[Publication] Observatoire des filières agricoles: nouvelle publication mensuelle


01/04/2020 – Le Collège des Producteurs a été chargé par le Ministre wallon de l’agriculture Willy Borsus, de mettre en place un observatoire des effets de la crise sur les filières et acteurs de l’agriculture wallonne.

Les éléments présentés dans le document sont établis sur base d’échanges avec des membres du Collège des Producteurs et des Commissions Filières. Il s’agit d’un travail non exhaustif faisant ressortir les éléments essentiels des préoccupations des acteurs.

Cette note (mensuelle à partir de juin) doit être considérée comme relevant d’éléments indicatifs facilitant la prise de décision dans la gestion de crise.


Synthèse des points d’attention au 06.05.2021

Sur le marché à terme, les prix des céréales restent élevés avec de très fortes variations journalières (220€/T fin avril) ; le prix du blé sur le marché belge reste supérieur à 200 eur (213,5€/T fin avril). Les cours du colza ont flambé ces dernières semaines (allant jusqu’à dépasser 600 €/T) en conséquence d’une diminution importante des surfaces et donc de la production en Europe suite à plusieurs années consécutives de mauvais rendements (sécheresses et ravageurs).

En grandes cultures bio, les prix du froment panifiable, des céréales fourragères et des légumineuses restent stables à un prix tout juste rémunérateur et l’épeautre diminue (-47€/t), tout comme le maïs fourrager (-9 à -12€/t).

Une grande inquiétude des secteurs avicoles et porcins continue à se manifester en regard de la flambée du coût des matières premières (céréales et protéines) ; cette inquiétude est également partagée par les filières en modèles alternatifs (bio, cahiers des charges,….).

En volaille standard, les prix du marché ont ensuite augmenté dès la semaine 46 ; cependant, ils n’ont pas permis de compenser les surcoûts liés l’augmentation du prix des aliments (+- 20 % entre avril 2021 et avril 2020) et la baisse des mises en place de 20% liée à la suroffre et aux mesures liées à la grippe aviaire. La hausse des prix des dernières semaines semble avoir été décidée afin de monter les prix artificiellement, face à la situation catastrophique des éleveurs alors que le marché ne tire pas forcément la demande. Malgré cela, le différentiel pour les éleveurs reste de 7 à 8 cents/kg. La pression sur les éleveurs en matière de prix des oeufs bio et plein air est importante dans le cadre des négociations contractuelles.

Ces dernières semaines, plusieurs abattoirs de volaille belges ont rencontré de sérieux problèmes de production suite à un nombre important de cas de COVID et/ou de quarantaines préventives. La levée du confinement grippe aviaire est attendue impatiemment par les producteurs d’oeufs plein air.

En Belgique, les ventes de porcs sont en berne depuis 2 semaines (fermeture de l’Horeca et temps froid retardant la saison « barbecue »). L’export ne peut se faire que sous pression des prix vu la baisse de prix en Allemagne (-9 cents). En mode de production alternative, cela oblige toujours à valoriser une partie des pièces de la carcasse à l’export avec un prix insuffisant. Le prix du porc standard est à nouveau redescendu à 1,00 €/kg en vif BPG (-9 cents) ; le prix du porc en modes alternatifs reste stable. De manière générale, il y a trop d’offre de porcs et donc des retards de chargement d’ 1 à 2 semaines. La pression PPA se poursuit à nos frontières puisque plus de 1.000 cas sont confirmés chez des sangliers (Brandebourg et Saxe) 7 mois après l’apparition du premier foyer.

Le beau temps est attendu pour tirer à la hausse la demande en viande de porc et bovine (barbecues). L’impact de la réouverte de l’horeca sur la demande sera à suivre dans les semaines à venir en termes de flux et d’équilibres matière.

Le cheptel de vaches allaitantes belges a diminué de 5 % en Belgique entre 2019 (401 000 VA) et 2020 (381 000 VA). L’augmentation d’abattages de taureaux de mars se confirme sur avril. La vente directe et le circuit-court continue de bien fonctionner et la consommation de la viande de veaux est fortement impactée par la fermeture de la restauration hors domicile, partout en Europe. Les prix des animaux vifs ont augmenté ces dernières semaines en maigre et en gras ; le prix carcasse des taurillons culards a continué à augmenter légèrement autour de 5,40 € kg carcasse (AS2). Vu l’augmentation du prix des aliments, de la paille et de l’achat des animaux maigres, les marges des engraisseurs se réduisent fortement ; la hausse du coût de production des éleveurs (+10%) vient effacer l’augmentation de la marge perçue par les éleveurs grâce à la hausse des prix des animaux observée ces derniers mois.

Le cumul des livraisons de lait du premier trimestre 2021 est inférieur de -0,3% par rapport à 2020 qui peut s’expliquer par les difficultés liées à l’alimentation des vaches. Le Prix moyen du lait aux producteurs en Belgique s’élève à 34,9 €/100 litres en mars 2021 (+4% par rapport à février et +6% par rapport à mars 2020). Le Prix moyen de lait bio en Belgique s’élève à 46,2 €/100 litres. Le prix officiel des veaux laitiers est repassé au-dessus de la barre des 50 euros.

La pousse de l’herbe a été ralentie par le temps sec et froid du mois d’avril et préoccupe les éleveurs bovins. Le manque de fourrage est toujours présent et le foin très cher, ce qui peut générer des problèmes de liquidités pour certains producteurs bio qui, malgré la mise à l’herbe printanière, redoutent une nouvelle sècheresse.

Les stocks de pommes de terre libres de contrat sont généralement faibles. Les stocks restent toutefois relativement importants en pomme de terre bio ( autour de 1.000 t) ; il ne reste que quelques semaines pour écouler les stocks. Les plantations sont bien avancées.

Les volume de vente de pommes et de poires sont peu soutenu et le marché de la consommation est peu porteur. Le temps froid du mois d’avril n’a pas impacté directement les cultures fruitières et ornementales mais génère des retards dans la saison.

Le pic des naissances des caprins se situant fin février – début mars, la période actuelle correspond au pic de lactation et aux volumes maximaux de lait et à un pic de production fromagère, une part conséquente du volume étant transformée en fromages frais.

La période pascale est traditionnellement la période à la plus forte demande (consommation saisonnière) de la viande d’agneau. La demande (de pâque à juin) est supérieure de 25 à 50 % par rapport au second semestre. Les flux étaient davantage tendus lors de Pâques 2021 que lors des périodes pascales précédentes suite à une demande nettement plus forte que les années précédentes (la différence de prix entre l’importé « de qualité / EU/ UK » et le local s’amenuise suite au BREXIT) et les volumes de viande ovine locale disponible dans les filières locales sont en constante augmentation.

En ce mois d’avril, les prix GMS évoluent à la hausse de +0.65%. Parmi les produits qui tirent cette moyenne vers le haut, on peut retrouver, la viande de porc, de boeuf, la volaille, le beurre et les fruits.


Observations au 31.03.2021

Brexit : Décision du Royaume Uni de ne pas imposer de contrôle sanitaire sur les produits alimentaires avant cet automne (octobre). C’était en effet une crainte des filières exportatrices de devoir supporter des démarches administratives et des coûts supplémentaire suite à l’instauration de nouveaux contrôles à la frontière.

Aliments : Dans le secteur porcin, l’augmentation de prix des céréales engendre un surcoût de près de 10€/t. Cette augmentation se traduit par un coût de production supplémentaire de 1 centime par poulet où l’on est déjà 7 à 8 centimes en-dessous du seuil de rentabilité. En ce qui concerne le secteur bovin laitier, le prix des fourrages et des aliments pour bétail reste élevé mais s’est stabilisé. Le prix du foin semble toutefois continuer sa hausse suite à une pénurie liée à la mauvaise récolte de cet été. En bovins viandeux, la hausse du coût de production (alimentation) des éleveurs vient effacer l’augmentation de la marge perçue par les éleveurs liée à la hausse des prix des animaux observée ces derniers mois.

Grandes cultures : Après la forte croissance des marchés céréaliers observée en janvier-février, on constate un essoufflement de la tendance haussière durant le mois de mars. (FEGRA) On remarque une baisse des marchés également sur le MATIF avec néanmoins un moindre impact pour le maïs. En ce qui concerne les protéagineux (MATIF), le cours du colza était de 523€/T au 24 mars 2021 soit une augmentation de 8% en 1 mois et de 34% en 1 an.

Secteur avicole : Le segment du poulet standard reste sous le seuil de rentabilité depuis de nombreux mois et reste en demande de soutiens liés aux conséquences des mesures COVID. Une inquiétude est relayée concernant les difficultés croissantes observées dans le cadre de l’obtention des permis pour les nouvelles installations, même pour de plus petites unités, Bio ou autres. Cette situation interpelle quant à la capacité de progression prévue par le plan de développement de la filière (40 nouveaux poulaillers par an, dont 90% en productions alternatives).

Secteur porcin: Un point d’attention est mis sur les difficultés de négociations avec la grande distribution dans in contexte de crise aigüe. Les entreprises de transformations sont par ailleurs soumises à des règles qui apparaissent trop strictes et peu en lien avec les réalités.

Secteur bovin : Baisse des abattages en janvier et février pour toutes les classes d’animaux. En vif, les acteurs parlent d’une tendance haussière qui devrait continuer dans les semaines à venir. Les prix carcasses sont en hausse sauf pour les veaux.

Secteur laitier : Perte du chiffre d’affaire de l’industrie laitière belge en 2020 estimée à 10 à 25% selon les laiteries. En effet si la consommation de lait à domicile a augmenté d’environ 10% et celle de fromages d’environ 20%, la perte des marchés liés à l’HORECA et le ralentissement des exportations ont finalement entraîné une perte de chiffre d’affaires annuel.

Pommes de terre : Marchés calmes, avec peu d’offre et surtout (très) peu d’acheteurs, que ce soit pour l’industrie ou pour l’export. Des stocks en bio risquent de ne pas pouvoir être commercialisés avant  l’arrivée des produits de la nouvelle saison.

Horticulture ornementale : Avec l’annonce du 3ème confinement pour le samedi 27 mars, les acteurs de la filière horticole ornementale sont soulagés d’être repris dans la liste des magasins essentiels. En ce début de printemps et de période la plus importante de l’année en termes de ventes, ils pourront ouvrir normalement. On observe une ruée des clients vers les jardineries et pépinières.

Secteur Bio et circuits courts : Au niveau de la commercialisation bio en circuit court et dans les magasins spécialisés la demande reste globalement soutenue et en augmentation.

Les filières de production en légumes plein champ, porc et œufs sont proches de la saturation et une participation active et cohérente des GMS dans le développement du bio manque actuellement, ces structures préférant jouer le jeu du marché et mettre la pression sur les prix et les producteurs locaux en les mettant en concurrence avec de grosses structures à l’échelle européenne.

Il y a un gros problème pour certains acteurs concernant la commercialisation des PDT  bios : il n’y a actuellement plus de demande de la part des emballeurs qui livrent les GMS alors que les stocks sont encore importants.

Grandes surfaces : En ce mois de mars, les prix GMS évoluent à la hausse de +0.64%. Parmi les produits qui tirent cette moyenne vers le haut, on peut retrouver, la viande de porc (+2.73%), les fruits (+10.61%), la viande de bœuf (+1.17%). A contrario, on remarque des baisses de prix en volaille (-1.21%), en beurre (-3.09%) en œufs (-0.96%) et truites (-4.41%).

Observations au 28.02.2021

  • Céréales, protéagineux et alimentation animale : le cours des céréales est reparti à la hausse en février avec une hausse de +1.2% pour le blé, +5% pour le maïs (FEGRA). En ce qui concerne le marché à terme le cours blé et le maïs a progressé de 10% en un mois.  Le colza a atteint son sommet depuis plus de 5 ans à 485 €/t (24 €/t en deux jours).
    Toutes ces augmentations de cours ont une répercussion directe pour l’alimentation des différents secteurs animaux et notamment :
    • Bovins : l’indice composite en viande bovine est 10% plus élevé en décembre 2020 qu’en mars 2020. Cette augmentation des coûts annule l’augmentation de marge/prix du marché. De manière générale en bovins, lles prix de la paille et du foin ont en moyenne doublé en plus des cours hauts des aliments.
    • Monogastriques : hausses du prix des aliments de 6 à 60 eur/t selon les modes de production
    • Elevages bio : les augmentations impactent tout aussi bien le conventionnel que le bio.
  • Brexit, Les autorités du Royaume-Uni ont publié différents modèles de certificats sur leur site internet (voir https://www.gov.uk/environment/producing-distributing-food-import-export).
    • Ces certificats entreront en vigueur au 1er avril 2021. Les opérateurs sont invités à prendre connaissance des exigences britanniques qui s’appliqueront alors aux produits qu’ils exportent / souhaitent exporter. Les produits d’origine animale destinés à la consommation humaine ne doivent pour le moment pas être accompagnés d’un certificat sanitaire lors de leur exportation vers le Royaume Uni.
    • La certification des produits ultra-frais tels que les fruits ou légumes générera la mise en place d’une procédure contraignante en termes d’organisation de travail qui pourraient impacter les producteurs.
    • Toutes les exportations vers le Royaume-Unis devront-être certifiées par l’ASFCA. Il existe des incertitudes des abattoirs en la matière (tous secteurs viandes).
  • Malgré une remontée des prix, les secteurs avicoles et porcins restent sous pression suite à l’augmentation du prix des poussins et des aliments. Les soutiens sollicités par les éleveurs en production standard dans le cadre des conséquences liées au mesures COVID restent donc nécessaires.
  • En aviculture, le jeu des acteurs (certains distributeurs et centres d’emballage) génère des inquiétudes des producteurs d’œufs plein air (impactés par le confinement grippe aviaire à partir du 21 février) et ce malgré les initiatives de communication initiées par les producteurs.
  • En porcs standards, le prix BPG évolue favorablement. En production à valeur ajouté les prix sont stables et le prix du porcelet augmente également avec un prix actuel de 23 €/porcelet (Danis). Au niveau de l’export, la chine fait toujours la sourde oreille, il faut donc profiter du retour de fluidité des marchés, lié aux exportations des autres pays EU vers l’Asie.
  • Dans le secteur bovin, les abattages de toutes les classes d’animaux ont été moindre en janvier et février comparativement à décembre. L’abondance d’une offre de bétail non/peu conformé suite à la fermeture de l’horeca pourrait influencer les prix à la baisse dans les semaines à venir. Le total des bovins abattus en 2020 est de 780.000 ce qui représente une baisse de 7% par rapport à 2019.
  • Le secteur laitier, le prix moyen du lait reste stable. Cependant, il y a une différence de prix notables entre les laiteries contrairement à ce qui est habituel. Le prix moyen du lait en décembre 2020 était de 34,1 €/100 litres. La mise en place d’un mécanisme de régulation de la production est toujours une priorité pour le secteur. Les marchés du beurre, de la poudre de lait entier et écrémé sont repartis à la hausse.
  • En pommes de terre industrielle, L’offre est toujours (très) faibles, de sorte que les marchés restent orientés à la hausse 7.5 €/q (Bintje, Fontane, Challenger)
  • Dans le secteur fruits et légumes, les pommes se négocient à un meilleur prix que les poires (il ne reste que des conférences).
  • En horticulture ornementale, après un arrêt suite à la période de froid et de gel de début février, le temps exceptionnellement doux qui s’est installé depuis la mi-février a fait augmenter de manière significative la fréquentation des points de ventes des horticulteurs et des pépinières. Mais cela se traduit aussi par des pénuries dans certains types de plantes où la demande est très forte. Il faut aussi pouvoir expliquer qu’il est parfois trop tôt et que le risque de gel est encore présent. Les producteurs se réjouissent de cette augmentation accentuée par le confinement et l’interdiction actuelle de voyager. Ils espèrent que cela laisse augurer pour un bon printemps.
  • Pour le secteur bio, on retrouve les mêmes préoccupations pour les aliments c’est-à-dire, augmentation du prix du fourrage, céréales et oléagineux.
    • Le prix des carottes et pommes de terre bio remonte bien. En ce qui concerne les oignons, un calibre plus gros est recherché et il y a donc peu de débouchés.
    • Le secteur de la viande bovine bio est saturé. La réouverture de plusieurs secteurs serait une opportunité.
    • Il n’y a plus de porcelet bio !
    • En volaille, le prix des aliments explose, dû à une augmentation des prix des protéines sur les marchés. Il y des craintes du secteur sur les augmentations de coûts à prévoir dus à l’arrivée probable d’une source alternative de vitamine B2 plus cher, à la diminution de la densité de poulets au m2 envisagée dans la nouvelle réglementation bio et aux nouvelles règles de dérogation pour l’utilisation d’aliments non-bio dans cette filière.
  • En ce mois de février, les prix GMS évoluent à la hausse de +0.68%. Parmi les produits qui tirent cette moyenne vers le haut, on peut retrouver, la viande de bœuf (+0.65%), les œufs (+2.23%), la farine (+0.95%) et les truites (+2.80%).

Observations au 28.01.2021

Aliments animaux

L’évolution du cours des céréales s’est envolé durant le mois de janvier avec un hausse de +12% pour le blé et l’escourgeon et +10% pour le maïs. Le maïs a vu son cours évoluer +25% en un an soit +40€. L’évolution de ces marchés à une répercussion importante pour les autres secteurs. Au niveau du secteur avicole le coût des aliments connait une forte hausse de l’ordre de +10 à +15% sur les trois derniers mois. Les couvoirs parlent de répercuter les coûts des aliments sur le prix de vente des poussins. Dans la filière bio, il en est de même avec des prix en hausse de +10% et une incertitude sur les disponibilités de soja. Si l’on regarde la filière sous cahier des charges qualité, l’aliment composé est passé de 370€/t à 460€/t soit +20%. Idem dans la filière porcine. La vision optimiste serait que le coût des aliment reste au niveau actuel qui est déjà très haut. Or, le prix des différentes matières et les disponibilités ne sont pas rassurantes (soja, céréales, maïs) Le secteur bovin subit aussi de plein fouet ces augmentations de prix. Les fourrages et pailles augmentent suite à l’augmentation des matières premières (céréales, protéagineux) ainsi qu’à la rareté liée à la sécheresse 2020.

Brexit

Les opérateurs de la filière avicole restent prudents sur l’avenir en raison des nouvelles procédures et documents administratifs à mettre en oeuvre, ainsi que par l’organisation logistique à revoir. Hormis les contraintes sanitaires et les formalités douanières, la filière bovine est soulagée car il n’y a pas de droits de douane, ni de contingent sur la viande. Dans le cas contraire, les flux en provenance de l’Irlande auraient pu être réorientés.
L‘industrie laitière va être confrontée à des procédures administratives et logistiques plus lourdes lorsqu’elle exportera au Royaume-Uni. Heureusement, l’accord obtenu évite aux industries laitières de payer jusqu’à 70 % de prélèvement. Le Royaume-Uni est la 4ème destination des produits laitiers belge avec un montant d’exportations qui s’élève à 300 millions d’euros par an. En horticulture ornementale, on a observé que des grossistes anglais ont acheté de grosses quantités d’arbres en novembre 2020. Des arbres prêts à être plantés mais aussi des plus petits sujets qui seront recultivés en Angleterre pour être vendu à l’automne 2021. C’était une manière de se prémunir des effets incertains du Brexit. Le résultat, c’est qu’il n’y a plus de stocks en Europe et que l’on risque d’avoir des pénuries d’arbres à l’automne 2021.

Observations par secteurs

  • Le prix du poulet standard remonte aussi bien sur ABC que Deinze. Il faut cependant être vigilant car le coût des aliments et le poids des poulets produits (-20%) ont raison des effets de l’augmentation de prix sur les marchés. Il faut ajouter l’impact négatif sur les flux à l’exportation du au couvre-feu en France, au Brexit et à la Pologne très active sur le marché intérieur européen. Les éleveurs de poules pondeuses plein air sont inquiets par rapport à l’apposition du code 1sur leurs boites (qui ne sera plus possible mi-février en raison du confinement« grippe aviaire »). Ils plaident pour pouvoir utiliser une pastille « Pour éviter d’attraper la grippe, je ponds à l’abri ».
  • En porcs standards, le retard d’abattage se résorbe. Le prix du porc standard reste toujours bas (0.78€/kg vif) tandis que le prix du porcelet tend à augmenter suite à une diminution de production fin 2020. En productions à valeur ajoutée, il y a des reports, c’est un problème temporaire car l’offre est bonne.
  • Dans le secteur bovin, les abattages ont été importants ces dernières semaines. Au niveau des opérateurs, il y avait une attente de demande plus importante vu la situation de confinement néanmoins, la demande a été moindre que prévu avec des chiffres comparables aux années antérieures. Du coup, janvier a été plus calme puisqu’il y avait du stock.Il est à noter que le flux d’abattage 2020 est de 15% plus faible qu’en 2019 pour les veaux. L’UE estime que la production de viande bovine va diminuer de -8.3% d’ici à 2030. Les prix maigres et gras en vif sont stables. En prix carcasse, le prix taurillons culard est stable, légère hausse pour les vaches allaitantes conformées ainsi que pour les laitière de réforme (+7 cents). Le prix des veaux est 5.70€/kg carcasse.
  • Le secteur laitier : la production laitière continue d’augmenter avec +/- 3.8% par rapport à 2019. Les produits transformés subissent toujours les effets du confinement partiel de la population. Les industries laitières auraient une perte annuelle des ventes pouvant aller de +10% à +25%. (Fermeture HoReCa, cantines -national et européen-) Les prix mensuels du lait 2020 sont en moyenne inférieurs de -6.4% par rapport à la même période 2019. Plusieurs éleveurs mentionnent que les veaux laitiers ne sont plus ramassés vu la fermeture de l’HoReCa et la faible consommation de cette viande.
  • En pommes de terre industrielle, la tendance des marchés est stable. Le marché du libre a toujours un niveau de prix bas de l’ordre de 50€/t. Le commerce semble reprendre depuis début janvier. Suite à l’interdiction de recourir au chlorprophame (CIPC), les producteurs craignent une forte augmentation des coûts de stockage. En effet, le coût du traitement antigerminatif risque bel et bien d’être multiplié par un facteur 3 ou 4 (voir plus, en fonction des conditions). L’interdiction d’utilisation du CIPC est un réel problème pour les plus petits producteurs qui n’ont pas de hangar frigo et/ou étanche.
  • En horticulture ornementale, les producteurs se posent des questions pour la saison 2021. Va-t-il y avoir encore une demande comme on a connu au printemps 2020 ? Si oui, des pénuries sont possibles. Va-t-on au contraire ‘payer’ les bonnes ventes de 2020 ? Il n’y a plus de place dans les jardins pour de nouvelles plantations et il sera difficile d’écouler les stocks. Le confinement va-t-il se prolonger jusqu’au beaux jours ? Si oui, les gens vont vouloir s’occuper en jardinant et la demande en plantes va encore être forte. La saison de vente des sapins de Noël a été bonne avec une augmentation des ventes de l’ordre de 50% dans les jardineries wallonnes. L’annulation de commande de chez Ikea en est certainement pour quelque chose. Au niveau de l’export, il semblerait que la saison ne soit pas aussi bonne qu’en Belgique. Il a été difficile de trouver de la main d’oeuvre.
  • Les ventes en magasins bio et sur les marchés restent meilleures que l’année passée à la même période. Une tendance à l’augmentation des achats de produits frais (fruitslégumes- viandes) est signalée. Les farines sortent toujours bien, la vente des pains diminue un peu. Il y a une tendance à la hausse pour les achats en vrac. Demande en hausse sur le marché du lait bio. La demande en viande bovine est plus faible qu’escomptée : des éleveurs ont engraissé leurs bêtes et ne peuvent les valoriser dans le circuit bio. Les contrats pour l’épeautre sont en hausse alors que ceux pour l’avoine diminuent.
  • Période plus calme pour les producteurs de circuit courts. L’approvisionnement pour le frai se fait auprès de structures qui ont des frigos pour la conservation.
  • En ce mois de janvier, les prix GMS évoluent à la hausse de +0.30%. Parmi les produits qui tirent cette moyenne vers le haut, on peut retrouver, la viande de porc (+1.90%), la truite (+2.37%), la farine (+3.81%) et la bière (+1.72%)

Observations au 03.12.2020

CONSTATS GÉNÉRAUX :

  1. Il existe toujours des tensions au niveau personnel dans différents secteurs. Les malades et les quarantaines obligatoires impactent de façon variables les différents secteurs sans toutefois à l’heure actuelle poser de problème majeur. A noter qu’en ferme, l’augmentation des contaminations COVID de producteurs est plus importante qu’au printemps.
  2. La situation de la volaille standard s’aggrave encore. En sus de la diminution continue des prix (60 cents/kg poids vif) liés notamment à des stocks importants, l’apparition de la grippe aviaire dans une exploitation en Flandre fait perdre à la Belgique son statut ‘indemne’ avec comme répercussion, un possible embargo, des pratiques de « désserage » suspendues. Une diminution des mises en place de poussins devient une nécessité absolue. Par ailleurs, les difficultés financières des couvoirs (majoritairement situés en Flandre) sont potentiellement impactantes pour les élevages wallons.
  3. Les production de poules pondeuses de plein air sont impactés par les mesures de confinement liées à la grippe aviaire. Il faudrait aussi pouvoir maintenir le code 1 sur les boites d’œufs provenant de ces élevages afin de ne pas engendrer un déclassement de la valeur.
  4. La situation du secteur porcin continue également à s’aggraver avec des situations de prix producteurs qui n’ont jamais été rencontrées par les acteurs. Les naisseurs et naisseurs/engraisseurs sont encore plus impactés.
  5. Dans le secteur bovin, la fermeture de l’HoReCa impacte les bouchers fournisseurs des restaurants. Les règles annoncées pour les fêtes (bulle d’1 personne max) vont peut être avoir un impact sur les commandes des bouchers et traiteurs ainsi que pour certains produits festifs très difficiles à écouler pour de petites tablées. Au niveau des opérateurs de vente directe, le boost de commandes connu lors du premier confinement n’a pas eu lieu lors de ce second confinement ; on remarque toutefois une augmentation vers la distribution de l’ordre de 5 à 15% en volume. Les opérateurs veulent rester optimistes et pensent que les fêtes devraient engendrer une augmentation de la demande en viande bovine.
  6. Le secteur laitier ne connait pas non plus actuellement d’engouement spécifique au niveau achat. La production laitière belge continue elle d’augmenter de manière beaucoup plus importante que dans le reste de l’UE alors que la demande a fortement ralenti. Cette situation préoccupe l’industrie laitière belge qui craint de ne plus être à même d’absorber cette augmentation de la production. Certains acteurs craignent que la situation n’engendre de nouvelles baisses du prix du lait en 2021. Le prix du lait est toujours bas (32.6€/100l) avec des coûts de productions qui vont encore augmenter avec l’achat de fourrage pour l’hiver (réserve déjà bien entamée dû à la sécheresse).
  7. L’arrachage des pommes de terre est terminé. La conservation des lots pose maintenant quelques interrogations : la suppression de l’antigerminatif (CIPC) demande de nouvelles pratiques et des acteurs font part de certains lots qui germent et qui ne seront plus propice à la consommation ; d’autres acteurs font part de l’apparition d’un nouveau virus : Yntn qui crée une nécrose annulaire superficielle du tubercule.
    Sur le marché du frais, les lots de pommes de terre de qualité telle que Nicola ou Charlotte s’écoulent entre 25 et 35€/q. Les chairs tendres quant à elles se vendent entre 10 et 15€/q en fonction de la qualité. Pour ce qui est du marché industriel, seuls les contrats sont honorés ; l’industrie fonctionne à 75-85% de sa capacité et une série d’usines belges sera fermée du 18 décembre au 4 janvier (du jamais vu).
  8. En horticulture ornementale, l’effet du deuxième confinement n’a pas eu trop d’impact sur le secteur. On a même observé une augmentation de fréquentation des magasins horticoles début novembre. La demande est forte en pépinière avec une demande accrue en arbres fruitiers et plants pour les haies. Ceci occasionne même une pénurie chez les producteurs.
    Le secteur du sapin de Noël a lui connu une période très compliquée durant ce deuxième confinement. Les exports belges sont majoritairement vers la France qui était également confinée. Le décret du 19/11/20 permet à nouveau la commercialisation des sapins en France. Tout le secteur a dû se réorganiser y compris au niveau de la main d’œuvre. Le marché belge ne semble pas trop affecté mais les circuits de distributions habituels ont été modifiés.
  9. Au niveau des circuits courts, certains producteurs en légumes plein champ en moyenne surface expriment des craintes quant à la compétition et à la saturation du marché intérieur belge : ils ne peuvent plus s’aligner sur les prix.
  10. Au niveau du suivi des prix GMS : « Le coronavirus fait grimper en flèche les prix à la consommation » Retail Detail 19-11-20

Deux économistes de la Banque nationale de Belgique, ont étudié l’impact de la crise du coronavirus sur les prix à la consommation. Elles ont ainsi constaté une forte augmentation des prix au printemps, en particulier pour les aliments frais. L’interdiction des promotions par les gouvernements en mars pour éviter la thésaurisation, et les difficultés d’approvisionnement dues aux restrictions de voyage, ont été à l’origine des hausses de prix. En septembre, les fruits, les légumes, la viande et le poisson étaient en moyenne 7,2% plus chers qu’un an plus tôt. Le prix des aliments transformés a augmenté de 2,1%.

L’indice officiel des prix à la consommation estime l’inflation à 0,5% pour la période de février à juillet. Cependant, selon les responsables de l’enquête, l’inflation réelle est plus élevée, atteignant 0,7%.

  • Selon l’enquête de conjoncture (enquête Fevia en ligne du 26/10 au 05/11/2020) sur l’impact économique de la crise COVID-19 la Fevia a pu mettre en évidence :
    • Aujourd’hui :
      • 3 entreprise sur 4 ont une activité économique inférieure à ‘ la normale ‘. L’impact (pondéré) est estimé à -8.8% en moyenne et un quart des entreprises a un problème de liquidité.
  • Sur l’année :
    • 80%des entreprises prévoient un chiffre d’affaire annuel inférieur à ‘la normale’. La baisse serait de 7% en moyenne (pondéré).
      • Baisse des ventes dans l’HoReCa -32%
      • Baisse des ventes « foodservice » -15%
      • Faiblesse des exportations -23%
    • Demain :
      • 2 entreprises sur trois s’attendent à ce que l’activité économique soit toujours en berne dans les 6 prochains mois. Le CA du secteur serait inférieur de 5.7% par rapport à une période normale

Observations au 30.10.2020

CONSTATS GÉNÉRAUX :

  • Des nouvelles mesures de biosécurité sont mises en place au sein des outils de transformation afin de réduire au maximum l’absentéisme. Dans les outils d’abattage, on cite actuellement une quarantaine chez +/- 10% du personnel. Pas encore d’arrêt de l’outil. Au niveau laitier, le nombre de chauffeurs contaminés augmente. De même que chez les producteurs laitiers.
  • La situation de la volaille standard s’aggrave avec des prix producteurs qui atteignent 0,60 €/kg (30 cents en moins que les coûts de production min). Cette situation est notamment liée au fait que les stocks congelés du confinement de printemps n’ont pas pu être écoulés cet été comme prévu. Les coûts de production ne sont plus couverts ; des arrêts/limitation de mise en place sont envisagées. L’apparition de cas d’influenza risque aussi de limiter les exportations. En ce qui concerne le poulet bio, les ventes fluctuent d’une semaine à l’autre sans raison identifiée.
  • Au niveau du secteur porcin, on note tout de même une reprise de la demande de colis (30 à 40% de plus par rapport au mois précédent). Le prix du porc standard est de 0.92 €/kg poids vif. Il était encore de 1.01 €/kg en semaine 36 (début septembre) soit une baisse de 8.9%. Cette chute est notamment liée à la situation en Allemagne (PPA) qui génère un surplus de porcs vifs dû au manque de débouchés extra-communautaires. Le prix dans la filière à valeur ajoutée est encore stable mais pourrait souffrir de la pression de prix en qualité standard. On observe aussi un retard d’enlèvement qui pourrait avoir des répercussions chez les producteurs
  • L’abattage de bovins en septembre et octobre étaient importants. La fermeture de l’HoReCa devrait avoir un impact sur les abattages. Les prix se sont maintenus jusqu’au mois d’octobre. Depuis, on constate une baisse de 0.02 à 0.05 €/kg. Au niveau de la baisse des prix des vaches de réformes, cela pourrait s’expliquer par le rebond de l’épidémie (fermeture HoReCa). Au niveau des prix carcasses, on observe de légères augmentations sauf pour les vaches laitières de réforme.
  • La production laitière wallonne est de 2.1% plus importante que celle de septembre 2019. Sur les neufs premiers mois de l’année, la production 2020 a augmenté de 3.4% par rapport à la période identique 2019. La croissance de la production laitière belge continue d’augmenter de manière beaucoup plus importante que dans le reste de l’UE (4 à 5 % par an depuis fin des quotas). Cette situation préoccupe l’industrie laitière belge qui craint de ne plus être à même d’absorber cette augmentation. Les prix sont relativement stables mais de 5 à 6% sous les prix 2019. De plus les coûts vont encore augmenter suite au fourrage nécessaire pour alimenter les vaches (sécheresse, peu de fourrage).
  • Les marchés céréaliers et oléagineux sont en pleine ascension, dépassant les niveaux records atteints en août 2018
  • L’arrachage des pommes de terre prend du retard suite aux conditions météos. A l’heure actuelle, on estime entre 60 et 70% la superficie arrachée. Les mesures anti Covid augmentent les incertitudes quant à l’évolution des débouchés à court et moyen terme. La demande globale reste quasi inactive.
  • En horticulture ornementale, le secteur plaide pour pouvoir rester ouvert et éviter une deuxième fermeture au moment des plantations d’hivers et des fêtes de fin d’année. Les mesures COVID en France génèrent des annulations de commandes de sapins de Noël (la France constitue > 50 % du chiffres d’affaire des producteurs wallons).
  • Au niveau des circuits courts, il est encore trop tôt pour évaluer des tendances valables suite aux nouvelles mesures néanmoins, l’augmentation des commandes semble se confirmer (aux alentours de 10 à 15%). Pour l’instant pas de problème d’approvisionnement sur les produits. On est dans une phase d’observation. Tout sera fonction de l’évolution des mesures prises et du comportement des consommateurs.
  • Au niveau du suivi des prix GMS hors promotion, le mois d’octobre est resté assez calme avec une fluctuation de -0.04% en moyenne sur le mois. Les grandes variations se font toujours aux niveaux de fruits & légumes ainsi qu’au niveau de la viande.

Observations au 06.08.2020

CONSTATS GÉNÉRAUX :

  • La deuxième vague du covid-19 engendre de nouvelles absences concernant la main-d’œuvre
  • La fermeture de l’abattoir allemand de tönie a un impact sur les prix
  • Pas de demande en pomme de terre hâtives
  • Inquiétude par rapport à la mise en application du nouveau règlement bio en couvoir

Observations au 03.07.2020

Synthèse des points d’attention majeurs du 05.06 au 03.07

  • La reprise dans l’HoReCa se fait sentir de façon différente selon les secteurs. On constate un glissement des GMS vers l’HoReCa pour le beurre alors que les morceaux nobles en viande bovine sont prisés pour la restauration. Au niveau caprin, la réouverture de la restauration permet un meilleur écoulement de la marchandise sans toutefois être revenu à la normale (une baisse des demandes de 5% reste d’actualité). Si l’on regarde au niveau des charcuteries et salaisons (porc), l’HoReCa génère actuellement 50% du chiffre d’affaire antérieur à la crise.
  • En porc, pour les outils d’abattage qui exportent, la situation est 20% inférieure à la normale en volume. A noter des pertes 10 fois plus importante qu’à la normale pour les invendus en charcuteries et salaison (DLC de 90 jours dépassée). Le cours du porcs standard a baissé de 4 centimes (1.11 €/kg de poids vif  soit -3.47% par rapport à la semaine précédente).
  • Pour le secteur bovin, les volumes abattus sont toujours supérieurs à la période pré-COVID19 (+10% à +15% par rapport à la semaine 10 du 6 mars 2020). La Commission européenne prévoit une baisse de production de viande bovine en Belgique de l’ordre de 4.2% en 2020. Les prix du vif sur les trois dernières semaines restent stables aussi bien en maigre qu’en gras. A noter que certains distributeurs achètent plus cher et répercute leurs coûts sur le consommateur alors que d’autres veulent freiner les promotions pour éviter les ruptures de stock (taureaux et taurillons).
  • La situation se régularise au sein du secteur laitier avec la réouverture des commerces et de l’HoReCa. Néanmoins le prix du lait ne permet toujours pas de couvrir les coûts de production. Il est actuellement de 30.7€/100l, une baisse de 2% par rapport au mois d’avril.
  • En poulets de chair : étant donné le ralentissement de mise en place durant le confinement (10% à 15% de baisse de mise en place), le flux va rester tendu jusqu’au 21 juillet mais les prix restent inférieurs aux coûts de production (0.80 cents) ; la situation des prix pourrait encore s’aggraver après le 21 juillet car les couvoirs encouragent les éleveurs à mettre en place de nouveaux lots de poussins (trop de poussins d’1 jour). A noter en poulets sous cahiers des charges  que, malgré une augmentation des prix consommateur estimée à plus de 6% et une progression des ventes GMS de 35% sur les dernières semaines, aucun acheteur n’a voulu accorder une hausse de leurs tarifs aux producteurs.
  • Dans le secteur horticole, différentes études ont été menées afin de voir l’impact du COVID-19 sur la filière. Selon l’Association Belge des Jardineries des pics de vente ont été atteint avec un chiffre d’affaire en mai en hausse de 35% à 55%. On estime la croissance en jardinerie de 10% à 15% sur les cinq premiers mois 2020 comparativement à 2019 sauf pour les jardineries frontalières qui n’ont pu bénéficier de leurs clientèles habituelles. Comeos dénombre par ailleurs 37% de belges ayant acheté des articles de jardins par internet durant le confinement (progression de 40% par rapport à 2017).
  • A noter toutefois qu’à l’échelle de l’UE, les pertes pour le secteur sont estimées à 4.1 milliards d’euros soit 10% de la valeur annuelle du marché (AREFLH, Copa Cogeca).
  • En pommes de terre industrielle, le marché est calme avec de prix au producteur de 3 €/q.
  • En ce qui concerne le circuit court, les évolutions sont fonctions des structures mais une tendance à la baisse de 10 à 30 % se dégage comparativement à la période de confinement. Par contre la situation reste toujours supérieure à avant la pandémie. De nouveaux clients fidèles sont venu gonfler la clientèle existante.
  • Au niveau du suivi des prix GMS hors promotion, après quatre semaines consécutives de hausse de prix (de 0.23% à 0.81%), on constate cette semaine une baisse de prix de -0.27%. De façon générale, ce sont les fruits et légumes qui génère le plus de fluctuation. Il est à noterune baisse de prix de -3.70% pour le lait

Observations au 05.06.2020

  • L’impact de la reprise de l’Horeca sur les marchés (quels produits vis-à-vis des équilibres actuels de consommation domicile, quelle influence sur les prix et les flux matière) est une inconnue préoccupante pour les acteurs. 
  • Les problèmes de main d’œuvre semblent se résorber dans l’ensemble des filières. Dans les outils d’abattage et de découpe la problématique est bien gérée avec quelques cas ponctuels plus tendus.
  • Le prix du porc de qualité est stable et la hausse se confirme en porcs standards. Le contexte à l’export s’améliore en Europe (pays de l’Est et Chine). Les abattages de porcs se normalisent.
  • Pour le secteur bovin, on constate une légère baisse d’abattage suite au jour férié (-6%) néanmoins l’abattage en taurillons est en hausse (+20%) et la baisse d’abattage en vache laitières de réformes se poursuit (-15%). Le prix des taurillons conformés augmente (+0.15€/kg carcasse).
  • L’accès au droit passerelle pour les indépendants pose question auprès des producteurs.
  • Dans le secteur avicole, les œufs à couver ont perdu –50% de leur valeur (11-12 cents actuellement). En poulet sous cahier des charges de qualité, les ventes ont augmenté de +20% en avril et mai. En poulet standard, les indicateurs commencent à donner de bons signaux grâce à un retour aux exportations. Néanmoins, on reste sous la couverture des coûts de production tant que les 85 cents ne sont pas atteints. Actuellement, les éleveurs en marché libre perdent entre 8.000 et 10.000 euros par lot chargé à l’abattoir.
  • Dans le secteur laitier, on observe une tendance à un retour progressif à la normale. Le flux de lait UHT est de +45% supérieur en avril et de +7% en mai par rapport à la même période 2019. En avril 2020 le prix moyen réel d’achat du lait aux producteurs a été de -8% inférieur au prix réel d’avril 2019. Il est de -4.9% inférieur par rapport à mars 2020 et -10% par rapport à février 2020. Actuellement, le prix du lait est insuffisant pour couvrir les coûts de production.
  • Pour les sapin de Noël (pas de lien avec COVID-19), la perte estimée due au gel récent se chiffre à +/- 2 millions d’euros.
  • Au niveau du suivi des prix GMS hors promotion, une tendance générale à la hausse est toujours observée (+0,55%). On peut remarquer de grosses fluctuations en ce qui concerne les truites (-3.38%), la viande de volaille (-2.25%), le lait (-1.08%B), les pommes de terre (+8.62%), les légumes (+3.74%) et les fruits (+1.68%).

Observations au 22.05.2020

  1. Les problèmes de main d’œuvre semble se résorber un peu partout sauf au niveau des outils d’abattage en porcs ou la prolongation des certificats médicaux subsiste.
  2. Cette semaine, les prix des porcs standards sont stables tandis que le prix du porcelet chute encore de -4.5 €/kg poids vif (30.5€/kg poids vif) amenant la baisse de prix à -55% depuis le début de la crise (Sem. 11).
  3. Au niveau de la viande bovine, une hausse est ressentie en carcasse pour les taurillons conformés +0.06 à 0.08 €/kg et de +0.02 à 0.04 €/kg pour les vaches conformées sur les deux dernières semaines. Il en va de même pour les taurillons en poids vifs qui augmentent de +0.10 à +0.15 €/kg sur les deux dernières semaines.  
  4. Dans le secteur de la volaille, les prix des poulets standards sont stables à Deinze et augmentent de +1 cent sur le marché ABC. Forte augmentation des frais de déplacement des équipes de chargements qui passent de 120 € à 285€.
  5. On retrouve une tendance à la normalisation pour les consommables. Les délais d’approvisionnement diminuent.
  6. Les mesures d’aides au stockage privé de la viande bovine, ovine et caprine et des produits laitiers ont commencé le 7 mai. D’après la FEBEV, les acteurs stockent peu de quartiers arrière entiers (éligibles à l’aide privée au stockage si les quartiers entiers sont désossés ou non) car certaines parties des quartiers arrière sont valorisés en haché fort demandé à l’heure actuelle. Du stockage est bien effectué en pièces nobles plus compliquées à vendre mais sans demande de l’aide au stockage (pas éligible). De plus, bien que l’aide puisse aider des opérateurs pour faire du stockage, il n’est pas certain que les quartiers stockés maintenant seront plus faciles à écouler dans quelques mois (cela dépendra de la demande et des volumes présents sur le marché à ce moment-là).
  7. Le prix standard de 0,28 €/litre de lait payé en mars a été maintenu en avril. C’est néanmoins un prix standard insuffisant pour couvrir les coûts de production. Les producteurs insistent sur l’importance d’avoir un mécanisme européen de réduction volontaire de la production laitière. Des acteurs craignent certains acheteurs profitent de la situation pour renégocier des contrats pour le second semestre dans le contexte de prix bas actuel.
  8. Au niveau horticole, le gel des derniers jours a eu un impact très conséquent sur la production de sapin de Noël (pas encore chiffré et pas de lien avec COVID-19)
  9. Le flux de transformation des pommes de terre industrielle à chuté de 10% à 60% en fonction du type de transformation et du marché (semaine de 3 jours). La pomme de terre industrielle et fraîche se valorise entre 1 et 2€/q.
  10. Regain du prix des fraises et des asperges de plus ou moins 30%.
  11. Au niveau du suivi des prix GMS hors promotion, une tendance à la hausse est observée. Sur les trois enseignes observées, l’augmentation moyenne est de +0.85% avec des augmentations notables en fruits et légumes.

Observations au 08.05.2020

  1. Les prix des porcs et volailles standards continuent de baisser. Par rapport à la semaine dernière il a encore chuté de -4% en une semaine (-5 cents). La chute des prix des œufs est vertigineuse : – 50% (œufs à couver) à – 83% (œufs en casserie) et le prix du poulet a diminué de 15% en 6 semaines.
  2. Le prix en viande bovine est stable depuis le début du confinement (Chiffres revus par le SPW). Il est toutefois à noter que les producteurs ne comprennent pas i) pourquoi l’accord de libre-échange EU-Mexique a été signé pose question à l’ensemble des acteurs.
  3. Le consommable commence à poser problème dans différents secteurs. Le boyau pour boudin et saucisse et les emballages spécifiques en boucherie, le tétrapack et les étiquettes en lait, le matériel de protection ainsi que les boîtes pour conditionner les œufs (jusqu’à 24 semaines de délais pour les boîtes d’œufs).
  4. L’augmentation de prix de aliments pour bétail varie de + 3-5% à plus de 25% pour le tourteau de soja bio.
  5. Les mesures de soutien de la Commission européenne au secteur laitier ne satisfont pas les producteurs. Ils insistent pour que des aides à la réduction volontaire de la production soient mises en place au niveau européen afin qu’ils ne fassent pas les frais d’une réduction de la production imposée par la filière. Pour être efficace, le système européen devrait permettre une réduction de la production de 3 à 5% pendant 3 à 6 mois.
  6. L’absentéisme est toujours présent avec une légère diminution. Au niveau des abattoirs, il y a encore un manque de personnel aux postes clés. Le déconfinement flou et compliqué attise les tensions sociales (protection, distanciation). Il faudrait également éclaircir les conditions de reprise du travail B to B (technico commerciaux, fabricant d’aliments…) en ferme.
  7. Au niveau horticole, la demande en main d’ouvre a trouvé des solutions pour les petites et moyennes exploitations mais est toujours en recherche pour les plus grandes exploitations avec un besoin d’accès au personnel UE expérimenté comme pratiqué dans les pays limitrophes. Les prix des fraises sont moindres qu’attendu par les producteurs.
  8. Au travers des enquêtes ACW, il est confirmé que les circuits court « ont le vent en poupe durant cette crise ». Les consommateurs privilégient les produits de première nécessité : légumes, fruits, viande, produits laitiers, œufs, … Les augmentations d’achat sont toujours de l’ordre de 10 à 30% des achats avec une augmentation du chiffre d’affaire pour 1/3 des répondants et une diminution pour  50% des répondants.
  9. Au niveau du suivi des prix GMS hors promotion, première semaine avec une tendance générale en légère hausse surtout due à la fin des promotions en pomme de terre à frites chez Colruyt et à l’augmentation des Charlottes chez Delhaize.
  10. Face au caractère périssable des stocks de pomme de terre existant, les producteurs ne peuvent pas comprendre pourquoi les GMS développe la commercialisation de pommes de terre primeur importée alors que des stocks de pomme de terre locales risquent de pourrir.
  11. Face à la situation de sous offre ou d’offre équilibrée de bovins vis-à-vis de la demande, les producteurs ne comprennent pas comment il n’y a pas une augmentation des prix à leur niveau (ils insistent auprès de la distribution sur le fait que la situation actuelle devrait permettre d’atteindre un prix couvrant les coûts de production).

Observations


Observations au 25.04.2020

  • les prix des porcs standards continuent de baisser (-16.5%)
  • grandes cultures
    • le blé panifiable qui était passé au-dessus de la barre de 200 €/t est redescendu à un prix de 196.23 €/t (-3.57%)
    • une attention devra être portée à l’orge brassicole qui pourrait souffrir de la baisse de consommation de bière
  • pomme de terre :
    • les stocks belges restant à 42% de la récolte initiale avec un volume disponible de 1.71 millions de tonnes dont 540k tonnes en marché libre > un dommage évalué à 125 millions d’euros
  • horticulture comestible :
    • fraises : l’offre est supérieure à la demande du marché intérieur
    • les prix au producteur ont fait -50% : fraises 6€ à 3€/kg ; asperges 7€ à 3€ /kg
  • Alimentation bétail : difficulté à trouver du soja bio
  • horticole ornemental :
    • 90% des commerces ont ouvert leurs portes et 10% continuent à travailler comme pendant le confinement.
    • les prix sont bons, le panier moyen semble plus élevé
  • Secteur laitier : Les mesures de soutien de la Commission européenne au secteur laitier ne satisfont pas les producteurs
  • GMS : baisse relative des prix
    • baisse du prix de la pomme de terre chez Colruyt (-4,32%) à Colruyt diminution des prix globale -1,49%
    • Delhaize +0,19%
    • Carrefour de -0,14%

Semaine 3 – 18 avril 2020

Voici l’état des lieux et les préoccupations majeures des producteurs et opérateurs filières pour la période d’analyse du 18 avril.

  • GMS (suivi des prix hors promotion) :
    • baisse de prix importante au niveau des volailles
    • selon Test-Achats : augmentation des prix jusqu’à +6,6% selon les enseignes
  • l’absentéisme inquiète toujours,surtout dans les abattoirs (de 10 à 30%)
  • l’inquiétude grimpe par rapport à la solvabilité des clients, surtout pour les fournisseurs à l’horeca
  • dans les filières horticoles, ce sont les besoins en main d’oeuvre qui préoccupent
  • Grandes cultures :
    • le blé panifiable vient d’atteindre les 200€/T
    • 800 000 T de pommes de terre en stock
  • Les difficultés d’écoulement subsistent dans les secteurs aquacole (-54% chiffre d’affaires), brassicole, lait et fromage de chèvre, fromage de vache (-20%)
  • Elevage
    • les prix producteurs sont fonction des stocks, qui sont importants en volaille standard, en porc et en lait
    • les prix sont stables pour le BBB (toujours forte demande des GMS et boucheries),
    • demande toujours élevée pour l’approvisionnement en boucherie
    • les déséquilibres matières restent préoccupants pour l’ensemble des filières viandes
    • pas de problème pour les filières commerciales de viande ovine


Semaine 2 – 11 avril 2020

Voici les tendances dégagées pour la période d’analyse du 11 avril.

  • L’impact de la crise devient concret sur les prix producteurs, en lait, en volailles et en porcs standards
  • La mobilisation de capacités de stockages fait partie des stratégies pour limiter l’impact
  • L’absentéisme reste une préoccupation importante : de 10% à 50% suivant les secteurs ; les abattoirs sont les plus touchés.
  • La demande reste élevée pour l’approvisionnement des boucheries et circuits courts.
    • Certains produits sont en tension d’approvisionnement (légumes)
    • D’autres ont des difficultés d’écoulement : lait de chèvre et de mouton (+ fromages), truites, bières locales
    • Certains producteurs préfèrent arrêter ou diminuer leurs activités de vente en circuits courts
  • Emblavements de printemps : la rupture de certains contrats en pommes de terre, mais également en lin et en légumes, laissent peu d’alternatives aux agriculteurs concernés.
  • Les équilibres matière restent une préoccupation importante de toutes les filières viandes (-20 % demande charcuterie, morceaux spécifique horeca,….)
  • Stabilité relative des prix en GMS

Semaine 1 – 4 avril 2020

Suite à la crise du covid-19, un observatoire des filières agricoles wallonnes a vu le jour afin d’identifier les enjeux critiques et de permettre une prise de décisions rapide de la part des autorités. Voici la tendance qui peut être dégagée après cette première semaine d’analyse.

Selon le type de culture, de production, de canal de distribution un état des lieux général est difficilement réalisable. Les producteurs concernés par la vente en circuit-court (environ 10% des 12 000 agriculteurs wallons) connaissent un certain succès, mais dont la pérennité doit être suivie au fur et à mesure des jours. Pour les autres, le ralentissement de l’export, la fermeture de l’HORECA, des collectivités  et l’augmentation des prix des aliments pour le bétail et la disponibilité commencent à les impacter directement.

Ces informations sont récoltées en partenariat avec l’ensemble des opérateurs, les représentants du Collège des Producteurs, les associations agricoles, les membres des commissions filières, le Collectif 5C, la Fédération Wallonne Horticole, Accueil Champêtre Wallonie, Bio Wallonie, FIWAP, …


Méthodologie  

L’objectif de ce rapport est de détecter les évolutions principalement au niveau des prix et de l’approvisionnement et d’identifier les préoccupations du secteur.
 
Une note est remise au Ministre chaque semaine à partir du 1er avril. Un rapport synthétique hebdomadaire est également publié.

Les différents acteurs des filières sont consultés par les chargés de missions du Collège des Producteurs.

Au niveau des fermes, les éléments à identifier pour tous vos produits (lait, bêtes maigres, bêtes grasses, produits transformés etc.) sont les suivants :

  • Evolution des prix 
  • Evolution des quantités vendues
  • Problèmes / préoccupations par rapport aux débouchés et circuits de commercialisation
  • Problèmes / préoccupations par rapport à la collecte (normes sanitaires, restriction des quantités produites, …)
  • Préoccupations par rapport au fonctionnement de la ferme (approvisionnement, …).

Pour plus de détail sur les réalités de terrain, n’hésitez pas à nous contacter info.socopro@collegedesproducteurs.be

Actualité liée

https://plus.lesoir.be/291108/article/2020-03-30/denrees-le-prix-des-poissons-baisse-certains-legumes-peuvent-monter


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