(Analyse société) La projection mal-être humain sur l’animal


Extrait des journées de la recherche avicole à Tours

(François Attali de Terrena) s’exprime sur « Projection du mal-être de l’homme sur l’animal »

> A partir d’un monde qui est aujourd’hui particulièrement anxiogène, des murs sont identifiés par la population : environnement en péril, croissance des problèmes sanitaires, fractures culturelles et économiques, crise de la confiance et de la représentation. Toutefois, seulement 1% des gens donnent l’impression à l’ensemble de la population qu’il y a un problème.

Les scientifiques et les acteurs économiques entretiennent également ce décalage entre ce que l’on dit et ce que l’on fait. Ils deviennent complices de cette trahison (personne n’a plus confiance en personne). Tout cela permet de faire monter au créneau les associations. Il est donc important de s’interroger sur les images et leurs contenus, car le sentiment collectif est que l’on cache la réalité.

Comment produire et consommer autrement ? Les plus acculés dans ce contexte sont les producteurs confrontés au paradoxe des consommateurs : on demande des produits naturels, mais on consomme de plus en plus de produits élaborés. On a le discours mais on n’est pas dans l’action.

Au sein du problème environnemental, on note une rupture : l’humain ne surplombe pas le monde, mais fait partie du monde. C’est dans ce contexte qu’apparaît la question du bien-être animal, avec un anthropomorphisme très marqué et une confusion des genres : on met en avant les animaux derrière lesquels on retrouve les plaintes humaines. L’homme remet en question le paradigme dont il est victime. Le bien-être animal est le miroir du bien-être humain.

Tout ce ceci conduit à produire différemment, car une partie de la controverse se nourrit des modèles économiques et de la nature idéalisée. Il faut parvenir à faire travailler ensemble les producteurs et les consommateurs dans le respect de la réalité, au risque sinon de voir l’Union Européenne devenir une passoire pour l’importation des produits. Il faut rendre le consommateur acteur en intégrant les enjeux sociétaux et macro-économiques (ne pas produire que pour une niche). Il est important de sortir des querelles économiques et des oppositions idéologiques.

> Terrena est un coopérative française active dans le domaine agroalimentaire et développant le concept de nouvelle agriculture (https://www.terrena.fr/) :