

  • Prix soutenus des pommes de terre sur le marché à terme, en raison de la forte demande de l’industrie de la transformation et du négoce intermédiaire. Les acheteurs ne semblent cependant pas trouver les volumes souhaités, suite à la demande mondiale soutenue de produits finis et la baisse de production en Europe de l’Ouest. En Belgique, on note une offre réduite pour les marchés industriels et l’export. Les acheteurs proposent aussi des prix plus élevés aux producteurs.

Pour le secteur de l’horticulture comestible :

  • Très bons prix pour les poires mais catastrophiques pour les pommes (les prix belges se positionnent juste devant la Pologne et la Roumanie).

Pour le secteur de l’horticulture ornementale : peu d’évolution par rapport à la précédente note : la période est calme.

  • Bilan de la vente des chrysanthèmes : plutôt bon.
    • Arbres fruitiers : présence de stock restant chez les revendeurs (forte diminution de vente auprès des particuliers par rapport à l’automne 2020 en raison du temps pluvieux).
    • La douceur des températures de fin décembre pourraient amener une ouverture précoce des bourgeons. Les pépiniéristes craignent la survenance de fortes gelées qui pourraient impacter la production.
    • En sapins de Noël : saison commerciale 2021 positive mais le prix est trop bas, dans un contexte de concurrence danoise, d’augmentation du prix des entrants et de difficulté à trouver de la main-d’œuvre saisonnière.

Pour le secteur ovin et caprin :

  • Caprins : Rentabilité des exploitations laitières et caprines à la baisse. Selon l’Institut de l’Elevage (France), le coût de production a augmenté de 4,5%. Pour une juste rémunération des éleveurs, le prix devrait croître de 5,5%.
  • Ovins viandes :
  • Janvier 2022 : disponibilité en viande d’agneau particulièrement manquante, suite à une météo anormalement humide et froide (=frein à la production à contre-saison) et une disponibilité limitée en viande ovine importée (effet Brexit, …).
  • Impact fort de cette disponibilité sur le prix de la viande importée.
  • Nécessité pour les éleveurs ovins wallons d’augmenter le prix de vente, afin de pallier à l’augmentation du prix des aliments durant cette période hivernale. La disponibilité limitée en viande ovine importée et son impact sur le prix de la viande ovine UE pourrait aider le secteur ; les acheteurs (distribution) pourraient en effet privilégier la viande wallonne.

Pour le secteur Bio et les circuits courts :

  • Selon les acteurs du secteur bio contactés, les tendances sont diverses : diminution, maintien ou augmentation des ventes.
  • Impact de l’augmentation du coût de l’énergie limité pour le moment et pas directement répercuté sur les prix de ventes à la production, à la distribution et à la consommation. Les prix augmentent en poulets de chair bio (hausse du coût des aliments). Le coût des engrais et amendements utilisés en bio augmentent aussi mais cela reste gérable. Les marchés des fientes et des fumiers sont tendus.
  • Viande bovine : la demande et le prix semblent se maintenir.
  • Fruits et légumes :
  • Marché européen : prix stables et disponibilité présente, mais qualité un peu moins bonne.
  • Marché ultra-local : disponibilité en légumes semblant beaucoup plus limitée en cette saison.
  • Circuits intermédiaires : quantité et qualité en produits locaux bons et ventes directes vers les GMS soutenues. Recherche des consommateurs vers des fruits et légumes de base moins chers (carottes, pommes, poires), semble-t-il.
  • Selon la mercuriale de Biowallonie du mois de janvier, la majorité des prix se stabilisent par rapport aux prix de décembre. Toutefois, au niveau des céréales alimentaires, on observe une diminution du prix du froment panifiable, En céréales fourragères, on observe une légère augmentation du prix du maïs uniquement (+9 €/t).
  • Poulet de chair : 2022 risque d’être une année difficile (entrée en application du nouveau règlement européen et hausse du coût de l’alimentation). Estimation d’une hausse de +-20% du coût de production qui est en partie répercutée par les distributeurs sur le prix de vente final au consommateur. Constats de diminution de la consommation depuis septembre pour certaines filières (fermetures de poulaillers envisagées sur le moyen terme) alors que d’autres acteurs du secteur évoquent une situation qui tend à se stabiliser au niveau des ventes avec recherche de nouveaux éleveurs.
  • Lait bio : augmentation légère dans certaines laiteries..

Prochaine PAC : les aides PAC sont à prix constant alors que l’inflation est importante ; leur pouvoir d’achat va donc baisser.

Synthèse des points d’attention – Novembre 2021

Globalement, la croissance des prix des aliments pour animaux, engrais, énergie et matériaux se poursuit, entraînant une hausse des coûts de production inquiétante dans certains secteurs, surtout en élevage.

Pour le secteur des grandes cultures : 

  • Les cours du froment et escourgeon continuent à grimper (FEGRA) : +9% en un mois ; +40% sur un an pour le froment et +50% pour l’escourgeon. Orge de brasserie : +6% en 1 mois.
  • La récolte de maïs est terminée avec un prix de +35% en un an.
  • Les cours du colza grimpent également : + 12% en un mois.
  • La flambée des engrais chimiques est toujours d’actualité : > 200%, voire près de 280% pour la solution azotée.

Pour les secteurs avicoles et porcins :

  • Secteur avicole : à côté des difficultés subies depuis plus d’un an par le secteur du poulet standard (mesures de lutte contre le COVID et la grippe aviaire, suivies par la hausse du prix des aliments), d’autres secteurs de la volaille commencent aujourd’hui à souffrir lourdement : œufs conventionnels, œufs biologiques, poulet biologique. En bio, l’impact du nouveau règlement sur l’agriculture biologique renforce également cette augmentation des coûts. Un besoin urgent de revalorisation des prix par les distributeurs et centres d’emballage est exprimé par le secteur.
  • Secteur porcin : la situation reste préoccupante, tant par les prix bas payés aux producteurs (offre excédentaire, contexte global de crise) que par les incertitudes qui pèsent sur les marchés des matières premières des aliments pour animaux. Les prix des porcelets en production standard ont continué à dégringoler et sont au plus bas et stables actuellement, au point que les opérateurs affichent des prix avec bonifications afin de ne pas indiquer des prix négatifs. En productions à valeur ajoutée : prix des aliments : pour le non-OGM : le soja est  à 270 €/t (au lieu de 100 €/t auparavant) – même pour les producteurs qui font eux-mêmes leurs aliments, cela veut dire que le prémix coûtent le double. A noter que l’Allemagne a mis en place une « politique » de protectionnisme afin de favoriser la vente de la viande de porc allemande dans le pays.

Pour le secteur bovins viande :

  • La demande en viande bovine a été plus basse au mois d’octobre.
  • La contraction des marges des acteurs intermédiaires se poursuit, suite à la hausse des prix d’achats sans pouvoir répercuter de la même manière l’augmentation du prix de vente.
  • Compte tenu de la croissance du coût de production et sans un rééquilibrage suffisant du prix de vente, les éleveurs/engraisseurs se détournent actuellement de l’engraissement ; les animaux partant en Flandre pour être engraissés.
  • Nette baisse des abattages en un an, surtout via la baisse des abattages des vaches, en particulier les réformes laitières.
  • La Commission européenne prévoit en 2022 une baisse de la production bovine européenne de 0,9%, concomitamment à la baisse attendue de la consommation.

Pour le secteur bovins lait : la production laitière en Belgique en septembre 2021 a diminué de -2,5 % par rapport à septembre 2020, avec une différence régionale très marquée de 1,5% (-3,7 % en Wallonie et -2,2 % en Flandre). Cette diminution semble due à la faible qualité nutritionnelle des fourrages locaux et au prix élevé des concentrés qui a limité leur achat.

Le prix moyen du lait aux producteurs belges est toujours à la hausse. En septembre 2021, il a été de 37,3 €/100 litres, soit dans la moyenne européenne (37,4 €/100 litres). Cependant, certains producteurs craignent que cette hausse ne soit pas suffisante pour compenser la hausse de prix de l’alimentation animale (+2,3% en octobre) et de l’énergie (+6,7% en octobre selon la Commission européenne).

Les cours mondiaux du beurre et des poudres de lait sont en forte hausse : +22% pour le beurre et +10% pour la poudre de lait écrémé sur les 6 dernières semaines.

Pour le secteur des pommes de terre :

  • Belgique : demande peu active face à une offre également peu dynamique. Prix soutenus et globalement inchangés par rapport à la précédente note.
  • Autres pays (Pays-Bas, France, Allemagne) : demande soutenue.

Pour le secteur de l’horticulture comestible : en poires, les prix et les volumes sont bons, même si la Belgique a les prix les plus bas du marché au niveau de l’Union européenne. En pommes, le prix se maintient.

Pour le secteur de l’horticulture ornementale : peu d’évolution par rapport à la précédente note : la pénurie de plants domine. Bilan de la saison des chrysanthèmes : production wallonne stable, même si le nombre de producteurs diminue au fil des ans. Prix ridiculement bas dans les grandes surfaces.

Pour le secteur Bio et les circuits courts :

Les acteurs du secteur bio contactés ce mois de novembre font état d’une demande variable en bio – circuit court qui revient à des niveaux comparables à l’année 2020.

L’augmentation conjointe et importante ces dernières semaines du prix des matériaux de construction, du fioul et du coût de l’alimentation suscite des craintes et a pour conséquence une demande de revalorisation du prix de l’œuf bio, un réajustement annoncé du prix de vente du poulet bio et des difficultés partagées dans le secteur bovin laitier. L’impact sur le secteur de la viande bovine semble plus limité pour l’instant (auto-suffisance des fermes).

L’intérêt des producteurs et autres acteurs de filière pour les variétés robustes de PDT se confirme, il faut maintenant les faire connaitre du grand public qui reste très attaché aux variétés connues (ex : Charlotte).

Synthèse des points d’attention – 22 octobre 2021

De manière globale : l’augmentation significative des prix des aliments pour animaux et engrais (X3 ans selon les sources), en plus des autres charges comme les carburants, l’électricité, les emballages, …  pèsent lourd sur l’augmentation des coûts de production aux agriculteurs. Lire la suite

Synthèse des points d’attention au 25 septembre 2021

NOUVEAU ! Publication fiche infos clés

L’observatoire des filières agricoles a été lancé dans le second trimestre 2020. Après un peu plus d’une année de travail et l’élaboration d’une vingtaine de notes de l’observatoire, il apparaissait utile de faire un point « rétroviseur » sur quelques éléments majeurs de l’année écoulée.

  • D’abord il y a eu la gestion des urgences,

Face aux mesures imposées par la crise COVID, l’observatoire a permis d’identifier rapidement des difficultés majeures des acteurs des filières et de faciliter la recherche de solution, notamment : la réouverture des pépinières, l’approvisionnement de certaines marchandises (emballages, aliments,…), la gestion de la pêche et la pénurie de main d’œuvre pour la récolte des fruits et légumes.

L’absentéisme et la mise en place de mesures préventives de de protection (équipements de protection individuels (EPI) , gants, masques, gel, séparation…) ont fortement impactés les entreprises de transformation durant les 2 premières vagues du COVID. Les laiteries ont été impactées par l’absentéisme des employés en charge de la récolte du lait et les abattoirs ont connus des taux de contamination plus difficiles à gérer en regard de la proximité entre les employés.

  • Ensuite, divers impacts positifs liés à l’augmentation de la consommation à domicile :

Les mesures imposées par la crise COVID ont aussi générés des impacts positifs pour les producteurs et notamment :

– le boom pour la consommation de produits locaux et pour les circuits courts engendré par le télétravail et le déplacement de la consommation hors domicile vers la cuisine à domicile. Ce phénomène a provoqué un boost de 70 à 80%  de fréquentation lors du premier confinement, notamment vers les produits bio, mais cet engouement est retombé de façon importante : maximum de 10% de clients supplémentaires. La demande sur certains produits locaux a été nettement supérieure à l’offre : farine, œufs, certains légumes. Il semble par contre que la fermeture de l’Horeca ait engendré une diminution estimée à 20 % de la consommation de fromages locaux.

– une évolution des flux matières et de la valeur dans les filières viandes avec une demande plus grande de produits plus « nobles » liées à la plus grande disponibilité à cuisiner à domicile. On a notamment assisté à une augmentation de 14% du prix des taurillons.  

– globalement et tous produits confondus, peu d’effets déstructurants des prix GMS malgré les déséquilibres de flux matière pour certains produits. Si la presse à évoqué une augmentation des prix à la consommation durant cette période, on ne ressent pas une forte variation selon le panel de produits de départ suivi hebdomadairement par l’observatoire.

– grâce au maintien de l’ouverture des points de vente et pépinières, la filière horticulture ornementale a pu bénéficier d’un effet positif du covid. Il semblerait que le belge, vu l’obligation de rester chez soi, s’est recentré sur le jardinage et a bien utilisé l’offre de système dynamique de livraison mis en place durant les périodes de fermeture. Cela à généré des ruptures de stock pour certains arbres fruitiers ou certains plants. Seule la filière du sapin de Noël a connu de fortes frayeurs avec la fermeture du marché français (lock down), marché principal de la Belgique.

  • Des impacts négatifs liés aux diminutions d’exports et aux produits moins consommés

Les perturbations de capacités d’exportation et les évolutions de flux matières liées aux mesures imposées par la crise COVID ont générés des stocks importants non valorisés sur les produits qui sont le plus exportés et ceux qui sont moins consommés.

Cette situation a généré des chutes importantes de prix pour la pomme de terre, le porc et la volaille standards. La situation de ces 2 dernières filières s’est encore aggravée suite à l’influence de la PPA et de la grippe aviaire.  

En début de crise COVID, la volaille standard était à 0,83€/kg pour passer à un prix de 0,60€/kg, au plus bas en semaine 44-45. En porc, on était à 1,38€/kg et on est arrivé à 0,78€/kg en semaine 53.

En lait, on est passé de 35,40€/100 litres en janvier 2020 à un prix de 30,40€ en aout 2020 pour remonter à 34,90€ en mars 2021. L’impact de la crise a été plus marqué sur  la poudre de lait ( de 310,06€ en semaine 1 à  255,57€ en semaine 15).

On estime à 30% le nombre de brasseries ayant dû cesser leurs activités suite à la fermeture de l’horeca. Pour les brasseries toujours ouvertes, les ventes ont été réduites de 60 à 90%. Les brasseurs dont le CA directement en lien avec l’événementiel ont connus le plus de difficulté alors que celles qui sont orientés vers la vente directe, les magasins de proximité, les circuits courts s’en sont mieux sortis.

  • Des secteurs modérément touchés par le COVID

Le prix des céréales est resté globalement très bons pour le producteur (ex : froment 225 €T , escourgeon 221 mais à 249€/T). Par contre de nombreux producteurs avaient déjà vendus une bonne partie de leur stock et n’ont pas profités pleinement de ces bons prix.

Après la forte croissance des marchés céréaliers observée en janvier-février 2021, on constate un essoufflement de la tendance haussière durant le mois de mars. En ce qui concerne les protéagineux (MATIF), le cours du colza était de 523€/T au 24 mars 2021 soit une augmentation de 8% en 1 mois et de 34% en 1 an.

  • Parallèlement, des effets collatéraux impactant 

La sécheresse du printemps 2020 cumulée à l’augmentation de prix sur les marchés mondiaux (céréales, soja,…) ont influencés de manière notable le coût de l’alimentation animale (fourrage et protéines végétales). Le prix des matières première a été un problème majeur, leur disponibilité en a été un autre Cette situation a aggravé la situation en porc et volaille (augmentation de 15 à 20 % du coût de l’alimentation) et à diminué l’intérêt de l’augmentation du prix carcasse en bovins (augmentation de l’index simplifié (index composite) de la viande bovine de +10%).

Le Brexit a généré beaucoup de craintes qui, en définitives, ont moins d’impact que les projections car les règlementations ne sont pas encore d’application. Les craintes concernent notamment le lait, la viande bovine et la volaille. En ovin, la diminution des volumes importés UK à cause de modalités administratives pourrait avoir à terme une répercussion positive.

La demande importante en fruits et légumes pendant le confinement à générer des anticipations de la part de maraîchers qui, avec la réouverture de la circulation des personnes, a engendré une surproduction qui n’a pas su être valorisée. Ces impacts sont difficilement chiffrables. Cette situation a souligné l’importance de la question de structuration, d’organisation logistique pour la filière des fruits et légumes sur le marché du frais.


Synthèse des points d’attention au 06.05.2021

Sur le marché à terme, les prix des céréales restent élevés avec de très fortes variations journalières (220€/T fin avril) ; le prix du blé sur le marché belge reste supérieur à 200 eur (213,5€/T fin avril). Les cours du colza ont flambé ces dernières semaines (allant jusqu’à dépasser 600 €/T) en conséquence d’une diminution importante des surfaces et donc de la production en Europe suite à plusieurs années consécutives de mauvais rendements (sécheresses et ravageurs).

En grandes cultures bio, les prix du froment panifiable, des céréales fourragères et des légumineuses restent stables à un prix tout juste rémunérateur et l’épeautre diminue (-47€/t), tout comme le maïs fourrager (-9 à -12€/t).

Une grande inquiétude des secteurs avicoles et porcins continue à se manifester en regard de la flambée du coût des matières premières (céréales et protéines) ; cette inquiétude est également partagée par les filières en modèles alternatifs (bio, cahiers des charges,….).

En volaille standard, les prix du marché ont ensuite augmenté dès la semaine 46 ; cependant, ils n’ont pas permis de compenser les surcoûts liés l’augmentation du prix des aliments (+- 20 % entre avril 2021 et avril 2020) et la baisse des mises en place de 20% liée à la suroffre et aux mesures liées à la grippe aviaire. La hausse des prix des dernières semaines semble avoir été décidée afin de monter les prix artificiellement, face à la situation catastrophique des éleveurs alors que le marché ne tire pas forcément la demande. Malgré cela, le différentiel pour les éleveurs reste de 7 à 8 cents/kg. La pression sur les éleveurs en matière de prix des oeufs bio et plein air est importante dans le cadre des négociations contractuelles.

Ces dernières semaines, plusieurs abattoirs de volaille belges ont rencontré de sérieux problèmes de production suite à un nombre important de cas de COVID et/ou de quarantaines préventives. La levée du confinement grippe aviaire est attendue impatiemment par les producteurs d’oeufs plein air.

En Belgique, les ventes de porcs sont en berne depuis 2 semaines (fermeture de l’Horeca et temps froid retardant la saison « barbecue »). L’export ne peut se faire que sous pression des prix vu la baisse de prix en Allemagne (-9 cents). En mode de production alternative, cela oblige toujours à valoriser une partie des pièces de la carcasse à l’export avec un prix insuffisant. Le prix du porc standard est à nouveau redescendu à 1,00 €/kg en vif BPG (-9 cents) ; le prix du porc en modes alternatifs reste stable. De manière générale, il y a trop d’offre de porcs et donc des retards de chargement d’ 1 à 2 semaines. La pression PPA se poursuit à nos frontières puisque plus de 1.000 cas sont confirmés chez des sangliers (Brandebourg et Saxe) 7 mois après l’apparition du premier foyer.

Le beau temps est attendu pour tirer à la hausse la demande en viande de porc et bovine (barbecues). L’impact de la réouverte de l’horeca sur la demande sera à suivre dans les semaines à venir en termes de flux et d’équilibres matière.

Le cheptel de vaches allaitantes belges a diminué de 5 % en Belgique entre 2019 (401 000 VA) et 2020 (381 000 VA). L’augmentation d’abattages de taureaux de mars se confirme sur avril. La vente directe et le circuit-court continue de bien fonctionner et la consommation de la viande de veaux est fortement impactée par la fermeture de la restauration hors domicile, partout en Europe. Les prix des animaux vifs ont augmenté ces dernières semaines en maigre et en gras ; le prix carcasse des taurillons culards a continué à augmenter légèrement autour de 5,40 € kg carcasse (AS2). Vu l’augmentation du prix des aliments, de la paille et de l’achat des animaux maigres, les marges des engraisseurs se réduisent fortement ; la hausse du coût de production des éleveurs (+10%) vient effacer l’augmentation de la marge perçue par les éleveurs grâce à la hausse des prix des animaux observée ces derniers mois.

Le cumul des livraisons de lait du premier trimestre 2021 est inférieur de -0,3% par rapport à 2020 qui peut s’expliquer par les difficultés liées à l’alimentation des vaches. Le Prix moyen du lait aux producteurs en Belgique s’élève à 34,9 €/100 litres en mars 2021 (+4% par rapport à février et +6% par rapport à mars 2020). Le Prix moyen de lait bio en Belgique s’élève à 46,2 €/100 litres. Le prix officiel des veaux laitiers est repassé au-dessus de la barre des 50 euros.

La pousse de l’herbe a été ralentie par le temps sec et froid du mois d’avril et préoccupe les éleveurs bovins. Le manque de fourrage est toujours présent et le foin très cher, ce qui peut générer des problèmes de liquidités pour certains producteurs bio qui, malgré la mise à l’herbe printanière, redoutent une nouvelle sècheresse.

Les stocks de pommes de terre libres de contrat sont généralement faibles. Les stocks restent toutefois relativement importants en pomme de terre bio ( autour de 1.000 t) ; il ne reste que quelques semaines pour écouler les stocks. Les plantations sont bien avancées.

Les volume de vente de pommes et de poires sont peu soutenu et le marché de la consommation est peu porteur. Le temps froid du mois d’avril n’a pas impacté directement les cultures fruitières et ornementales mais génère des retards dans la saison.

Le pic des naissances des caprins se situant fin février – début mars, la période actuelle correspond au pic de lactation et aux volumes maximaux de lait et à un pic de production fromagère, une part conséquente du volume étant transformée en fromages frais.

La période pascale est traditionnellement la période à la plus forte demande (consommation saisonnière) de la viande d’agneau. La demande (de pâque à juin) est supérieure de 25 à 50 % par rapport au second semestre. Les flux étaient davantage tendus lors de Pâques 2021 que lors des périodes pascales précédentes suite à une demande nettement plus forte que les années précédentes (la différence de prix entre l’importé « de qualité / EU/ UK » et le local s’amenuise suite au BREXIT) et les volumes de viande ovine locale disponible dans les filières locales sont en constante augmentation.

En ce mois d’avril, les prix GMS évoluent à la hausse de +0.65%. Parmi les produits qui tirent cette moyenne vers le haut, on peut retrouver, la viande de porc, de boeuf, la volaille, le beurre et les fruits.


Observations au 31.03.2021

Brexit : Décision du Royaume Uni de ne pas imposer de contrôle sanitaire sur les produits alimentaires avant cet automne (octobre). C’était en effet une crainte des filières exportatrices de devoir supporter des démarches administratives et des coûts supplémentaire suite à l’instauration de nouveaux contrôles à la frontière.

Aliments : Dans le secteur porcin, l’augmentation de prix des céréales engendre un surcoût de près de 10€/t. Cette augmentation se traduit par un coût de production supplémentaire de 1 centime par poulet où l’on est déjà 7 à 8 centimes en-dessous du seuil de rentabilité. En ce qui concerne le secteur bovin laitier, le prix des fourrages et des aliments pour bétail reste élevé mais s’est stabilisé. Le prix du foin semble toutefois continuer sa hausse suite à une pénurie liée à la mauvaise récolte de cet été. En bovins viandeux, la hausse du coût de production (alimentation) des éleveurs vient effacer l’augmentation de la marge perçue par les éleveurs liée à la hausse des prix des animaux observée ces derniers mois.

Grandes cultures : Après la forte croissance des marchés céréaliers observée en janvier-février, on constate un essoufflement de la tendance haussière durant le mois de mars. (FEGRA) On remarque une baisse des marchés également sur le MATIF avec néanmoins un moindre impact pour le maïs. En ce qui concerne les protéagineux (MATIF), le cours du colza était de 523€/T au 24 mars 2021 soit une augmentation de 8% en 1 mois et de 34% en 1 an.

Secteur avicole : Le segment du poulet standard reste sous le seuil de rentabilité depuis de nombreux mois et reste en demande de soutiens liés aux conséquences des mesures COVID. Une inquiétude est relayée concernant les difficultés croissantes observées dans le cadre de l’obtention des permis pour les nouvelles installations, même pour de plus petites unités, Bio ou autres. Cette situation interpelle quant à la capacité de progression prévue par le plan de développement de la filière (40 nouveaux poulaillers par an, dont 90% en productions alternatives).

Secteur porcin: Un point d’attention est mis sur les difficultés de négociations avec la grande distribution dans in contexte de crise aigüe. Les entreprises de transformations sont par ailleurs soumises à des règles qui apparaissent trop strictes et peu en lien avec les réalités.

Secteur bovin : Baisse des abattages en janvier et février pour toutes les classes d’animaux. En vif, les acteurs parlent d’une tendance haussière qui devrait continuer dans les semaines à venir. Les prix carcasses sont en hausse sauf pour les veaux.

Secteur laitier : Perte du chiffre d’affaire de l’industrie laitière belge en 2020 estimée à 10 à 25% selon les laiteries. En effet si la consommation de lait à domicile a augmenté d’environ 10% et celle de fromages d’environ 20%, la perte des marchés liés à l’HORECA et le ralentissement des exportations ont finalement entraîné une perte de chiffre d’affaires annuel.

Pommes de terre : Marchés calmes, avec peu d’offre et surtout (très) peu d’acheteurs, que ce soit pour l’industrie ou pour l’export. Des stocks en bio risquent de ne pas pouvoir être commercialisés avant  l’arrivée des produits de la nouvelle saison.

Horticulture ornementale : Avec l’annonce du 3ème confinement pour le samedi 27 mars, les acteurs de la filière horticole ornementale sont soulagés d’être repris dans la liste des magasins essentiels. En ce début de printemps et de période la plus importante de l’année en termes de ventes, ils pourront ouvrir normalement. On observe une ruée des clients vers les jardineries et pépinières.

Secteur Bio et circuits courts : Au niveau de la commercialisation bio en circuit court et dans les magasins spécialisés la demande reste globalement soutenue et en augmentation.

Les filières de production en légumes plein champ, porc et œufs sont proches de la saturation et une participation active et cohérente des GMS dans le développement du bio manque actuellement, ces structures préférant jouer le jeu du marché et mettre la pression sur les prix et les producteurs locaux en les mettant en concurrence avec de grosses structures à l’échelle européenne.

Il y a un gros problème pour certains acteurs concernant la commercialisation des PDT  bios : il n’y a actuellement plus de demande de la part des emballeurs qui livrent les GMS alors que les stocks sont encore importants.

Grandes surfaces : En ce mois de mars, les prix GMS évoluent à la hausse de +0.64%. Parmi les produits qui tirent cette moyenne vers le haut, on peut retrouver, la viande de porc (+2.73%), les fruits (+10.61%), la viande de bœuf (+1.17%). A contrario, on remarque des baisses de prix en volaille (-1.21%), en beurre (-3.09%) en œufs (-0.96%) et truites (-4.41%).

Observations au 28.02.2021

  • Céréales, protéagineux et alimentation animale : le cours des céréales est reparti à la hausse en février avec une hausse de +1.2% pour le blé, +5% pour le maïs (FEGRA). En ce qui concerne le marché à terme le cours blé et le maïs a progressé de 10% en un mois.  Le colza a atteint son sommet depuis plus de 5 ans à 485 €/t (24 €/t en deux jours).
    Toutes ces augmentations de cours ont une répercussion directe pour l’alimentation des différents secteurs animaux et notamment :
    • Bovins : l’indice composite en viande bovine est 10% plus élevé en décembre 2020 qu’en mars 2020. Cette augmentation des coûts annule l’augmentation de marge/prix du marché. De manière générale en bovins, lles prix de la paille et du foin ont en moyenne doublé en plus des cours hauts des aliments.
    • Monogastriques : hausses du prix des aliments de 6 à 60 eur/t selon les modes de production
    • Elevages bio : les augmentations impactent tout aussi bien le conventionnel que le bio.
  • Brexit, Les autorités du Royaume-Uni ont publié différents modèles de certificats sur leur site internet (voir https://www.gov.uk/environment/producing-distributing-food-import-export).
    • Ces certificats entreront en vigueur au 1er avril 2021. Les opérateurs sont invités à prendre connaissance des exigences britanniques qui s’appliqueront alors aux produits qu’ils exportent / souhaitent exporter. Les produits d’origine animale destinés à la consommation humaine ne doivent pour le moment pas être accompagnés d’un certificat sanitaire lors de leur exportation vers le Royaume Uni.
    • La certification des produits ultra-frais tels que les fruits ou légumes générera la mise en place d’une procédure contraignante en termes d’organisation de travail qui pourraient impacter les producteurs.
    • Toutes les exportations vers le Royaume-Unis devront-être certifiées par l’ASFCA. Il existe des incertitudes des abattoirs en la matière (tous secteurs viandes).
  • Malgré une remontée des prix, les secteurs avicoles et porcins restent sous pression suite à l’augmentation du prix des poussins et des aliments. Les soutiens sollicités par les éleveurs en production standard dans le cadre des conséquences liées au mesures COVID restent donc nécessaires.
  • En aviculture, le jeu des acteurs (certains distributeurs et centres d’emballage) génère des inquiétudes des producteurs d’œufs plein air (impactés par le confinement grippe aviaire à partir du 21 février) et ce malgré les initiatives de communication initiées par les producteurs.
  • En porcs standards, le prix BPG évolue favorablement. En production à valeur ajouté les prix sont stables et le prix du porcelet augmente également avec un prix actuel de 23 €/porcelet (Danis). Au niveau de l’export, la chine fait toujours la sourde oreille, il faut donc profiter du retour de fluidité des marchés, lié aux exportations des autres pays EU vers l’Asie.
  • Dans le secteur bovin, les abattages de toutes les classes d’animaux ont été moindre en janvier et février comparativement à décembre. L’abondance d’une offre de bétail non/peu conformé suite à la fermeture de l’horeca pourrait influencer les prix à la baisse dans les semaines à venir. Le total des bovins abattus en 2020 est de 780.000 ce qui représente une baisse de 7% par rapport à 2019.
  • Le secteur laitier, le prix moyen du lait reste stable. Cependant, il y a une différence de prix notables entre les laiteries contrairement à ce qui est habituel. Le prix moyen du lait en décembre 2020 était de 34,1 €/100 litres. La mise en place d’un mécanisme de régulation de la production est toujours une priorité pour le secteur. Les marchés du beurre, de la poudre de lait entier et écrémé sont repartis à la hausse.
  • En pommes de terre industrielle, L’offre est toujours (très) faibles, de sorte que les marchés restent orientés à la hausse 7.5 €/q (Bintje, Fontane, Challenger)
  • Dans le secteur fruits et légumes, les pommes se négocient à un meilleur prix que les poires (il ne reste que des conférences).
  • En horticulture ornementale, après un arrêt suite à la période de froid et de gel de début février, le temps exceptionnellement doux qui s’est installé depuis la mi-février a fait augmenter de manière significative la fréquentation des points de ventes des horticulteurs et des pépinières. Mais cela se traduit aussi par des pénuries dans certains types de plantes où la demande est très forte. Il faut aussi pouvoir expliquer qu’il est parfois trop tôt et que le risque de gel est encore présent. Les producteurs se réjouissent de cette augmentation accentuée par le confinement et l’interdiction actuelle de voyager. Ils espèrent que cela laisse augurer pour un bon printemps.
  • Pour le secteur bio, on retrouve les mêmes préoccupations pour les aliments c’est-à-dire, augmentation du prix du fourrage, céréales et oléagineux.
    • Le prix des carottes et pommes de terre bio remonte bien. En ce qui concerne les oignons, un calibre plus gros est recherché et il y a donc peu de débouchés.
    • Le secteur de la viande bovine bio est saturé. La réouverture de plusieurs secteurs serait une opportunité.
    • Il n’y a plus de porcelet bio !
    • En volaille, le prix des aliments explose, dû à une augmentation des prix des protéines sur les marchés. Il y des craintes du secteur sur les augmentations de coûts à prévoir dus à l’arrivée probable d’une source alternative de vitamine B2 plus cher, à la diminution de la densité de poulets au m2 envisagée dans la nouvelle réglementation bio et aux nouvelles règles de dérogation pour l’utilisation d’aliments non-bio dans cette filière.
  • En ce mois de février, les prix GMS évoluent à la hausse de +0.68%. Parmi les produits qui tirent cette moyenne vers le haut, on peut retrouver, la viande de bœuf (+0.65%), les œufs (+2.23%), la farine (+0.95%) et les truites (+2.80%).

Observations au 28.01.2021

Aliments animaux

L’évolution du cours des céréales s’est envolé durant le mois de janvier avec un hausse de +12% pour le blé et l’escourgeon et +10% pour le maïs. Le maïs a vu son cours évoluer +25% en un an soit +40€. L’évolution de ces marchés à une répercussion importante pour les autres secteurs. Au niveau du secteur avicole le coût des aliments connait une forte hausse de l’ordre de +10 à +15% sur les trois derniers mois. Les couvoirs parlent de répercuter les coûts des aliments sur le prix de vente des poussins. Dans la filière bio, il en est de même avec des prix en hausse de +10% et une incertitude sur les disponibilités de soja. Si l’on regarde la filière sous cahier des charges qualité, l’aliment composé est passé de 370€/t à 460€/t soit +20%. Idem dans la filière porcine. La vision optimiste serait que le coût des aliment reste au niveau actuel qui est déjà très haut. Or, le prix des différentes matières et les disponibilités ne sont pas rassurantes (soja, céréales, maïs) Le secteur bovin subit aussi de plein fouet ces augmentations de prix. Les fourrages et pailles augmentent suite à l’augmentation des matières premières (céréales, protéagineux) ainsi qu’à la rareté liée à la sécheresse 2020.

Brexit

Les opérateurs de la filière avicole restent prudents sur l’avenir en raison des nouvelles procédures et documents administratifs à mettre en oeuvre, ainsi que par l’organisation logistique à revoir. Hormis les contraintes sanitaires et les formalités douanières, la filière bovine est soulagée car il n’y a pas de droits de douane, ni de contingent sur la viande. Dans le cas contraire, les flux en provenance de l’Irlande auraient pu être réorientés.
L‘industrie laitière va être confrontée à des procédures administratives et logistiques plus lourdes lorsqu’elle exportera au Royaume-Uni. Heureusement, l’accord obtenu évite aux industries laitières de payer jusqu’à 70 % de prélèvement. Le Royaume-Uni est la 4ème destination des produits laitiers belge avec un montant d’exportations qui s’élève à 300 millions d’euros par an. En horticulture ornementale, on a observé que des grossistes anglais ont acheté de grosses quantités d’arbres en novembre 2020. Des arbres prêts à être plantés mais aussi des plus petits sujets qui seront recultivés en Angleterre pour être vendu à l’automne 2021. C’était une manière de se prémunir des effets incertains du Brexit. Le résultat, c’est qu’il n’y a plus de stocks en Europe et que l’on risque d’avoir des pénuries d’arbres à l’automne 2021.

Observations par secteurs

  • Le prix du poulet standard remonte aussi bien sur ABC que Deinze. Il faut cependant être vigilant car le coût des aliments et le poids des poulets produits (-20%) ont raison des effets de l’augmentation de prix sur les marchés. Il faut ajouter l’impact négatif sur les flux à l’exportation du au couvre-feu en France, au Brexit et à la Pologne très active sur le marché intérieur européen. Les éleveurs de poules pondeuses plein air sont inquiets par rapport à l’apposition du code 1sur leurs boites (qui ne sera plus possible mi-février en raison du confinement« grippe aviaire »). Ils plaident pour pouvoir utiliser une pastille « Pour éviter d’attraper la grippe, je ponds à l’abri ».
  • En porcs standards, le retard d’abattage se résorbe. Le prix du porc standard reste toujours bas (0.78€/kg vif) tandis que le prix du porcelet tend à augmenter suite à une diminution de production fin 2020. En productions à valeur ajoutée, il y a des reports, c’est un problème temporaire car l’offre est bonne.
  • Dans le secteur bovin, les abattages ont été importants ces dernières semaines. Au niveau des opérateurs, il y avait une attente de demande plus importante vu la situation de confinement néanmoins, la demande a été moindre que prévu avec des chiffres comparables aux années antérieures. Du coup, janvier a été plus calme puisqu’il y avait du stock.Il est à noter que le flux d’abattage 2020 est de 15% plus faible qu’en 2019 pour les veaux. L’UE estime que la production de viande bovine va diminuer de -8.3% d’ici à 2030. Les prix maigres et gras en vif sont stables. En prix carcasse, le prix taurillons culard est stable, légère hausse pour les vaches allaitantes conformées ainsi que pour les laitière de réforme (+7 cents). Le prix des veaux est 5.70€/kg carcasse.
  • Le secteur laitier : la production laitière continue d’augmenter avec +/- 3.8% par rapport à 2019. Les produits transformés subissent toujours les effets du confinement partiel de la population. Les industries laitières auraient une perte annuelle des ventes pouvant aller de +10% à +25%. (Fermeture HoReCa, cantines -national et européen-) Les prix mensuels du lait 2020 sont en moyenne inférieurs de -6.4% par rapport à la même période 2019. Plusieurs éleveurs mentionnent que les veaux laitiers ne sont plus ramassés vu la fermeture de l’HoReCa et la faible consommation de cette viande.
  • En pommes de terre industrielle, la tendance des marchés est stable. Le marché du libre a toujours un niveau de prix bas de l’ordre de 50€/t. Le commerce semble reprendre depuis début janvier. Suite à l’interdiction de recourir au chlorprophame (CIPC), les producteurs craignent une forte augmentation des coûts de stockage. En effet, le coût du traitement antigerminatif risque bel et bien d’être multiplié par un facteur 3 ou 4 (voir plus, en fonction des conditions). L’interdiction d’utilisation du CIPC est un réel problème pour les plus petits producteurs qui n’ont pas de hangar frigo et/ou étanche.
  • En horticulture ornementale, les producteurs se posent des questions pour la saison 2021. Va-t-il y avoir encore une demande comme on a connu au printemps 2020 ? Si oui, des pénuries sont possibles. Va-t-on au contraire ‘payer’ les bonnes ventes de 2020 ? Il n’y a plus de place dans les jardins pour de nouvelles plantations et il sera difficile d’écouler les stocks. Le confinement va-t-il se prolonger jusqu’au beaux jours ? Si oui, les gens vont vouloir s’occuper en jardinant et la demande en plantes va encore être forte. La saison de vente des sapins de Noël a été bonne avec une augmentation des ventes de l’ordre de 50% dans les jardineries wallonnes. L’annulation de commande de chez Ikea en est certainement pour quelque chose. Au niveau de l’export, il semblerait que la saison ne soit pas aussi bonne qu’en Belgique. Il a été difficile de trouver de la main d’oeuvre.
  • Les ventes en magasins bio et sur les marchés restent meilleures que l’année passée à la même période. Une tendance à l’augmentation des achats de produits frais (fruitslégumes- viandes) est signalée. Les farines sortent toujours bien, la vente des pains diminue un peu. Il y a une tendance à la hausse pour les achats en vrac. Demande en hausse sur le marché du lait bio. La demande en viande bovine est plus faible qu’escomptée : des éleveurs ont engraissé leurs bêtes et ne peuvent les valoriser dans le circuit bio. Les contrats pour l’épeautre sont en hausse alors que ceux pour l’avoine diminuent.
  • Période plus calme pour les producteurs de circuit courts. L’approvisionnement pour le frai se fait auprès de structures qui ont des frigos pour la conservation.
  • En ce mois de janvier, les prix GMS évoluent à la hausse de +0.30%. Parmi les produits qui tirent cette moyenne vers le haut, on peut retrouver, la viande de porc (+1.90%), la truite (+2.37%), la farine (+3.81%) et la bière (+1.72%)

Observations au 03.12.2020

CONSTATS GÉNÉRAUX :

  1. Il existe toujours des tensions au niveau personnel dans différents secteurs. Les malades et les quarantaines obligatoires impactent de façon variables les différents secteurs sans toutefois à l’heure actuelle poser de problème majeur. A noter qu’en ferme, l’augmentation des contaminations COVID de producteurs est plus importante qu’au printemps.
  2. La situation de la volaille standard s’aggrave encore. En sus de la diminution continue des prix (60 cents/kg poids vif) liés notamment à des stocks importants, l’apparition de la grippe aviaire dans une exploitation en Flandre fait perdre à la Belgique son statut ‘indemne’ avec comme répercussion, un possible embargo, des pratiques de « désserage » suspendues. Une diminution des mises en place de poussins devient une nécessité absolue. Par ailleurs, les difficultés financières des couvoirs (majoritairement situés en Flandre) sont potentiellement impactantes pour les élevages wallons.
  3. Les production de poules pondeuses de plein air sont impactés par les mesures de confinement liées à la grippe aviaire. Il faudrait aussi pouvoir maintenir le code 1 sur les boites d’œufs provenant de ces élevages afin de ne pas engendrer un déclassement de la valeur.
  4. La situation du secteur porcin continue également à s’aggraver avec des situations de prix producteurs qui n’ont jamais été rencontrées par les acteurs. Les naisseurs et naisseurs/engraisseurs sont encore plus impactés.
  5. Dans le secteur bovin, la fermeture de l’HoReCa impacte les bouchers fournisseurs des restaurants. Les règles annoncées pour les fêtes (bulle d’1 personne max) vont peut être avoir un impact sur les commandes des bouchers et traiteurs ainsi que pour certains produits festifs très difficiles à écouler pour de petites tablées. Au niveau des opérateurs de vente directe, le boost de commandes connu lors du premier confinement n’a pas eu lieu lors de ce second confinement ; on remarque toutefois une augmentation vers la distribution de l’ordre de 5 à 15% en volume. Les opérateurs veulent rester optimistes et pensent que les fêtes devraient engendrer une augmentation de la demande en viande bovine.
  6. Le secteur laitier ne connait pas non plus actuellement d’engouement spécifique au niveau achat. La production laitière belge continue elle d’augmenter de manière beaucoup plus importante que dans le reste de l’UE alors que la demande a fortement ralenti. Cette situation préoccupe l’industrie laitière belge qui craint de ne plus être à même d’absorber cette augmentation de la production. Certains acteurs craignent que la situation n’engendre de nouvelles baisses du prix du lait en 2021. Le prix du lait est toujours bas (32.6€/100l) avec des coûts de productions qui vont encore augmenter avec l’achat de fourrage pour l’hiver (réserve déjà bien entamée dû à la sécheresse).
  7. L’arrachage des pommes de terre est terminé. La conservation des lots pose maintenant quelques interrogations : la suppression de l’antigerminatif (CIPC) demande de nouvelles pratiques et des acteurs font part de certains lots qui germent et qui ne seront plus propice à la consommation ; d’autres acteurs font part de l’apparition d’un nouveau virus : Yntn qui crée une nécrose annulaire superficielle du tubercule.
    Sur le marché du frais, les lots de pommes de terre de qualité telle que Nicola ou Charlotte s’écoulent entre 25 et 35€/q. Les chairs tendres quant à elles se vendent entre 10 et 15€/q en fonction de la qualité. Pour ce qui est du marché industriel, seuls les contrats sont honorés ; l’industrie fonctionne à 75-85% de sa capacité et une série d’usines belges sera fermée du 18 décembre au 4 janvier (du jamais vu).
  8. En horticulture ornementale, l’effet du deuxième confinement n’a pas eu trop d’impact sur le secteur. On a même observé une augmentation de fréquentation des magasins horticoles début novembre. La demande est forte en pépinière avec une demande accrue en arbres fruitiers et plants pour les haies. Ceci occasionne même une pénurie chez les producteurs.
    Le secteur du sapin de Noël a lui connu une période très compliquée durant ce deuxième confinement. Les exports belges sont majoritairement vers la France qui était également confinée. Le décret du 19/11/20 permet à nouveau la commercialisation des sapins en France. Tout le secteur a dû se réorganiser y compris au niveau de la main d’œuvre. Le marché belge ne semble pas trop affecté mais les circuits de distributions habituels ont été modifiés.
  9. Au niveau des circuits courts, certains producteurs en légumes plein champ en moyenne surface expriment des craintes quant à la compétition et à la saturation du marché intérieur belge : ils ne peuvent plus s’aligner sur les prix.
  10. Au niveau du suivi des prix GMS : « Le coronavirus fait grimper en flèche les prix à la consommation » Retail Detail 19-11-20

Deux économistes de la Banque nationale de Belgique, ont étudié l’impact de la crise du coronavirus sur les prix à la consommation. Elles ont ainsi constaté une forte augmentation des prix au printemps, en particulier pour les aliments frais. L’interdiction des promotions par les gouvernements en mars pour éviter la thésaurisation, et les difficultés d’approvisionnement dues aux restrictions de voyage, ont été à l’origine des hausses de prix. En septembre, les fruits, les légumes, la viande et le poisson étaient en moyenne 7,2% plus chers qu’un an plus tôt. Le prix des aliments transformés a augmenté de 2,1%.

L’indice officiel des prix à la consommation estime l’inflation à 0,5% pour la période de février à juillet. Cependant, selon les responsables de l’enquête, l’inflation réelle est plus élevée, atteignant 0,7%.

  • Selon l’enquête de conjoncture (enquête Fevia en ligne du 26/10 au 05/11/2020) sur l’impact économique de la crise COVID-19 la Fevia a pu mettre en évidence :
    • Aujourd’hui :
      • 3 entreprise sur 4 ont une activité économique inférieure à ‘ la normale ‘. L’impact (pondéré) est estimé à -8.8% en moyenne et un quart des entreprises a un problème de liquidité.
  • Sur l’année :
    • 80%des entreprises prévoient un chiffre d’affaire annuel inférieur à ‘la normale’. La baisse serait de 7% en moyenne (pondéré).
      • Baisse des ventes dans l’HoReCa -32%
      • Baisse des ventes « foodservice » -15%
      • Faiblesse des exportations -23%
    • Demain :
      • 2 entreprises sur trois s’attendent à ce que l’activité économique soit toujours en berne dans les 6 prochains mois. Le CA du secteur serait inférieur de 5.7% par rapport à une période normale

Observations au 30.10.2020

CONSTATS GÉNÉRAUX :

  • Des nouvelles mesures de biosécurité sont mises en place au sein des outils de transformation afin de réduire au maximum l’absentéisme. Dans les outils d’abattage, on cite actuellement une quarantaine chez +/- 10% du personnel. Pas encore d’arrêt de l’outil. Au niveau laitier, le nombre de chauffeurs contaminés augmente. De même que chez les producteurs laitiers.
  • La situation de la volaille standard s’aggrave avec des prix producteurs qui atteignent 0,60 €/kg (30 cents en moins que les coûts de production min). Cette situation est notamment liée au fait que les stocks congelés du confinement de printemps n’ont pas pu être écoulés cet été comme prévu. Les coûts de production ne sont plus couverts ; des arrêts/limitation de mise en place sont envisagées. L’apparition de cas d’influenza risque aussi de limiter les exportations. En ce qui concerne le poulet bio, les ventes fluctuent d’une semaine à l’autre sans raison identifiée.
  • Au niveau du secteur porcin, on note tout de même une reprise de la demande de colis (30 à 40% de plus par rapport au mois précédent). Le prix du porc standard est de 0.92 €/kg poids vif. Il était encore de 1.01 €/kg en semaine 36 (début septembre) soit une baisse de 8.9%. Cette chute est notamment liée à la situation en Allemagne (PPA) qui génère un surplus de porcs vifs dû au manque de débouchés extra-communautaires. Le prix dans la filière à valeur ajoutée est encore stable mais pourrait souffrir de la pression de prix en qualité standard. On observe aussi un retard d’enlèvement qui pourrait avoir des répercussions chez les producteurs
  • L’abattage de bovins en septembre et octobre étaient importants. La fermeture de l’HoReCa devrait avoir un impact sur les abattages. Les prix se sont maintenus jusqu’au mois d’octobre. Depuis, on constate une baisse de 0.02 à 0.05 €/kg. Au niveau de la baisse des prix des vaches de réformes, cela pourrait s’expliquer par le rebond de l’épidémie (fermeture HoReCa). Au niveau des prix carcasses, on observe de légères augmentations sauf pour les vaches laitières de réforme.
  • La production laitière wallonne est de 2.1% plus importante que celle de septembre 2019. Sur les neufs premiers mois de l’année, la production 2020 a augmenté de 3.4% par rapport à la période identique 2019. La croissance de la production laitière belge continue d’augmenter de manière beaucoup plus importante que dans le reste de l’UE (4 à 5 % par an depuis fin des quotas). Cette situation préoccupe l’industrie laitière belge qui craint de ne plus être à même d’absorber cette augmentation. Les prix sont relativement stables mais de 5 à 6% sous les prix 2019. De plus les coûts vont encore augmenter suite au fourrage nécessaire pour alimenter les vaches (sécheresse, peu de fourrage).
  • Les marchés céréaliers et oléagineux sont en pleine ascension, dépassant les niveaux records atteints en août 2018
  • L’arrachage des pommes de terre prend du retard suite aux conditions météos. A l’heure actuelle, on estime entre 60 et 70% la superficie arrachée. Les mesures anti Covid augmentent les incertitudes quant à l’évolution des débouchés à court et moyen terme. La demande globale reste quasi inactive.
  • En horticulture ornementale, le secteur plaide pour pouvoir rester ouvert et éviter une deuxième fermeture au moment des plantations d’hivers et des fêtes de fin d’année. Les mesures COVID en France génèrent des annulations de commandes de sapins de Noël (la France constitue > 50 % du chiffres d’affaire des producteurs wallons).
  • Au niveau des circuits courts, il est encore trop tôt pour évaluer des tendances valables suite aux nouvelles mesures néanmoins, l’augmentation des commandes semble se confirmer (aux alentours de 10 à 15%). Pour l’instant pas de problème d’approvisionnement sur les produits. On est dans une phase d’observation. Tout sera fonction de l’évolution des mesures prises et du comportement des consommateurs.
  • Au niveau du suivi des prix GMS hors promotion, le mois d’octobre est resté assez calme avec une fluctuation de -0.04% en moyenne sur le mois. Les grandes variations se font toujours aux niveaux de fruits & légumes ainsi qu’au niveau de la viande.

Observations au 06.08.2020

CONSTATS GÉNÉRAUX :

  • La deuxième vague du covid-19 engendre de nouvelles absences concernant la main-d’œuvre
  • La fermeture de l’abattoir allemand de tönie a un impact sur les prix
  • Pas de demande en pomme de terre hâtives
  • Inquiétude par rapport à la mise en application du nouveau règlement bio en couvoir

Observations au 03.07.2020

Synthèse des points d’attention majeurs du 05.06 au 03.07

  • La reprise dans l’HoReCa se fait sentir de façon différente selon les secteurs. On constate un glissement des GMS vers l’HoReCa pour le beurre alors que les morceaux nobles en viande bovine sont prisés pour la restauration. Au niveau caprin, la réouverture de la restauration permet un meilleur écoulement de la marchandise sans toutefois être revenu à la normale (une baisse des demandes de 5% reste d’actualité). Si l’on regarde au niveau des charcuteries et salaisons (porc), l’HoReCa génère actuellement 50% du chiffre d’affaire antérieur à la crise.
  • En porc, pour les outils d’abattage qui exportent, la situation est 20% inférieure à la normale en volume. A noter des pertes 10 fois plus importante qu’à la normale pour les invendus en charcuteries et salaison (DLC de 90 jours dépassée). Le cours du porcs standard a baissé de 4 centimes (1.11 €/kg de poids vif  soit -3.47% par rapport à la semaine précédente).
  • Pour le secteur bovin, les volumes abattus sont toujours supérieurs à la période pré-COVID19 (+10% à +15% par rapport à la semaine 10 du 6 mars 2020). La Commission européenne prévoit une baisse de production de viande bovine en Belgique de l’ordre de 4.2% en 2020. Les prix du vif sur les trois dernières semaines restent stables aussi bien en maigre qu’en gras. A noter que certains distributeurs achètent plus cher et répercute leurs coûts sur le consommateur alors que d’autres veulent freiner les promotions pour éviter les ruptures de stock (taureaux et taurillons).
  • La situation se régularise au sein du secteur laitier avec la réouverture des commerces et de l’HoReCa. Néanmoins le prix du lait ne permet toujours pas de couvrir les coûts de production. Il est actuellement de 30.7€/100l, une baisse de 2% par rapport au mois d’avril.
  • En poulets de chair : étant donné le ralentissement de mise en place durant le confinement (10% à 15% de baisse de mise en place), le flux va rester tendu jusqu’au 21 juillet mais les prix restent inférieurs aux coûts de production (0.80 cents) ; la situation des prix pourrait encore s’aggraver après le 21 juillet car les couvoirs encouragent les éleveurs à mettre en place de nouveaux lots de poussins (trop de poussins d’1 jour). A noter en poulets sous cahiers des charges  que, malgré une augmentation des prix consommateur estimée à plus de 6% et une progression des ventes GMS de 35% sur les dernières semaines, aucun acheteur n’a voulu accorder une hausse de leurs tarifs aux producteurs.
  • Dans le secteur horticole, différentes études ont été menées afin de voir l’impact du COVID-19 sur la filière. Selon l’Association Belge des Jardineries des pics de vente ont été atteint avec un chiffre d’affaire en mai en hausse de 35% à 55%. On estime la croissance en jardinerie de 10% à 15% sur les cinq premiers mois 2020 comparativement à 2019 sauf pour les jardineries frontalières qui n’ont pu bénéficier de leurs clientèles habituelles. Comeos dénombre par ailleurs 37% de belges ayant acheté des articles de jardins par internet durant le confinement (progression de 40% par rapport à 2017).
  • A noter toutefois qu’à l’échelle de l’UE, les pertes pour le secteur sont estimées à 4.1 milliards d’euros soit 10% de la valeur annuelle du marché (AREFLH, Copa Cogeca).
  • En pommes de terre industrielle, le marché est calme avec de prix au producteur de 3 €/q.
  • En ce qui concerne le circuit court, les évolutions sont fonctions des structures mais une tendance à la baisse de 10 à 30 % se dégage comparativement à la période de confinement. Par contre la situation reste toujours supérieure à avant la pandémie. De nouveaux clients fidèles sont venu gonfler la clientèle existante.
  • Au niveau du suivi des prix GMS hors promotion, après quatre semaines consécutives de hausse de prix (de 0.23% à 0.81%), on constate cette semaine une baisse de prix de -0.27%. De façon générale, ce sont les fruits et légumes qui génère le plus de fluctuation. Il est à noterune baisse de prix de -3.70% pour le lait

Observations au 05.06.2020

  • L’impact de la reprise de l’Horeca sur les marchés (quels produits vis-à-vis des équilibres actuels de consommation domicile, quelle influence sur les prix et les flux matière) est une inconnue préoccupante pour les acteurs. 
  • Les problèmes de main d’œuvre semblent se résorber dans l’ensemble des filières. Dans les outils d’abattage et de découpe la problématique est bien gérée avec quelques cas ponctuels plus tendus.
  • Le prix du porc de qualité est stable et la hausse se confirme en porcs standards. Le contexte à l’export s’améliore en Europe (pays de l’Est et Chine). Les abattages de porcs se normalisent.
  • Pour le secteur bovin, on constate une légère baisse d’abattage suite au jour férié (-6%) néanmoins l’abattage en taurillons est en hausse (+20%) et la baisse d’abattage en vache laitières de réformes se poursuit (-15%). Le prix des taurillons conformés augmente (+0.15€/kg carcasse).
  • L’accès au droit passerelle pour les indépendants pose question auprès des producteurs.
  • Dans le secteur avicole, les œufs à couver ont perdu –50% de leur valeur (11-12 cents actuellement). En poulet sous cahier des charges de qualité, les ventes ont augmenté de +20% en avril et mai. En poulet standard, les indicateurs commencent à donner de bons signaux grâce à un retour aux exportations. Néanmoins, on reste sous la couverture des coûts de production tant que les 85 cents ne sont pas atteints. Actuellement, les éleveurs en marché libre perdent entre 8.000 et 10.000 euros par lot chargé à l’abattoir.
  • Dans le secteur laitier, on observe une tendance à un retour progressif à la normale. Le flux de lait UHT est de +45% supérieur en avril et de +7% en mai par rapport à la même période 2019. En avril 2020 le prix moyen réel d’achat du lait aux producteurs a été de -8% inférieur au prix réel d’avril 2019. Il est de -4.9% inférieur par rapport à mars 2020 et -10% par rapport à février 2020. Actuellement, le prix du lait est insuffisant pour couvrir les coûts de production.
  • Pour les sapin de Noël (pas de lien avec COVID-19), la perte estimée due au gel récent se chiffre à +/- 2 millions d’euros.
  • Au niveau du suivi des prix GMS hors promotion, une tendance générale à la hausse est toujours observée (+0,55%). On peut remarquer de grosses fluctuations en ce qui concerne les truites (-3.38%), la viande de volaille (-2.25%), le lait (-1.08%B), les pommes de terre (+8.62%), les légumes (+3.74%) et les fruits (+1.68%).

Observations au 22.05.2020

  1. Les problèmes de main d’œuvre semble se résorber un peu partout sauf au niveau des outils d’abattage en porcs ou la prolongation des certificats médicaux subsiste.
  2. Cette semaine, les prix des porcs standards sont stables tandis que le prix du porcelet chute encore de -4.5 €/kg poids vif (30.5€/kg poids vif) amenant la baisse de prix à -55% depuis le début de la crise (Sem. 11).
  3. Au niveau de la viande bovine, une hausse est ressentie en carcasse pour les taurillons conformés +0.06 à 0.08 €/kg et de +0.02 à 0.04 €/kg pour les vaches conformées sur les deux dernières semaines. Il en va de même pour les taurillons en poids vifs qui augmentent de +0.10 à +0.15 €/kg sur les deux dernières semaines.  
  4. Dans le secteur de la volaille, les prix des poulets standards sont stables à Deinze et augmentent de +1 cent sur le marché ABC. Forte augmentation des frais de déplacement des équipes de chargements qui passent de 120 € à 285€.
  5. On retrouve une tendance à la normalisation pour les consommables. Les délais d’approvisionnement diminuent.
  6. Les mesures d’aides au stockage privé de la viande bovine, ovine et caprine et des produits laitiers ont commencé le 7 mai. D’après la FEBEV, les acteurs stockent peu de quartiers arrière entiers (éligibles à l’aide privée au stockage si les quartiers entiers sont désossés ou non) car certaines parties des quartiers arrière sont valorisés en haché fort demandé à l’heure actuelle. Du stockage est bien effectué en pièces nobles plus compliquées à vendre mais sans demande de l’aide au stockage (pas éligible). De plus, bien que l’aide puisse aider des opérateurs pour faire du stockage, il n’est pas certain que les quartiers stockés maintenant seront plus faciles à écouler dans quelques mois (cela dépendra de la demande et des volumes présents sur le marché à ce moment-là).
  7. Le prix standard de 0,28 €/litre de lait payé en mars a été maintenu en avril. C’est néanmoins un prix standard insuffisant pour couvrir les coûts de production. Les producteurs insistent sur l’importance d’avoir un mécanisme européen de réduction volontaire de la production laitière. Des acteurs craignent certains acheteurs profitent de la situation pour renégocier des contrats pour le second semestre dans le contexte de prix bas actuel.
  8. Au niveau horticole, le gel des derniers jours a eu un impact très conséquent sur la production de sapin de Noël (pas encore chiffré et pas de lien avec COVID-19)
  9. Le flux de transformation des pommes de terre industrielle à chuté de 10% à 60% en fonction du type de transformation et du marché (semaine de 3 jours). La pomme de terre industrielle et fraîche se valorise entre 1 et 2€/q.
  10. Regain du prix des fraises et des asperges de plus ou moins 30%.
  11. Au niveau du suivi des prix GMS hors promotion, une tendance à la hausse est observée. Sur les trois enseignes observées, l’augmentation moyenne est de +0.85% avec des augmentations notables en fruits et légumes.

Observations au 08.05.2020

  1. Les prix des porcs et volailles standards continuent de baisser. Par rapport à la semaine dernière il a encore chuté de -4% en une semaine (-5 cents). La chute des prix des œufs est vertigineuse : – 50% (œufs à couver) à – 83% (œufs en casserie) et le prix du poulet a diminué de 15% en 6 semaines.
  2. Le prix en viande bovine est stable depuis le début du confinement (Chiffres revus par le SPW). Il est toutefois à noter que les producteurs ne comprennent pas i) pourquoi l’accord de libre-échange EU-Mexique a été signé pose question à l’ensemble des acteurs.
  3. Le consommable commence à poser problème dans différents secteurs. Le boyau pour boudin et saucisse et les emballages spécifiques en boucherie, le tétrapack et les étiquettes en lait, le matériel de protection ainsi que les boîtes pour conditionner les œufs (jusqu’à 24 semaines de délais pour les boîtes d’œufs).
  4. L’augmentation de prix de aliments pour bétail varie de + 3-5% à plus de 25% pour le tourteau de soja bio.
  5. Les mesures de soutien de la Commission européenne au secteur laitier ne satisfont pas les producteurs. Ils insistent pour que des aides à la réduction volontaire de la production soient mises en place au niveau européen afin qu’ils ne fassent pas les frais d’une réduction de la production imposée par la filière. Pour être efficace, le système européen devrait permettre une réduction de la production de 3 à 5% pendant 3 à 6 mois.
  6. L’absentéisme est toujours présent avec une légère diminution. Au niveau des abattoirs, il y a encore un manque de personnel aux postes clés. Le déconfinement flou et compliqué attise les tensions sociales (protection, distanciation). Il faudrait également éclaircir les conditions de reprise du travail B to B (technico commerciaux, fabricant d’aliments…) en ferme.
  7. Au niveau horticole, la demande en main d’ouvre a trouvé des solutions pour les petites et moyennes exploitations mais est toujours en recherche pour les plus grandes exploitations avec un besoin d’accès au personnel UE expérimenté comme pratiqué dans les pays limitrophes. Les prix des fraises sont moindres qu’attendu par les producteurs.
  8. Au travers des enquêtes ACW, il est confirmé que les circuits court « ont le vent en poupe durant cette crise ». Les consommateurs privilégient les produits de première nécessité : légumes, fruits, viande, produits laitiers, œufs, … Les augmentations d’achat sont toujours de l’ordre de 10 à 30% des achats avec une augmentation du chiffre d’affaire pour 1/3 des répondants et une diminution pour  50% des répondants.
  9. Au niveau du suivi des prix GMS hors promotion, première semaine avec une tendance générale en légère hausse surtout due à la fin des promotions en pomme de terre à frites chez Colruyt et à l’augmentation des Charlottes chez Delhaize.
  10. Face au caractère périssable des stocks de pomme de terre existant, les producteurs ne peuvent pas comprendre pourquoi les GMS développe la commercialisation de pommes de terre primeur importée alors que des stocks de pomme de terre locales risquent de pourrir.
  11. Face à la situation de sous offre ou d’offre équilibrée de bovins vis-à-vis de la demande, les producteurs ne comprennent pas comment il n’y a pas une augmentation des prix à leur niveau (ils insistent auprès de la distribution sur le fait que la situation actuelle devrait permettre d’atteindre un prix couvrant les coûts de production).

Observations


Observations au 25.04.2020

  • les prix des porcs standards continuent de baisser (-16.5%)
  • grandes cultures
    • le blé panifiable qui était passé au-dessus de la barre de 200 €/t est redescendu à un prix de 196.23 €/t (-3.57%)
    • une attention devra être portée à l’orge brassicole qui pourrait souffrir de la baisse de consommation de bière
  • pomme de terre :
    • les stocks belges restant à 42% de la récolte initiale avec un volume disponible de 1.71 millions de tonnes dont 540k tonnes en marché libre > un dommage évalué à 125 millions d’euros
  • horticulture comestible :
    • fraises : l’offre est supérieure à la demande du marché intérieur
    • les prix au producteur ont fait -50% : fraises 6€ à 3€/kg ; asperges 7€ à 3€ /kg
  • Alimentation bétail : difficulté à trouver du soja bio
  • horticole ornemental :
    • 90% des commerces ont ouvert leurs portes et 10% continuent à travailler comme pendant le confinement.
    • les prix sont bons, le panier moyen semble plus élevé
  • Secteur laitier : Les mesures de soutien de la Commission européenne au secteur laitier ne satisfont pas les producteurs
  • GMS : baisse relative des prix
    • baisse du prix de la pomme de terre chez Colruyt (-4,32%) à Colruyt diminution des prix globale -1,49%
    • Delhaize +0,19%
    • Carrefour de -0,14%

Semaine 3 – 18 avril 2020

Voici l’état des lieux et les préoccupations majeures des producteurs et opérateurs filières pour la période d’analyse du 18 avril.

  • GMS (suivi des prix hors promotion) :
    • baisse de prix importante au niveau des volailles
    • selon Test-Achats : augmentation des prix jusqu’à +6,6% selon les enseignes
  • l’absentéisme inquiète toujours,surtout dans les abattoirs (de 10 à 30%)
  • l’inquiétude grimpe par rapport à la solvabilité des clients, surtout pour les fournisseurs à l’horeca
  • dans les filières horticoles, ce sont les besoins en main d’oeuvre qui préoccupent
  • Grandes cultures :
    • le blé panifiable vient d’atteindre les 200€/T
    • 800 000 T de pommes de terre en stock
  • Les difficultés d’écoulement subsistent dans les secteurs aquacole (-54% chiffre d’affaires), brassicole, lait et fromage de chèvre, fromage de vache (-20%)
  • Elevage
    • les prix producteurs sont fonction des stocks, qui sont importants en volaille standard, en porc et en lait
    • les prix sont stables pour le BBB (toujours forte demande des GMS et boucheries),
    • demande toujours élevée pour l’approvisionnement en boucherie
    • les déséquilibres matières restent préoccupants pour l’ensemble des filières viandes
    • pas de problème pour les filières commerciales de viande ovine


Semaine 2 – 11 avril 2020

Voici les tendances dégagées pour la période d’analyse du 11 avril.

  • L’impact de la crise devient concret sur les prix producteurs, en lait, en volailles et en porcs standards
  • La mobilisation de capacités de stockages fait partie des stratégies pour limiter l’impact
  • L’absentéisme reste une préoccupation importante : de 10% à 50% suivant les secteurs ; les abattoirs sont les plus touchés.
  • La demande reste élevée pour l’approvisionnement des boucheries et circuits courts.
    • Certains produits sont en tension d’approvisionnement (légumes)
    • D’autres ont des difficultés d’écoulement : lait de chèvre et de mouton (+ fromages), truites, bières locales
    • Certains producteurs préfèrent arrêter ou diminuer leurs activités de vente en circuits courts
  • Emblavements de printemps : la rupture de certains contrats en pommes de terre, mais également en lin et en légumes, laissent peu d’alternatives aux agriculteurs concernés.
  • Les équilibres matière restent une préoccupation importante de toutes les filières viandes (-20 % demande charcuterie, morceaux spécifique horeca,….)
  • Stabilité relative des prix en GMS

Semaine 1 – 4 avril 2020

Suite à la crise du covid-19, un observatoire des filières agricoles wallonnes a vu le jour afin d’identifier les enjeux critiques et de permettre une prise de décisions rapide de la part des autorités. Voici la tendance qui peut être dégagée après cette première semaine d’analyse.

Selon le type de culture, de production, de canal de distribution un état des lieux général est difficilement réalisable. Les producteurs concernés par la vente en circuit-court (environ 10% des 12 000 agriculteurs wallons) connaissent un certain succès, mais dont la pérennité doit être suivie au fur et à mesure des jours. Pour les autres, le ralentissement de l’export, la fermeture de l’HORECA, des collectivités  et l’augmentation des prix des aliments pour le bétail et la disponibilité commencent à les impacter directement.

Ces informations sont récoltées en partenariat avec l’ensemble des opérateurs, les représentants du Collège des Producteurs, les associations agricoles, les membres des commissions filières, le Collectif 5C, la Fédération Wallonne Horticole, Accueil Champêtre Wallonie, Bio Wallonie, FIWAP, …


Méthodologie  

L’objectif de ce rapport est de détecter les évolutions principalement au niveau des prix et de l’approvisionnement et d’identifier les préoccupations du secteur.
 
Une note est remise au Ministre chaque semaine à partir du 1er avril. Un rapport synthétique hebdomadaire est également publié.

Les différents acteurs des filières sont consultés par les chargés de missions du Collège des Producteurs.

Au niveau des fermes, les éléments à identifier pour tous vos produits (lait, bêtes maigres, bêtes grasses, produits transformés etc.) sont les suivants :

  • Evolution des prix 
  • Evolution des quantités vendues
  • Problèmes / préoccupations par rapport aux débouchés et circuits de commercialisation
  • Problèmes / préoccupations par rapport à la collecte (normes sanitaires, restriction des quantités produites, …)
  • Préoccupations par rapport au fonctionnement de la ferme (approvisionnement, …).

Lancement de l’Observatoire – avril 2020

Le 1er avril 2020, le Collège des Producteurs a été chargé par le Ministre wallon de l’agriculture Willy Borsus, de mettre en place un observatoire des effets de la crise sur les filières et acteurs de l’agriculture wallonne.

Les éléments présentés dans le document sont établis sur base d’échanges avec des membres du Collège des Producteurs et des Commissions Filières. Il s’agit d’un travail non exhaustif faisant ressortir les éléments essentiels des préoccupations des acteurs.

Cette note (mensuelle à partir de juin) doit être considérée comme relevant d’éléments indicatifs facilitant la prise de décision dans la gestion de crise.

Pour plus de détail sur les réalités de terrain, n’hésitez pas à nous contacter info.socopro@collegedesproducteurs.be

Actualité liée

https://plus.lesoir.be/291108/article/2020-03-30/denrees-le-prix-des-poissons-baisse-certains-legumes-peuvent-monter