Aquaculture et COVID-19, le point sur la situation


Comme beaucoup d’autres secteurs, la filière aquacole wallonne subit de plein fouet les impacts du confinement engendré par l’épidémie de COVID-19 qui touche notre pays et le monde entier.

Dans le but d’enrayer cette épidémie, des mesures de fermeture d’établissements relevant plus spécifiquement des secteurs Horeca, récréatifs et sportifs ont été prises à partir du 13 mars 2020 ainsi que des mesures de confinement généralisé de la population à partir du 18 mars, et reconduites depuis.

Or, plus de 85% des ventes des producteurs aquacoles wallons sont réalisées auprès des établissements Horeca et vers le monde de la pêche (repeuplements publics en rivière, repeuplements privés en rivière, repeuplements privés en étangs ainsi que la vente de vifs pour la pêche aux carnassiers).

Dans le but d’aider un maximum d’établissements impactés, deux aides ont été mises en place, l’une par l’exécutif fédéral, l’autre par l’exécutif wallon. La mesure fédérale, le droit passerelle, n’est actuellement que peu accessible aux indépendants à titre complémentaire, ce qui est le cas de la moitié des producteurs aquacoles. La mesure wallonne, sous forme d’indemnité compensatoire, dépend des codes NACE. Or, aucun code NACE relatif à la production aquacole n’est éligible puisque ces établissements ne sont pas officiellement fermés, à la différence de la majorité de leurs clients. Seuls les producteurs possédant une activité supplémentaire de type Horeca (chambres d’hôtes, buvette ou restaurant) peuvent actuellement bénéficier de cette indemnité.

Enfin, les dernières mesures d’élargissement du spectre des entreprises pouvant bénéficier de cette prime (ou d’une prime réduite) ne semble pas non plus être applicables aux entreprises aquacoles, sauf peut-être celles possédant un étang de pêche et ayant un code NACE qui s’y rapporte.

Plusieurs actions ont donc été entreprises par le Collège des Producteurs en vue de minimiser ces impacts sur les aquaculteurs wallons :

  • Dès le début du confinement, un rapport a été envoyé au cabinet du Ministre Borsus pour les informer des divers impacts qu’aurait le confinement sur la filière. Plus particulièrement sur les problèmes de stockage (calibrages, densités élevées, débits d’eau) et de manque à gagner.
  • Une demande de maintenir les repeuplements en rivière pour le fonds piscicole, même si la pêche était officiellement fermée. Cette demande a été prise en compte et les repeuplements publics ont pu reprendre.
  • Une demande de pouvoir continuer à livrer en poissons vivants les pêcheries et étangs de pêche privés, même si ces derniers étaient fermés. Cette demande a aussi été prise en compte et les livraisons ont pu continuer.
  • Une communication, conjointe avec l’APAQ-W, incitant les particuliers à venir se fournir directement dans les piscicultures via notre carte interactive, remise à jour pour l’occasion.
  • A l’initiative du Collège et de l’asbl Aquaculteurs de Wallonie, une enquête a été menée auprès de tous les producteurs aquacoles wallons. Plus de 40% des producteurs y ont répondu. Pour le mois de mars, cette étude révèle une diminution moyenne de 25% du temps de travail et de 54% du chiffre d’affaire. Cette enquête sera menée tous les mois jusqu’à la reprise normale des activités.


L’état actuel de la situation.

Il a été confirmé que les activités de pêche seront ré-autorisées à partir du 4 mai. Cela signifie que les pêcheries pourront rouvrir à cette date, tout en respectant les règles d’hygiène actuellement d’application (distanciation sociale, port du masque, etc).

Pour ce qui est de la pêche en rivière, elle pourra reprendre le 4 mai sous les conditions suivantes :

  • 5 mètres entre chaque pêcheur
  • Aller pêcher seul ou avec un membre de sa famille habitant sous le même toit
  • Les concours de pêche ne sont pas autorisés
  • Les stages de pêche ne sont pas autorisés

Pour pouvoir s’y rendre, quelque soit l’endroit, le pêcheur devra répondre à plusieurs exigences :

  • Se déplacer seul ou avec le membre de sa famille
  • Etre en possession de son permis de pêche
  • Etre en possession de son matériel de pêche
  • Sauf s’il va pêcher sur une voie hydraulique, être en possession d’un document permettant de localiser le parcours de pêche et attestant qu’il est en droit d’y pêcher
  • Suivre le chemin le plus court entre son domicile et le lieu de pêche


En résumé, toutes les activités aquacoles restent autorisées, la pêche va reprendre mais l’horeca reste fermé jusqu’à nouvel ordre.

Enfin, la presse s’est fait l’écho des déboires des aquaculteurs wallons. Voici les articles parus depuis le début du confinement (par ordre chronologique) :