[Communiqué du VEPEK ] Inquiétudes pour l’automne dans la filière belge de poulets de chair standards


Communiqué du VEPEK (Verbond voor Pluimvee, Eieren en Konijnen) 19/08/2020

La filière belge de poulets de chair a connu une dynamique très progressive ces dernières années grâce aux jeunes éleveurs de volaille qui, délibérément et avec foi en l’avenir, ont investi dans des poulaillers modernes et une taille d’entreprise viable. La même évolution s’est poursuivie dans les secteurs fournisseurs (couvoirs, entreprises d’aliments composés, …) et dans les abattoirs et entreprises de transformation de la viande, où la consolidation et la modernisation ont conduit à un système de production précis.

La pandémie COVID frappe donc, économiquement parlant, totalement imprévue et impitoyable dans la filière de poulets de chair. Tous les acteurs du marché traversent des temps particulièrement difficiles et rien n’indique actuellement que les choses iront beaucoup mieux cette année. Malheureusement, personne dans le secteur des poulets de chair n’a le don de Madame Soleil, mais les signaux du marché sont loin d’être encourageants pour l’automne 2020 :

  • L’effet espéré d’une consommation intérieure plus élevée, grâce à davantage de vacances dans notre propre pays et dans notre propre jardin, n’est pas venu ;
  • Le commerce avec nos pays voisins ralentit et l’exportation de viande de volaille vers des pays tiers est très difficile ;
  • Stabilité des échanges de filets de poulets frais de l’UE vers le Royaume-Uni : l’impact du Brexit se fait déjà sentir et deviendra probablement encore plus aigu vers la fin de l’année, les chances de succès d’un accord commercial deviennent de plus en plus petites ;
  • Les stocks importants de produits congelés, constitués plus tôt cette année en raison de la situation difficile du marché, doivent à un moment revenir sur le marché. A ce jour, il n’a pas été possible de réduire sensiblement ces stocks grâce à une bonne saison estivale ;
  • Les stocks congelés sont préjudiciables à la rentabilité du secteur belge / européen : d’une part, ils pèsent particulièrement lourdement sur la trésorerie et d’autre part ils entraînent une perte de valeur des marchandises car ces stocks devront être vendus aux prix du marché mondial.
  • L’importation de filets congelés hors UE se poursuit, bien qu’à un volume légèrement inférieur, mais les circuits de vente traditionnels pour ce type de produit connaissent également une baisse de la production ;
  • Le dumping de la viande de poulet polonaise, en raison de l’interdiction d’importer imposée par des pays tiers en raison, entre autres, de la grippe aviaire, persiste sur le marché de l’UE ;
  • La diminution de la production avicole peut également avoir un impact sur le prix de revient. Un vide sanitaire plus long et des mises en place réduites peuvent influencer le prix de revient pour l’éleveur de volaille. Les établissements en amont (poulaillers de reproducteurs et couvoirs) éprouvent également des difficultés à éliminer en bon ordre les œufs à couver ou les poussins d’un jour produits ;
  • La consommation hors domicile reste précaire et surtout incertaine dans un avenir difficilement prévisible. Quand les cantines scolaires et d’entreprise proposeront-elles à nouveau des repas chauds ? Le secteur de la restauration sera-t-il toujours affecté par un verrouillage (local) dans les mois à venir ? Beaucoup de questions, pas de réponses …

Bref, sur l’ensemble du marché de la volaille, l’humeur est à la prudence, à l’incertitude et à l’évaluation des achats et ventes potentiels au quotidien. L’inquiétude pour l’automne à venir est donc très grande : chaque partie de la filière belge des poulets de chair aimerait avoir plus de conseils et de perspectives pour les mois à venir. Par conséquent, il peut être souhaitable pour les éleveurs de poulets de chair et leurs partenaires commerciaux fournisseurs et / ou acheteurs de discuter ouvertement et de réévaluer les situations commerciales individuelles, malgré de nombreuses inconnues ; le but étant d’optimiser la production en fonction de la demande potentielle des clients des divers segments de marché. Tous les poussins d’un jour doivent donc être correctement programmés pour l’abattage lorsqu’ils sont installés dans le poulailler. Ce ne sera pas un exercice ponctuel ou simple, mais il devra être poursuivi presque continuellement dans les mois à venir. Espérons que la filière belge de poulets de chair, avec sa bonne réputation d’adaptation rapide au changement et à sa souplesse de fonctionnement, pourra ici faire la différence.