Voyage d’étude des pisciculteurs wallons dans le Nord-Ouest de la France et en Belgique



Les 10, 11 et 12 février derniers, a eu lieu le deuxième voyage d’étude des pisciculteurs wallons organisé par le Collège des Producteurs et financé en partie par la Wallonie et le Fonds Européen pour les Affaires Maritimes et la Pêche (FEAMP). Ce voyage avait pour but de découvrir de nouvelles techniques et technologies mises en place chez nos voisins et collègues afin d’aider nos pisciculteurs à investir intelligemment grâce aux fonds FEAMP disponible en Wallonie pour les investissements jusque fin 2020.

Ce voyage, à l’ambiance décontractée bien que studieuse, nous a conduits de la Somme à la région de Courtrai, en passant par la Côte-d’Opale.


Étape 1 : Salmoniculture de la Selle

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Cette première étape nous a permis de découvrir une pisciculture produisant annuellement 500t de truites AEC et 5t de fario. Ce site est intéressant à plus d’un titre. En effet, du point de vue sanitaire, les exploitants pratiquent la vaccination de ses poissons contre la Yersiniose. Du point de vue technique, il possède un dégrilleur de nouvelle génération en forme de cône (ERM Environnement), un trieur Faivres et une éviscéreuse Boleto. De plus, ce producteur livre une partie de ses poissons vivants en Belgique, en Suisse, aux Pays-Bas et au Luxembourg via, entre autres, un convoyeur wallon.


Étape 2 : Pisciculture des Puits Tournés

Gabriel Borde élève principalement des ombles chevaliers qu’il reproduit sur place. Il a sélectionné sa propre souche sur base de géniteurs issus d’œufs venant du Massif central. La pisciculture est entièrement sur source à 10°C. Pour l’incubation, l’eau doit même être refroidie à 7°C.

Du point de vue technique, le site d’élevage est constitué de bassins coniques enterrés. L’évacuation de ses bassins débouche dans une cuve enterrée plus bas que le plancher des bassins et cette cuve est munie d’une pompe à poissons qui remonte ces derniers à la surface. Les poissons peuvent ainsi directement passer sur un trieur ou être envoyés dans l’atelier de transformation. Par ailleurs, les bassins de grossissement sont protégés par des volières.

L’atelier de transformation possède également une éviscéreuse semi-automatique Salmofix et le site possède un dégrilleur rotatif Faivres. Gabriel peut également vendre ou expédier ses ombres vers la Belgique.


Étape 3 : Aquanord

Créé en 1982 à Gravelines, Aquanord est un des leaders européens de la production de dorades et de bars (1.800 tonnes/an). Aquanord réutilise les eaux chaudes rejetées par la centrale nucléaire de Gravelines pour sa production (même principe que Tihange, à l’époque) pour l’élevage en bassins hors-sol béton.


Étape 4 : Nausicaá

Étape mélangeant connaissances et loisir, Nausicaá est un des plus grands aquariums d’Europe. Notre visite a d’abord débuté par la visite technique des coulisses de la nouvelle aile. Cette visite a mis l’accent sur la filtration de l’eau, les techniques de quarantaine et d’alimentation des poissons. Nous avons ensuite eu droit à une visite guidée de la partie « spectateurs » de cette nouvelle aile. Nous avons finalement pu visiter le reste du site.


Étape 5 : Centre de recherches Inagro

L’Inagro est un centre de recherches et de conseils pour l’agriculture et l’horticulture dans la province de Flandre occidentale. Le centre possède une section aquaculture active dans l’analyse des eaux, dans la production de sandres en RAS et dans les productions aquaponiques. Il possède également une section dédiée à l’élevage et à l’utilisation alimentaire des insectes.

Dans le cadre de la production de sandres, ils organisent tous les ans une semaine de formation à destination des professionnels.


Étape 6 : Belgian Quality Fish

BQF est un des leaders wallons de l’aquaculture. Bâti sur les cendres de Vita Fish, il produit aujourd’hui 4 espèces différentes (Acipenser baeri, Acipenser gueldenstaedti, Acipenser ruthenus, Huso huso + hybride Baeri x Gueldenstaedti) pour une production finale de caviar qui représente près d’1,5% de la production mondiale. Le tout en circuit fermé. De plus, ce site est dirigé par Mr Thierry Bay, un des 4 représentants de la filière au sein du Collège des Producteurs.


Étape 7 : Aqua4C

Dernier site de ce voyage, Aqua4C est le fruit d’une recherche universitaire et de son application sur le terrain. La pisciculture produit de la perche de Jade, commercialisée sous appellation Omegabaar. Il s’agit d’une espèce nourrie à base d’un régime 100% végétal. De plus, l’eau qui entre dans la pisciculture est récoltée sur les toits de la serre de production de tomates qui jouxte la pisciculture. Les eaux de rejet du RAS sont, elles, envoyées pour fertiliser les tomates. Un bel exemple industriel d’aquaponie découplée.


Pour conclure, ce deuxième voyage fut, comme le premier, une réussite à tous points de vue et a permis, en plus de découvrir de nouveaux sites de productions et des nouvelles technologies, de souder le groupe et d’amener beaucoup d’échanges très intéressants entre les participants. Il s’agissait du dernier voyage soutenu par le FEAMP sur cette période de financement. Pour les années futures, une recherche de financement sera réalisée en vue de perpétuer ce voyage annuel, grandement utile pour le secteur.

Une description plus précises des sites visités est disponible ici :

Voyage d’étude des pisciculteurs 2

Benoît ThomassenChargé de mission Aquaculture